Ramasse-miettes N°55

Publié le par Association des Libres Penseurs de France

Revue de presse militante

 

La barbarie est désormais entachée d'utilitarisme : les partisans de la peine de mort sont aussi des pervers.

« L’Arkansas est devenu en quelques semaines l’épicentre du combat contre la peine capitale aux États-Unis. Huit hommes condamnés à mort pour meurtres y attendaient que la justice se prononce sur leurs exécutions ». Elles sont programmées du lundi 17 avril au 27 avril, en vue d'exécuter deux par deux huit condamnés. Le gouverneur républicain de cet État du sud du pays, Asa Hutchinson, a argué que cette décision était justifié par la prochaine date de péremption du midazolam, l’une des substances utilisées pour mettre à mort les condamnés, avec le bromure de vécuronium, un médicament ayant pour effet de décontracter les muscles, et le chlorure de potassium, qui provoque un arrêt cardiaque.

Il est effarant de constater que le pays qui se définit comme la démocratie des démocraties en soit encore là. Heureusement, cette barbarie est vigoureusement combattue par certains juges, les labos pharmaceutiques eux-mêmes, peu enclins à voir leurs produits servir à de tels méfaits et enfin nombre de citoyens américains écœurés et désireux de voir leur pays rejoindre les démocraties abolitionnistes.

Le gouverneur de l'Arkansas, en réponse à une objection selon laquelle l'Europe faisait pression pour qu'il revienne sur sa décision et gracie les huit condamnés, a sorti un argument qui en dit long sur les préoccupations utilitaristes du personnage: « Depuis l’an 2000, le Texas a pratiqué 343 exécutions. L’Europe n’a pour autant pas cessé de commercer avec le Texas ».

Désolant!

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/04/15/etats-unis-une-serie-d-executions-prevue-dans-l-arkansas-suspendue-par-la-justice_5111902_3222.html#Pwm1xlyf4rUKlDjh.99


Il marche sur des œufs (de Pâques), mais ça ne mange pas de pain (béni).

Lors de la messe de Pâques, le pape François a appelé à ce « que Dieu soutienne tout particulièrement les efforts de ceux qui s’activent pour soigner et réconforter la population civile de Syrie. Il n'a pas oublié non plus l'Ukraine, mais il a aussi reconnu, dans une homélie improvisée, la difficulté d’associer Dieu et la souffrance dans le monde... Dieu est innocent, c'est bien connu.

Ben voyons! Il est facile de se dédouaner en glissant ici et là quelques paroles propres à impressionner les benêts qui croient ainsi que l'Église a enfin un chef moderne, voire démocrate. Vaste enfumage quand on sait que le personnage est nommé à vie et dispose des tous les pouvoirs régaliens propres à une monarchie de droit (sic) divin. La seule opposition qu'il a est une opposition de cour qui fédère ce que la Vatican compte de plus réactionnaire.

http://www.lemonde.fr/religions/article/2017/04/16/le-pape-prie-lors-de-la-messe-de-paques-pour-la-paix-en-syrie-et-dans-le-monde_5112098_1653130.html#P3vRdyRsOZtP6MQT.99

 

De Gaule disait, en fin stratège, que la France ne reconnaît pas les régimes, mais reconnaît les gouvernements. C'était se donner la possibilité de parler et débattre avec tous, sans qu'on puisse l'accuser de soutenir tel régime plutôt que tel autre, manière très intelligente d'évacuer l'idéologie qui gangrène bien souvent la qualité des rapports internationaux.

Il ne semble pas que ce soit le point de vue de monsieur Trump qui s'est précipité pour féliciter le dorénavant Sultan, Erdogan, comme il s'est réjoui du « Brexit » et rêve à haute voix du délitement de l'Europe. De même qu'il trouve génial le maréchal Abdel Fattah al-Sissi. Difficile d'évacuer dans tous ces cas la dimension idéologique.

« Le président américain a téléphoné à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, pour le féliciter, au lendemain de la victoire du oui au référendum constitutionnel ». Malgré les réticences de l'OCDE – dont les É-U sont membres - « M. Trump n’a émis aucune réserve sur le déroulement du scrutin, remporté d’une courte tête par l’homme fort d’Ankara avec un peu plus de 51 % des suffrages ». Entre grandes gueules d'autocrates, on sait s'entendre.

http://www.lemonde.fr/chroniques-de-la-presidence-trump/article/2017/04/18/la-journee-de-donald-trump-felicitations-rappel-a-l-ordre-et-conseil-de-lecture_5112696_5077160.html#xg87jfGXeek84J41.99

 

Obsession du FN. Alors ces migrants, on en fait quoi ? Des camps de « transit » peut-être ? À part ça l'inénarrable avocat Gilbert Collard dénonce les « fascisants » et le comble de la duplicité est atteint.

Après un meeting à Perpignan ce samedi où elle s'est affichée avec le sulfureux maire de Béziers Robert Ménard, la candidate du Front national donnait un meeting dans la capitale ce lundi où elle a nettement musclé ses propositions en matière d'immigration... "Les Français veulent se sentir à nouveau propriétaires de la France et non pas locataires sans droits ni titres", y affirma la présidente du FN, reprenant à son compte le slogan paternel : "On est chez nous" et en se posant en mère de famille protectrice. » Elle avait déjà dit, par ailleurs, qu'il fallait reconduire les migrants au delà des eaux territoriales, façon détournée de préconiser la noyade. Avec les Le Pen on n'est jamais déçu !

http://www.huffingtonpost.fr/2017/04/17/dans-la-derniere-ligne-droite-marine-le-pen-durcit-sa-ligne-ide_a_22043569/?utm_hp_ref=fr-homepage

http://www.huffingtonpost.fr/2017/04/17/vise-par-un-cocktail-molotov-le-depute-fn-gilbert-collard-denon_a_22043350/?utm_hp_ref=fr-homepage


La tête dans le sable, ou la politique de l'autruche.

On peut toujours nier une évidence ou inventer, comme les spin doctors de monsieur Trump, des faits et des vérités « alternatifs », cela relève soit de l'aveuglement volontaire soit de la malhonnêteté intellectuelle, mais dire par avance d'un événement, qu'il n'y aura aucune leçon à en tirer relève à coup sûr des deux à la fois. Les gens qui se hissent à ce niveau de responsabilité sont censés être cultivés, et même possiblement intelligents, c'est pourquoi de telles sorties sont inouïes et posent la question décisive de la déconnexion des « élites » d'avec la triviale réalité.

« De cette élection présidentielle, il n'y aura "aucune leçon" à tirer ni "aucune conséquence" pour le Parti socialiste. C'est en tout cas ce dont semble convaincu Jean-Christophe Cambadélis, comme il l'a expliqué dans l'émission "C à vous" ce mercredi 19 avril. »

Bonne nuit Monsieur Cambadélis.

http://www.huffingtonpost.fr/2017/04/19/cambadelis-ne-tirera-aucune-lecon-en-cas-de-defaite-du-ps_a_22046576/?utm_hp_ref=fr-homepage

 

Publié dans La chronique de Gilles

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