Ramasse-miettes N°62

Publié le par Association des Libres Penseurs de France

Revue de presse militante

 
Quand la gauche parle de laïcité, elle ne parle que de la laïcité pour les chrétiens.
 
« On peut se moquer de Jésus ou le blasphémer tout le temps, mais on ne peut pas faire pareil pour Mohammed (Mahomet) : les médias se l’interdisent au nom de la paix dans la société et du « vivre-ensemble ». Ils disent qu’ils ne veulent pas plaisanter sur l’islam pour ne pas passer pour des racistes. Mais en agissant ainsi, ils se montrent même plus racistes, car ils considèrent les musulmans comme des citoyens de seconde zone et non plus comme des Français. La gauche est censée militer pour la Révolution française et des valeurs modernes, pourquoi, quand il s’agit des musulmans, décide-t-elle de laisser ces valeurs de côté ? »
 
Bonne et saine question de Waleed Al-Husseini qui désespère de notre triste gôche empêtrée dans ses complexes, ses mauvais souvenirs de colonisation (La SFIO de Guy Mollet ne se prétendait-elle pas de gauche?) et une blairisation[1] historique sous la houlette de Hollande.
L'Association des Libres Penseurs de France n'est jamais tombée dans ce piège
 
 
 
Quand un activiste salafiste poursuit en justice un musulman athée en se plaignant d'être victime de racisme, on est sûr qu'il s'agit d'une escroquerie conceptuelle.
 
Rien jamais n'arrête la « mauvaise foi ». Ahmed Meguini, activiste laïque et président-fondateur de l’association LaïcArt, s’est emporté et a traité, dans un coup de sang, une personnalité islamiste qu’il exècre « d’enfant de putain de salafiste » et de « petite merde ». Marwan Muhammad, l'offensé, directeur exécutif du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et professionnel des plaintes en série devant les tribunaux, a donc intenté une énième action en justice et a choisi comme motif l'injure à caractère racial ! Délibéré début juillet.
 
Si le tribunal le suit, finies les fines plaisanteries sur le pape, Jésus ou Mahomet. Mais il reste du bon sens dans notre pays. Du moins je l'espère.
 
 
 
Le Mélenchon bashing est un sport très prisé et parfaitement représentatif des intérêts que défendent les « grands » média, même au prix des plus grandes confusions.
 
Or donc Mélenchon, nouvellement élu député des Bouches-du-Rhône, a tiqué quand il a vu le drapeau européen à côté du français. Il s’est alors adressé autant à la caméra qu’à ses collègues :
« Franchement, on est obligés de supporter ça ? C’est la République française ici, pas la Vierge Marie. Je ne comprends pas. Ce truc n’est pas constitutionnel. Ils l’avaient mis dans le projet de Constitution, tu sais, le drapeau de l’Europe. »
 
Cris d'orfraies assurés et en avant la moulinette à âneries.
 
Voici ma propre analyse, elle date un peu, mais je l'avais développée contre l'intrusion de la bannière européenne dans des locaux hautement républicains et laïques :
 
 
Genèse du drapeau européen.
 
Adopté le 25 octobre 1955 par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, il est devenu, à partir du 1er janvier 1986, le symbole de toutes les institutions européennes, dont les Communautés européennes, puis de la Communauté européenne, à laquelle a succédé l'Union européenne.
Ce projet fut porté par un certain Arsène HEITZ qui était le collaborateur de Paul M-G LEVY, un des directeurs (service de presse) au siège Conseil de l'Europe et en charge du fameux drapeau.
HEITZ fut très clair dans ses déclarations : « J'ai subitement eu l'idée d'y mettre les 12 étoiles de la Vierge miraculeuse de la chapelle, rue du Bac à Paris, sur fond bleu, couleur de la Ste Vierge ».
Ailleurs il affirme une référence néotestamentaire : « L'Apocalypse, ch.12, dit : « … un grand signe est apparu dans le ciel, une femme vêtue de soleil avec la lune sous ses pieds et sur la tête une couronne de 12 étoiles ». Et encore : « … et mon projet fut adopté à l'unanimité – par le Conseil de l'Europe – le 8 décembre 1955, jour de la fête de l'Immaculée Conception ».
Ainsi constate-t-on que la symbolique mariale est totalement assumée par le créateur du drapeau.
Il serait bon de l'avoir présent à l'esprit avant de dauber sans savoir de quoi il s'agit.
 

Sept de gauche, contre treize de droite et onze Objets Politiques Non Identifiés (OPNI) voilà les prémices de la cuisine macrobiotique en cours d'élaboration. Centre droit donc.
 
Il conviendra de se souvenir, quand viendra l'heure du premier bilan, que cette équipe mariant la carpe et le lapin, est d'abord la chose du présidant jupitérien, maître des horloges, play boy politique arrivé au pouvoir sans que le corps électoral dans sa majorité aie jugé bon de se déplacer. La Chambre qui le soutient est encore plus mal élue...
Quel avenir pour une République qui sera promptement « blairisée », si on a bien compris ce que le Président a en tête ?
 
 
 
La « laïcité intériorisée » conceptualisée par l’historien Claude Nicolet articule deux visées : la liberté de conscience et la liberté de penser selon la raison (voir texte III.7). Dans les deux cas, l’individu citoyen est appelé à agir selon son libre arbitre. Mais entre ces deux exigences, la cohérence ne va pas de soi. La première renvoie à l’intériorité du sujet singulier tandis que la seconde vise l’émancipation par l’accès à l’universalité de la raison. Pourtant ces deux figures de la liberté ne sont pas incompatibles car l’une préserve des pièges d’une rationalisation technicienne tandis que l’autre délivre de l’enfermement dans le sentiment intérieur.
 
Pour clore ce Ramasse-miettes qui vient après une absence prolongée due aux chaos du Net et non pas à ma volonté, je vous livre les coordonnées d'un site remarquable, trouvé au cours de mes explorations pour nourrir ma revue de presse. En réalité, il ne s'agit pas vraiment d'un élément traditionnel de revue de presse, mais d'un site d'une très grande richesse, accueillant de nombreux auteurs ardents combattants laïques, qui en réjouira plus d'un (e) parmi vous.
 
 
 
 

[1] Anthony Blair, pourtant travailliste, gouverna dans la stricte continuité de madame Thatcher, i.e. à droite toute.

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