Robert Dutertre

Publié le par Association des Libres Penseurs de France

Robert Dutertre
Trois mois après le congrès national de l’Association des Libres Penseurs de France (A.D.L.P.F.) d’Agen auquel il avait activement participé avec l’optimisme, la sérénité, la bonne humeur qu’on lui connaissait, l’annonce de la brusque disparition de Robert Dutertre a éclaté, dans le ciel bleu de cette fin d’été, comme un véritable coup de tonnerre que tous les Libres Penseurs de France ressentent avec une profonde émotion et une immense tristesse.
Robert avait décidé en mai dernier, avec Colette, de demander à sa fédération des Deux-Sèvres de la Libre Pensée d’organiser le prochain congrès de 2017. Il n’en aura malheureusement pas eu le temps.
Robert avait, comme Colette, la conviction laïque, progressiste, rationaliste et libre penseuse chevillée au corps. Depuis 1995, dans la lignée des figures niortaises de la Libre Pensée, notamment André Gaillard et Jeanne Gautier, l’histoire du couple Dutertre est indéfectiblement liée à celle de cette Libre Pensée libre, indépendante, rebelle et intransigeante, c’est-à-dire de la Libre pensée authentique. Le difficile combat mené à Niort et dans le département des Deux-Sèvres a permis de garder la « vieille maison » à l’abri des manœuvres et turpitudes des politicards au petit pied qui voulaient noyauter et dénaturer le mouvement.
Il y a vingt-et-un ans, au moment de la séparation d’avec la fédération nationale dénaturée de la L.P., Robert, toujours avec Colette, avait été parmi les premiers signataires de l’Appel aux Libres Penseurs lancé par Henri Lecoultre pour sauver l’organisation et pour qu’en soient respectés les Principes historiques et philosophiques : « La Libre Pensée, se réclamant seulement de la raison et de la science, n’est pas un parti et reste indépendante de tous les partis et tendances. Loin de formuler un dogme, elle ne vise qu’à développer chez tous les hommes l’esprit de libre examen et de tolérance. Elle regarde tous les mysticismes et toutes les religions comme les pires obstacles à l’émancipation de la Pensée ».
Pour Robert et Colette, il n’était pas question de transiger avec ces fondamentaux, par exemple en conservant une double appartenance. C’est pourquoi la fédération départementale des Deux-Sèvres de la Libre Pensée a choisi l’autonomie, au moment de la rupture définitive, en 1998. Pour autant, individuellement, les Dutertre ont adhéré à l’A.D.L.P.F. et ont très régulièrement et fidèlement participé à ses travaux, sans discontinuer, en agissant pour l’unité de la Libre Pensée « non alignée ». Et, en 2011, la fédération des Deux-Sèvres a officiellement rejoint l’Association des Libres Penseurs de France.
En 1999, c’est à Niort que s’était déjà tenu le congrès de cette association nationale. Robert en était une cheville ouvrière. Sa discrétion, sa réserve, son humilité faisaient qu’il répugnait à se montrer à l’avant-scène. « Agir » et non « paraître » était sa règle. C’était l’inverse d’un « m’as-tu-vu ».
Les épreuves n’ont pas manqué en ces deux décennies, tant dans sa vie personnelle que dans son intervention militante. Les usurpateurs ne voulaient pas lâcher prise. Ils ont tenté plusieurs fois de revenir par la fenêtre après avoir été amenés à prendre la porte. Mais Robert et tous les camarades ont tenu bon.
C’est une leçon de militantisme, d’abnégation, de courage, de foi en l’homme et de refus de la discrimination, de fidélité et d’attachement au progrès social et intellectuel que nous aura donnée Robert, ce pédagogue humaniste et généreux.
Courage, Colette. Le combat continue. Le président et tous les membres du conseil d’administration de l’ADLPF, comme l’ensemble des Libres Penseurs, sont à tes côtés en ces moments très douloureux.

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Ledru françois 18/09/2016 14:21

Les Deux-Sèvres avaient parfaitement raison de ne pas aimer la double appartenance avec la libre-pensée-PT, même s'ils ont du rester un temps séparés de nous. Pour ma part j'avais gardé la carte "fédé" et l'ai abandonnée en fin 99 après l'épouvantable "collaboration" (rire) de Alexandre Hébert avec "Français d'abord" du FN. Et en invoquant une autre raison, pour leur tomber dessus très vite, par surprise. Ledru