Ramasse-miettes N°63

Publié le par Association des Libres Penseurs de France

Revue de presse militante

 
 
Au bal des corrompus l'arroseur arrosé tient la vedette.
 
C'est la marque de notre siècle ankylosé par la toute puissante doxa économique libérale, le dernier avatar du capitalisme prédateur : certains aiment tellement le pognon que quand ils sont bien placés pour se goinfrer, il n'y a rien, surtout pas la morale, pour les en empêcher.
Michel Temer avait eu la peau de Dilma Rousseff à la sournoise, sur une petite musique dénonçant sa corruption, pour se glisser à sa place à la présidence du Brésil. Damned ! le voilà à son tour dans la mire de la justice brésilienne pour crime de droit commun et... corruption.
 
« Lundi 26 juin, le président est entré dans l'histoire du Brésil en tant que premier chef d’État en exercice dénoncé pour un crime de droit commun. Un déshonneur qui pourrait provoquer sa destitution, moins d’un an après celle de son prédécesseur, l’ex-présidente Dilma Rousseff. »
 
 
Comment dit-on raffarinade en globish ?
Dans une tribune publiée par La Nouvelle République, mardi 27 juin, Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre, annonce qu’il quitte la politique, renonçant à terminer son mandat de sénateur, afin de créer une organisation non gouvernementale (ONG) internationale : Leaders for Peace. In french text : (Grands) Chefs pour la Paix : la prétention est droite mais la pente est sinueuse.
« Le moment est venu de me retirer de la vie politique élective », écrit le sénateur de la Vienne. « Je renonce aux trois ans de mandat qu’il me reste à accomplir au Sénat, car le moment est pertinent. La jeune génération politique prend le pays en main et c’est heureux ». Fayot !
 
 
La thune, toujours la thune, c'est le mantra du libéralisme et c'est un mantra assassin.
 
« Manchester, Plymouth, Portsmouth, Hounslow, Islington, Lambeth… soixante tours d’habitation britanniques dans 14 agglomérations ont été jugées non conformes aux normes anti-incendie à l’issue des contrôles effectués par le département des collectivités locales. »
 
Après que le feu a dévasté la tour Grenfell à Londres dans la nuit du 13 au 14 juin, faisant au moins 79 morts, des vérifications s'imposaient car, bien sûr, le souci de faire du fric ne touche pas que le bailleur de cette tour là. Cette sinistre histoire n'arriverait pas dans les quartiers « chicos » de Londres, une des villes aux loyers parmi les plus chers du monde - au point qu'on a entendu un propriétaire d'appartement londonien confesser qu'il habitait un coffre-fort. On fait mal les choses et on espère qu'il n'y aura pas de problème.
 
 
 
Vers une privatisation des universités (équilibrée ! Car on ne va pas cracher sur les fonds publics quand même): l'Institut Montaigne publie son projet comprenant dix propositions très très libérales. Il se pourrait que ces propositions dans le climat actuel de libéralisme assumé trouvent une oreille favorable au sein du gouvernement puisqu' aussi bien M. Macron en a fait un des ses objectifs en termes d'Enseignement Supérieur.
« Macron se propose de poursuivre ce programme cohérent entamé pendant les deux derniers quinquennats. Concernant l’”autonomie” administrative, il propose de déréguler les statuts des universités pour accélérer le processus de différenciation. Il s’agit en particulier de déréguler la composition des instances dirigeantes et l’organisation interne, pour achever la dépossession des universitaires sur leur métier. »
 
 
« Dans un monde où le capital humain est désormais la matière première, ce sujet devient central. Les grands creusets de développement numérique que sont la Californie, Israël, Shanghai sont sans exception adossés à des systèmes d’enseignement supérieur d’excellence. (…) Il est nécessaire de disposer de systèmes de formation exigeants et souples transposables dans une perspective de formation tout au long de la vie ». Et de prôner l’autonomie des universités pourtant gagnée depuis 2009. Insuffisant affirme l'Association européenne des universités, la France arrive en queue de classement. Il y a encore des rigidités organisationnelles : le numérique est un bon vecteur pour inciter les acteurs à mieux maîtriser les données et à les partager sur le modèle de la Grande-Bretagne ». Ah le modèle britannique !
 
Comment réagiront professeurs et étudiants si ces idées sont mises en musique ? L'avenir nous le dira.
 
 
Revoilà l'indélébile tache de l'Église, la pédophilie, une tache qui n'épargne pas ses plus hauts prélats.
 
La frustration sexuelle reste un problème récurrent pour l'Église catholique et ça ne date pas d'aujourd'hui. Dès avant le quatrième siècle de l'ère commune, les ecclésiastiques sont pressés  leurs pairs mariés de s'abstenir de tout contact charnel avec leurs épouses pourtant légitimes, nonobstant leurs protestations, fondées sur les personnages bibliques qui, sur ce point, ne se privaient pas. Innocent 1er (401-417) : « Il nous plaît à tous que l’évêque, le prêtre et le diacre, gardiens de la pureté, s’abstiennent avec leur épouse, afin que gardent une chasteté parfaite ceux qui sont au service de l’autel ».
Et, barrette sur la tonsure : Grégoire le Grand, pape de 590 à 604, écrivit même à l’intention des laïques : « Nous ne pensons pas que la mariage soit une faute. Mais du fait que même l’union légitime des époux ne peut avoir lieu sans que la chair y trouve du plaisir, il faut s’abstenir d’entrer dans un lieu sacré, parce que le plaisir, en lui-même, ne peut jamais être exempt de faute ». Vous avez bien lu !
Tout ça pour en arriver au 21è siècle à ça :
 
« L’argentier du Vatican, le cardinal australien George Pell, a clamé jeudi 29 juin son innocence, quelques heures après avoir été officiellement inculpé d’abus sexuels par la justice australienne. Les faits présumés remontent aux années 1970, 1980 et 1990. Jamais un responsable du Vatican de son rang n’avait été poursuivi pour des crimes de ce genre. »
Et toujours le déni en guise de défense.
 
 
 
 
 
 

Publié dans La chronique de Gilles

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