Ramasse-miettes N°50

Publié le par Association des Libres Penseurs de France

Revue de presse militante

 
C'est Carnaval, les belles âmes se griment en Tartuffe.
 
À la différence de plusieurs états européens, dont l'Allemagne et la Hollande, la France a laissé le ministre des Affaires étrangères turc, M. Mevlut Cavusoglu, tenir meeting à Metz ce dimanche 12 mars auprès de la diaspora turque qui y est installée. Bien sûr, immédiatement sortirent du bois Europe Ecologie-Les Verts (EELV), le Front national (FN), ou le mouvement Debout le France que préside le député de l’Essonne Nicolas Dupont-Aignan, qui ne se rappelle sans doute pas qu'il compara naguère Robert Ménard à Jeanne d'Arc, ce qui devrait le rendre plus discret. Bien sûr François Fillon ne pouvait pas rester muet et il se fendit d'un commentaire peu amène:« En agissant ainsi, François Hollande rompt de manière flagrante la solidarité européenne alors qu’il est évident qu’une position commune aurait dû prévaloir pour gérer les demandes turques ».
 
Passons sur la solidarité européenne qui, de manière récurrente est en compétition avec l'Arlésienne, mais sur le reste, peut-on laisser dire tout ce fatras d'inepties?
Je n'ai aucune tendresse ni faiblesse pour le gouvernement actuel et je n'aime pas, mais alors pas du tout, le sinistre Erdogan ; pour autant et au nom de quoi violer la loi et la Constitution qui permettent les rassemblements, s'ils ne provoquent pas de trouble à l'ordre public?
Interdire le meeting de Metz aurait relevé de l'arbitraire. Et puis, quel poids aurait une protestation de la France si d'aventure un état interdisait un tel meeting à nos politiques quand il font la tournée des Français de l'étranger? Question qui peut gêner, mais à laquelle la réponse semble assez limpide: interdire serait vécu comme un scandale et une insulte au « cher et vieux pays ».
Je ne rejoins donc pas les cris d'orfraie des belles âmes, (si peu intéressées, n'est-ce pas ?), qui apostrophent Hollande ou ses ministres. Ces tartufferies me hérissent.
 
L'habit ne fait pas le moine, en tout cas pas le moine mendiant.
 
La preuve par 48 500€ !
« Sapé comme jamais, François Fillon peut compter sur un "ami généreux" pour le fournir en costumes sur mesure, révèle dimanche 12 mars le JDD. L'hebdomadaire affirme que, depuis 2012, l'ancien premier ministre a reçu pour près de 48.500 euros de vêtements de la maison Arnys, "célèbre boutique rive gauche, rue de Sèvres à Paris" ».
Ce type qui visiblement se vautre dans le fric et, tel Onc'Picsou, aime ça, trouve le moyen de se faire offrir ses costards ! Il s'en défendra sans doute, mais voilà un indice indiscutable de clientélisme. En effet, que pourra refuser Fillon à ce généreux donateur ? Sûrement pas grand-chose.
 
 
 
Elle est rose comme un bonbon dans une rose bonbonnière, Kellyane Conway, et elle raisonne avec le Qi d'un carambar.
 
« La conseillère de Donald Trump a fait un retour fracassant sur le devant de la scène ce lundi 13 mars lors de la mise en ligne d'un entretien filmé avec NorthJersey.com, un site d'information appartenant au quotidien USA Today. »
Voici, selon elle, les divers moyens d'espionner quelqu'un. Cherchez l'erreur : « Tout ce que je peux dire c'est qu'il y a de nombreux moyens d'espionner. On peut mettre quelqu'un sous surveillance grâce à son téléphone, sa télévision, il y a plein de façons de faire », a-t-elle expliqué avant d'ajouter... « et les micro-ondes qui se transforment en caméras ». « Ça, on le sait, c'est un fait de la vie moderne »
Quand je pense que les espions me filment pendant que je réchauffe mon fricot, ça me coupe l'appétit.
 
 
 
La justice européenne a statué. Dans une décision rendue mardi 14 mars, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a estimé qu'une entreprise peut interdire dans son règlement intérieur le port visible de signes religieux, politiques et philosophiques afin de conserver sa neutralité, sous certaines conditions.
 
« L'interdiction de porter un foulard islamique, qui découle d'une règle interne d'une entreprise privée interdisant le port visible de tout signe politique, philosophique ou religieux sur le lieu de travail, ne constitue pas une discrimination directe fondée sur la religion ou sur les convictions », concluent les juges dans une affaire belge.
 
Bien, mais cela renvoie à la seule responsabilité de l'employeur qui doit se fendre d'un règlement intérieur particulièrement bien écrit. Du boulot pour les avocats, car si tel n'est pas le cas, on n'a pas fini de compter les procès.
 
 
Clémentine Célarié a refusé de serrer la main à Florian Philippot dans ONPC, une émission pipeule où l'on ne brille pas toujours par le courage et le bon goût.
 
Un geste qui n'est pas passé inaperçu, déclenchant la colère des soutiens de Florian Philippot tout comme la sympathie de ses opposants sur Internet. Mais le bras droit de Marine Le Pen a aussi passé un moment à reprocher à Laurent Ruquier d'être un "militant anti-FN".
Il voit des ennemis partout, Pépère.
 
Au FN, on ne brille ni par la délicatesse ni par la hauteur de vue, ainsi Gilbert Collard, l'avocat maison, s'est-il fendu d'un tweet particulièrement gras pour expliquer le geste de Clémentine :
« Il ne faut pas toujours y voir du mal, peut-être avait elle une gastro ? » #ONPC
 
 
Et la droite musclée et xénophobe inventa l'apartheid linguistique.
 
« J’assume de dire qu’un travailleur, lorsqu’il travaille en France, doit parler français. » Le président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, a justifié le vote de la « clause Molière, imposant le français sur les chantiers dont elle est maître d’œuvre. »
Réponse de son opposition : « Je pense depuis longtemps que le travail détaché est une concurrence déloyale », pour autant, la clause Molière est « floue », « inapplicable » et « discriminatoire », notamment pour les travailleurs en situation légale qui ne maîtrisent pas parfaitement la langue française, a, de son côté, estimé Jean-François Débat, chef de file des socialistes à la Région, en assemblée plénière. »
Au-delà de cette absurdité, qui n'est que braconnage sur les terres de Fifille, plaignons ce pauvre Molière, qui n'aurait sans doute pas imaginé qu'on puisse un jour donner son nom à une telle « hurluberluerie ».
 
 

Publié dans La chronique de Gilles

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