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Par Régis BOUSSIERES - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

  Rubrique dans le monde

 

 

Dimanche 26 juin, à Tunis, sans doute pour démontrer son attachement à la liberté d’expression, une cinquantaine d’islamistes a tenté d’empêcher par la force la projection du film « Ni Allah ni Maître » qui traite de la question de la laïcité dans le pays et dont la réalisatrice Nadia El Fani est actuellement en France pour des problèmes de santé.

Les islamistes ont hurlé des slogans empreints d’amour du prochain : « La Tunisie est un Etat islamique » et « le peuple veut criminaliser la laïcité », avant de passer à l’action violente. Ils ont brisé les portes en verre du cinéma et ont pénétré dans la salle, avant d’en être refoulés par la police dont l’intervention a, à coup sûr, empêché de plus graves agressions physiques. Le directeur du cinéma, Habib Belhedi, a néanmoins été victime de « deux barbus » qui l’ont saisi et lui ont aspergé le visage du contenu d’une bombe lacrymogène.

Cette projection de film s’inscrivait dans le cadre d’une manifestation organisée par le collectif « réunion de tous » qui dénonce les agressions subies par des artistes tunisiens. Aux menaces proférées par les islamistes aux cinéastes présents, un membre du collectif a répondu : « C’est pour cela que nous faisons cette manifestation, pour défendre la liberté d’expression et de création, sinon c’est la mort de la société ». Hélas, les intégristes de tout poil sont pour la liberté d’expression uniquement quand elle leur permet de faire leur propagande. « Ce n’est pas normal que des citoyens tunisiens décident de venir ici empêcher la projection d’un film », a déploré Fares Belhassen, président de l’ONG Tunisie Tolérance, qui ajoute «  c’est contre la démocratie et on s’est justement battu le 14 janvier pour cette démocratie» (date du départ de l’ancien dictateur Ben Ali).

Hélas, les islamistes sont à la démocratie ce que l’eau est au feu… Nous ne pouvons que nous sentir solidaires de ceux et celles qui se battent pour un État démocratique, donc laïque. Nous ne pouvons qu’être admiratifs pour leur résistance courageuse aux intimidations et aux menaces. Espérons que la révolution et les revendications démocratiques ne seront pas remises en cause par les théologiens. Depuis le départ de Ben Ali, les forces en présences se combattent et force est de constater que les islamistes reprennent du poil de la barbe…

                                                                                                                        Régis Boussières

Communauté : libre pensée et laïcité
Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 20:37
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Par Régis BOUSSIERES - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

photo_1308569315.jpg Après les actions contre l'œuvre (tableau) Piss Christ à Avignon (La Raison Militante n°62 [.......] ), les catholiques partent en croisade contre le festival de hard rock Hellfest. Ce festival à lieu mi juin chaque années à Clisson (Loire-Atlantique). L'Institut Civitas, qui propose, "de restaurer la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ" ne tolère pas ce rassemblement "sataniste" qui va regrouper 90 000 fans de hard rock. Pour eux, il s'agit d'un acte de "christianophobie" et ils dénoncent les subventions publiques allouées au festival (100 000 euros en tout, par le Conseil Général...).

L'Institut demande à tous ses fidèles d'écrire aux élus ainsi qu'aux sponsors, comme Kronenbourg. Le mot d'ordre est "ne trinquez plus avec les disciples de Satan!". Les années précédentes, les catholiques avaient écris aux élus (Christine Boutin en tête) et versé de l'eau bénite sur les lieux des concerts! Le ridicule ne tue pas, heureusement pour eux! Cette année, en plus des courriers, une offensive sur le net à été lancée "nous avons demandé à tous nos sympathisants d'envoyer des mails aux collectivités et à Kronenbourg (le principal sponsor), au bout de l'opération, nous aurons envoyé 150.000 courriers électroniques. Nos militants vont aussi abreuver d'appels les centrales téléphoniques des brasseries Kronenbourg". Il y en a qui n'ont pas grand choses à faire! Rappelons aux catholiques que c'est eux qui ont remis au gout du jour Satan, Belzébuth et autres démons au moyen âge, notamment pour mieux justifier la chasse aux hérétiques et aux sorcières menée par la Sainte Inquisition (quand le roi Jésus dominait le monde)... Et maintenant ils se plaignent que d'autres personnes parlent de Satan dans des chansons! Certains groupes (plus dans la tendance black métal) ont en effet tendance à parler de Satan, de se déguiser en Satan, porter des bijoux (croix à l'envers, le signe 666...). La plupart du temps il s'agit plus de folklore ou de provocation et non pas d'adhésion à un mouvement sataniste... De plus,  on a bien Johnny Halliday, le pro des addictions et de l'opium du peuple, qui  porte un beau crucifix à l'endroit, ou les petits chanteurs à la croix de bois sans compter le groupe "prêtre" qui organisent leurs concerts comme bon leur semble, sans que des athées ou des "satanistes" essayent d'interdire leurs musique et festivals... C'est que nous sommes pour la liberté de conscience et la liberté d'expression. Au contraire de ces fanatiques... Tiens, rien que pour les emm..., je vais écouter un petit Motörhead en buvant une petite Kronenbourg... A votre santé!


                                                                                                                                  Régis Boussières

Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 23 juin 2011 4 23 /06 /Juin /2011 09:10
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Par Régis BOUSSIERES - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

La Mission interministérielle de lutte conte les dérives sectaires (Miviludes) vient de sortir son rapport annuel. Elle lance un appel à la vigilance car, à l'approche de 2012, il y a "une résurgence des discours apocalyptiques".

En effet, de nombreux "zozos" sont persuadés que la fin du monde aura lieu en 2012, puisqu' un calendrier maya fait cette prédiction. D'autres, adeptes de la numérologie, prévoient même la date de cette apocalypse : le 21.12.2012. Je vous file là un sacré scoop ! Il est même prédit qu'un seul endroit sera préservé : le village de Bugarach...

 Bien évidemment, certains vous proposent de vous débarrasser de tous vos biens matériels avant la fin du monde. Comme c'est sympathique de leur part ! Cette fin du monde surfe aussi sur le film catastrophe sorti il y a deux ans et qui s'appelle... "2012".

Pour la psychologue Sonya Jougla, ces mouvements sont très dangereux car "les sectes apocalyptiques ont une plus grande emprise", elles sont "plus aliénantes", avec pour conséquence "des pathologies aggravées" : rites de purification (pouvant provoquer des anorexies), névroses obsessionnelles, délires interprétatifs... On voit "des personnes quitter leur travail, rompre avec leur famille, commettre des actes illégaux comme des vols, dans la perspective d'un "transit" vers un autre monde".

Ce délire, grâce à Internet, se développe dans de nombreux pays. Ainsi aux Etats Unis, en Californie, Harold Camping, propriétaire de la station de radio chrétienne Family Radio,  prédit, pour bientôt, "le retour de Jésus sur Terre, tremblement de terre, transfert des croyants au Paradis". Les fidèles d'Harold Camping se fient à ses calculs même s'il s'est déjà trompé en 1994 (date où il avait déjà prédit la fin du monde), mais cette fois, promis, c'est la bonne... Et puis, le doute est l'ennemi de la foi, alors il faut croire sans se poser de question. Bien évidemment, les fidèles d'Harold Camping font tout pour répandre la nouvelle. Leurs caravanes ont parcouru les Etats-Unis. Pendant ce temps-là, un autre fidèle a dépensé 100 000 euros pour financer une campagne de pub à New York. D'autres, très désintéressés par les biens matériels, savent tirer profit du Jugement dernier. Ainsi, la société Eternal Earth-Bound Pets (lien éternel pour les animaux), propose de s'occuper des animaux quand leurs propriétaires iront au Paradis. Il faut compter 135 dollars par animal. 

Apparemment, ce n'est pas la fin du monde pour tout le monde !

                                                                                                        Régis Boussières

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 16:12
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Par (envoyé par Roland BOSDEVEIX) - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Bien qu’athée pratiquant, et précisément parce que par les singeries liturgiques retransmises chaque dimanche sur une chaîne de télévision du service public heurtent ma raison, je peux admettre que faire « œuvre d’art » en photographiant un crucifix de plastique plongé dans un verre où se mêlent sang et urine relève en effet de la provocation et a de quoi heurter les adorateurs du crucifié, les missionnaires de la chrétienté, les inconditionnels de la foi catholique.


L’ex-évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, mis à la retraite d’office par son Eglise pour avoir joué à touche-pipi avec l’un de ses neveux durant treize années, s’est converti récemment aux joies modernes de la télévision, cette poubelle où chacun peut désormais venir livrer ses confessions les plus intimes et les plus scabreuses.


Dans un entretien accordé à une chaîne néerlandaise, l’ecclésiastique vient de révéler, sur le ton bonasse du gars qui raconte sa vie, son œuvre, avoir laissé venir à lui non pas un mais deux neveux pour ce même gentil petit jeu. « Je n'étais pas conscient que cela avait un tel impact sur mon neveu. Je croyais qu'il s'agissait de choses superficielles », dit-il en évoquant sa première victime. Au sujet du second neveu, le tonton, qui avait dû, entre-temps, tomber sur un confesseur particulièrement sévère pour en arriver à une telle concession, affirme : « Naturellement, je savais que ce n'était pas bien, je l'ai confessé plusieurs fois. » Il continue : « Je n'ai pas du tout l'impression d'être un pédophile. » Ben tiens ! Il ne faudrait quand même pas mélanger les torchons et les étoles. Les pédophiles, les vrais, croupissent en prison. Les évêques touche-pipi, eux, coulent une retraite paisible au sein de discrets monastères. Puis arrive le coup de grâce, la cerise sur le catho. Le divin Roger avoue s’être entendu avec la famille – très chrétienne, la famille, très morale… –, pour ne pas que l’affaire s’ébruite, en lui versant de l’argent.


Un commando du Seigneur s’est introduit dans le musée où était exposée la photographie blasphématoire, pour la détruire, au prétexte qu’elle blessait les croyants et salissait l’image du Christ et celle de l’Eglise.

Quant à l’ex-évêque, comme des centaines d’autres de ses collègues, aucun commando apostolique, romain et réparateur de l’image christique n’est venu lui casser la gueule. Curieux…

                                                             

                                                                                                       Floréal MELGAR

                                                                  LE BLOG DE FLOREAL  [ ..lien...]

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 10:17
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Par Régis BOUSSIERES - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Cela prête à sourire, surtout pour les rationalistes que nous sommes, mais certains prétendent, encore une fois, que "la fin du monde est proche". On a même une date : le 12 décembre 2012 ou le 21 décembre 2012. Cela serait annoncé dans un calendrier maya (comme dans le film 2012).

D'après ces illuminés apocalyptiques, un seul village échappera à la destruction du monde : Bugarach, dans l'Aude. Cette information a circulé non pas par onde ou pensée cosmique, mais par Internet. Rien de mieux que la technologie moderne pour véhiculer les superstitions les plus éculées et obscurantistes...

Depuis que l'information circule, des illuminés arrivent par centaines dans ce petit village, à un tel point que les journalistes du New York Timesse sont déplacés pour commenter l’événement. Le village vit au rythme "des processions qui regroupent parfois 200 à 300 personnes, des baptêmes dans le lac".

« Des offrandes sont aussi déposées devant les statuts de la Vierge" confie le maire Jean-Pierre Delord. Que vient faire la Vierge avec un calendrier Maya ? Cette légende païenne ne peut être que fausse pour tout chrétien qui se respect et ce d'autant plus que la fin du monde n'est pas prévue à cette date dans le Nouveau Testament. On a donc bien affaire au syncrétisme le plus délirant qui mélange toutes les croyances et les superstitions de toutes les origines religieuses et mystiques. Quel cocktail détonnant, c'est du délire puissance dix ! Il suffit de lire, non pas sur un parchemin Maya, ni celui d'un Saint quelconque ou d'un écrit apocryphe, mais sur Internet, les propos de nos apocalyptiques : on y croise pèle mêle les extraterrestres, le Christ, le Graal, les Templiers, l'abbé Saunière et François Mitterrand. Cette liste manque d'originalité. Il faudrait, de temps en temps renouveler les personnages et ajouter de nouvelles vedettes comme Mickey, le Père Noël, E.T... Ainsi, d'après un certain Jean Argoun, il y aurait à Bugarach "une cavité ou un lac caché sous le mont Bugarach qui sert de base extraterrestre. Elle abrite depuis 9000 ans un vaisseau qui renferme en son sein tout le savoir des Atlandes, le peuple disparu de l'Atlantide". D'autres tarés disent que le Mont Bugarach renferme le Graal, l'Arche d'Alliance, voire le Christ lui-même, réfugié en pays cathare avec Marie-Madeleine. D'autres prétendent que l'abbé Saunière, supposé découvreur du trésor des Templiers, déambulerait encore dans l'une des grottes de la montagne. Quant à François Mitterrand, il aurait été héliporté directement au sommet du Pic. Enfin, les amoureux de la numérologie ont pu démontrer que le Mont qui culmine à 1231 mètres (en système décimal) faisait en système "octal" 666, le chiffre de la bête... Ben tiens!

Le village doit supporter ces illuminés qui prient nus dans la montagne où ils font des rituels plus étranges les uns que les autres, comme des stages pour aller pousser le cri primal dans une cavité naturelle (car il faut être écolos aussi, c'est à la mode). Espérons qu'ils ne feront pas de sacrifices humains, mais quand le délire mystique est à son comble, la connerie et la barbarie ne connaissaient plus de limite.

Avec l'arrivé de l'An 2000, des sectes chrétiennes apocalyptiques avaient annoncé la fin du monde. A l'époque, j'avais fait un article pour le Monde Libertairecar une de ces secte était passée à l'acte : afin de hâter la fin du monde, des fidèles s'étaient suicidés. Cette secte chrétienne "restauration des 10 commandements" a été responsable de la mort de 300 fidèles en Ouganda. Le sommeil de la raison, les délires engendrent ce genre de risque, c'est pourquoi, si l'on peut rire de ces superstitions et fadaises, il ne faut jamais perdre de vue que cela peut mener à des actes très graves : dépression, folie, suicide, meurtre... D'ailleurs, le Maire et les autorités surveillent de près ce qui se passe dans la région. Quant à nous, il faut dénoncer partout où nous le pouvons ces superstitions et tous les obscurantismes.

                                                                                                                  Régis Boussières

Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 18:45
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Par Michel THYS - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Réponse de Michel THYS, à l'article :" AU FOU" par Narcisse PRAZ :

 

Merci d'avoir réagi, pour le principe, à la diffusion de ce virus catholique ... Pour la forme, évidemment, car en l'absence d' anticorps produits par la découverte d'alternatives laïques, avant l'âge adulte, il devient plus rare de se guérir de ce virus et de "virer sa cuti".
J'ai émis une hypothèse explicative de l'incapacité des croyants convaincus à remettre en question leurs certitudes.
La voici :

 

        Une approche inhabituelle (« neuroscientifique ») du phénomène religieux.
Sans vouloir simplifier ou réduire l’infinie complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des « mécanismes » psycho-neuro-physio-génético-cognitivo-éducatifs (ouf !), n’est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, historique, psychanalytique, anthropologique, sociologique …) en tenant compte de l’apport des neurosciences ?
Entendons-nous bien : les neurosciences ne prétendent évidemment pas démontrer l’inexistence de « Dieu » (par définition, aucune inexistence n’est démontrable).
Elles sont cependant susceptibles d’influencer la réflexion philosophique et d'inciter certains à conclure à son existence subjective, imaginaire et donc illusoire.

La peur est commune à tous les êtres vivants pourvus d’un système nerveux, mais seul l’animal humain sait qu’il va mourir et aspire à un « au-delà », à «l’immortalité de l’âme ».
C’est sans doute pour compenser la faiblesse corporelle des premiers hominidés que la sélection naturelle a développé la bipédie et le langage, ce qui a permis au néo-cortex pré-frontal de l' l'Homo Sapiens de s'hypertrophier, depuis environ 100.000 ans, et d'imaginer un nouveau mécanisme de défense, au-delà de l’animisme et du chamanisme : le recours à des dieux protecteurs et anthropomorphes (plus tard à un seul) dont ils tentaient d’apaiser la colère, ou de gagner les faveurs, par des sacrifices (hélas encore actuels en islam … !).

De nos jours et sous nos latitudes, même si la religiosité décline du fait qu’aucun dieu ne s’est jamais manifesté concrètement, les croyants monothéistes restent en quête d’apaisement, de sérénité, de certitudes, d’espérance en un au-delà, et donc de repères, de vérités révélées, d’absolu, de sacré, de spiritualité, de  transcendance, d’une relation personnelle avec Dieu au sein d’une communauté, etc. Les religions en ont fait leur fond de commerce.

Mais comment expliquer cette fréquente persistance de la sensibilité religieuse et, à des degrés divers, l’anesthésie de l’esprit critique de certains croyants dès qu’il est question de croyance religieuse ?
A mes yeux, n'en déplaise à l'orgueil de certains, la foi ne résulte pas d’un choix vraiment libre.
Actuellement, en effet, « la liberté constitutionnelle de conscience et de religion» me paraît plus théorique et symbolique qu’effective, parce que l'émergence de la liberté de croire ou de ne pas croire est généralement compromise, à des degrés divers. D’abord par l’imprégnation de l’éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents (influence légitime mais unilatérale et communautariste).
Ensuite par l’influence d’un milieu éducatif croyant qui ne développe pas l'esprit critique en matière de religion, occulte toute alternative humaniste non aliénante et incite à la soumission. L’éducation coranique, exemple extrême, en témoigne hélas à 99,99 %, la soumission y étant totale.

Après Desmond MORRIS qui l’avait pressenti en 1968, dans « Le singe nu », avec la notion de «dominant/dominé», Richard DAWKINS estime que la soumission est génétique : déjà du temps des premiers hominidés, le petit de l’homme n’aurait jamais pu survivre si l’évolution n’avait pas pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu).

Déjà en 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, alors professeur à l’Université catholique de Louvain, avait constaté (son successeur actuel Vassilis SAROGLOU le confirme) qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas spontanément, et aussi que la religiosité à l’âge adulte en dépend (et donc l’aptitude à imaginer un « Père » protecteur, substitutif et anthropomorphique, fût-il
«authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre » (VERGOTE) …).

Les neurosciences tendent, me semble-t-il, à confirmer l'imprégnation neuronale de la sensibilité et du sentiment religieux : des neurophysiologistes ont constaté que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures à l’âge de 2 ou 3 ans, mais que les amygdales (du cerveau émotionnel), elles, sont déjà capables de stocker des souvenirs inconscients, et donc les comportements religieux, puis les inquiétudes métaphysiques des parents, sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur. Ces traces neuronales sont indélébiles, et renforcées par la plasticité neuronale, du fait de la répétition des expériences religieuses.
L’IRM fonctionnelle suggère que le cerveau rationnel, le cortex préfrontal et donc aussi bien l’esprit critique que le libre arbitre ultérieurs s’en trouvent inconsciemment anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect, du moins en matière de foi.

Ce qui expliquerait la fréquente imperméabilité de certains croyants, notamment créationnistes, à toute argumentation rationnelle ou scientifique, et donc la difficulté, voire l’impossibilité de remettre leur foi en question, sans doute pour ne pas se déstabiliser (cf. le pasteur évangélique Philippe HUBINON à la RTBF :
« S’il n’y a pas eu « Création », tout le reste s’écroule … ! ». Donc aussi « Dieu  …

Il est logique dès lors que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, perçoivent l’éducation religieuse, bien qu’a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale. Henri LABORIT l’avait bien compris :
« Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’en détacher, s’il y parvient jamais.(…) Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté ! ».
(Mon oncle d’Amérique » d’Alain ,RESNAIS).

Dans cette optique, les conversions religieuses deviennent compréhensibles.
Même si l'on ne peut pas actuellement expliquer le processus biochimique précis qui enclenche le “switch », l’interrupteur qui fait basculer de l’incroyance vers la croyance, il se produit un bouleversement des neurotransmetteurs, un peu comme dans le cas du coup de foudre amoureux. Je m’explique comme suit, par exemple, la conversion de Paul CLAUDEL, ancien croyant, en entendant le Magnificat de BACH à N-D de Paris. Tout se passe comme si, malgré sa brillante intelligence, l’environnement sensoriel (les grandes orgues, les choeurs, l'odeur d’encens, le décorum, …- avait provoqué un bouleversement d’hormones et de neurotransmetteurs, au niveau notamment de la sérotonine et de la dopamine, au point de faire disjoncter son cerveau rationnel au profit se son cerveau émotionnel. Ce n’est d’ailleurs pas surprenant lorsqu’on sait que les sensibilités poétique, musicale, religieuse, …, y ont des localisations voisines, ce qui facilite les interacti ons..

Les exemples sont nombreux, dans d’autres circonstances : par exemple la conversion du docteur Alexis CARREL, qui avait perdu la foi pendant ses études, et qui l’a retrouvée lors d’un voyage à Lourdes, ou celle d’Eric-Emmanuel SCHMITT perdu sous le firmament glacial du Sahara, à 29 ans (même lorsqu'on est issu comme lui d'une famille incroyante, l' influence de deux mille ans de christianisme se réveille chez certains incroyants en danger de mort).

Du fait de la sécularisation et de la laïcisation croissantes, de plus en plus d’européens (sauf les musulmans) désertent les lieux de culte et privilégient l’autonomie de la conscience et la responsabilité individuelle, plutôt que la traditionnelle soumission religieuse (sauf en Irlande, en Pologne, à Chypre, à Malte, Italie,…).
Les religions réagissent donc par des tentatives de réinvestissement des consciences, de re-confessionnalisation de l’espace public (surtout depuis Jean-Paul II, le chanoine-président Sarkozy 1er, …) et de re-cléricalisation de la politique européenne (cf.par exemple l’ « Opus Dei »), tandis que les sectes, expertes en manipulation mentale et en abus de faiblesse, spéculent sur la quête de sens qui subsiste (cf. les évangélistes américains, les créationnistes, etc.).
Il n’y a pas un « retour du religieux », mais de nouvelles «stratégies» religieuses qui exploitent à la fois la vulnérabilité du psychisme humain, notre conception de la « tolérance » et le laxisme de certains politiciens électoralistes qui concèdent des revendications inspirées par la charia.

Pour que les libertés de conscience et de religion, et en particulier celle de croire ou de ne pas croire, deviennent plus effectives que symboliques, il faudrait donc, selon moi, s’orienter vers un système éducatif pluraliste proposant à tous une information minimale, progressive, objective et non prosélyte à la fois sur les différentes options religieuses ET sur les options laïques actuellement occultées, l’humanisme laïque, la spiritualité laïque, etc.

La religion est une affaire privée qui n’a pas sa place à l’école.
Elle ne devrait y être mentionnée que lors d’un cours d’histoire ou de philosophie, parce qu’un minimum de culture religieuse fait partie de la culture générale, notamment artistique.
Dans cette optique, l’enseignement confessionnel apparaît comme élitiste, inégalitaire, prosélyte, exclusif, anachronique et donc obsolète et inadapté à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions.

Un enseignement pluraliste, au contraire, compenserait l’influence familiale, celle d’un milieu croyant exclusif et les inégalités socioculturelles.
Chacun pourrait choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques (OU religieuses, puisque le droit de croire restera toujours légitime et respectable, a fortiori si cette option a été choisie plutôt qu’imposée).
Un tel système éducatif permettrait enfin de rechercher des valeurs communes, « universalisables », parce que bénéfiques à tous et partout, telles que le respect de la dignité de l’homme, de le femme et de l’enfant, la liberté (effective et non plus seulement symbolique) de pensée, de conscience et de religion, etc..
L’avènement d’une citoyenneté responsable me paraît à ce prix..

Mais cela impliquerait de repenser d’abord les notions de «neutralité» de l’Etat et de «libre choix» des parents, lequel n’est pas prioritaire par rapport à «  l’intérêt supérieur de l’enfant ».

Dans une ou deux générations, peut-être … ?

                                 Michel THYS à Waterloo michel_thys@voo.be http://0z.fr/duySW

                                  et son blog en cliquant [...ici....]


Références bibliographiques :

- Antoine VERGOTE, chanoine, « Psychologie religieuse », du, Ed. Dessart 1966.
ancien professeur à l’Université catholique de Louvain.1966.
- Vassilis SAROGLOU (son successeur) & HUTSEBAUT, D
Religion et développement humain »,. 2001.
- Patrick JEAN-BAPTISTE « La biologie de dieu » 2003 Agnès Viénot 2003.
- Jean-Didier VINCENT : « Voyage extraordinaire au centre du cerveau » Odile Jacob 2007.
- V.S. RAMACHANDRAN « Le fantôme intérieur ». Odile Jacob 2002.
- Jean-Pierre CHANGEUX « L’homme neuronal »1993, « L’homme de vérité » 1994
- Pascal BOYER « Et l’homme créa les dieux ».
- Antonio DAMASIO « L’erreur de Descartes »2001 et « Spinoza avait raison’.
- Henri LABORIT « Une vie » 1996 « Derniers entretiens »
- Mario BEAUREGARD « Du cerveau à Dieu » « The spiritual brain »
- Michaël PERSINGER « On the possibility of directly accessing every human brain
by electromagnetic induction of fundamental algorythms ».1995.
- Paul D. Mac LEAN « Les trois cerveaux de l’homme » 1990.
- Joseph LEDOUX « Emotion, mémoire et cerveau » 1994.
- John SAVER & John RABIN « The neural substrates of religion experience » 1997.
- Francis CRICK « Une vie à découvrir »
- Via Internet : « Le cerveau à tous les niveaux ». Etc.

Communauté : libre pensée et laïcité
Vendredi 4 mars 2011 5 04 /03 /Mars /2011 11:53
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Par Narcisse PRAZ - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

"Le lundi 21 février 2011 le télé-journal de la Télévision Suisse Romande s'est longuement attardé sur une étrange information (de complaisance?) relatant un virus catholique fribourgeois et peut-être plus répandu. Il s'agit de l'adoration perpétuelle de l'Eucharistie décrétée vitale (!) par S.S. Popol II. De quoi s'agit-il? L'évêché organise des tours. De quoi déjà? De magie? Non. Des tours d'adoration de la petite rondelle pâteuse appelée hostie, alias le corpus Christi, bien enchâssée dans un rutilant ostensoir. Des fidèles - synonyme de quoi déjà, ce mot-là: des illuminés? - tiennent à jour un livre de bord dans leur église et cochent consciencieusement les jours et les heures durant lesquelles ils assurent la permanence d'adoration devant le dit ostensoir. Lundi soir de 22 heures à minuit, Jeanne Lapure, de minuit à 2 heures du matin, François Lepieux, de 2 heures du matin à quatre heures, Marie Lacontrite... Et ainsi de suite de façon ininterrompue, jour et nuit. Et la TSR nous a montré trois de ces spécimens au front bas mais lumineux en état extatique, mains jointes, yeux révulsés, lèvres frémissantes de prières ferventes adressées à la petite rondelle de pâte à tarte dans son ostensoir aux dorures impériales. Trois spécimens: une dame quadragénaire intarissable sur les bienfaits psychiques que lui apportent ces séances d'extase délirante; un vénérable septuagénaire bien mis de sa personne, type notaire à la retraite ou prêtre pédophile repenti; un jeune homme, étudiant de son état, qui jongle avec ses horaires et les kilomètres qui le séparent de son lieu d'adoration , de crainte de ne jamais laisser la dite rondelle pâteuse seule en son glorieux ostensoir, car il ne faut jamais, à aucun moment du jour comme de la nuit, abandonner en état de solitude ce corpus Christi comestible. Faute de quoi il pourrait moisir? Imaginez donc: le corps d'un type mort depuis plus de 2000 ans laissé à l'abandon et, ipso facto, tournant à la viande avariée! Une horreur!  La TSR nous a donc infligé, à nous athées, agnostiques et autres mécréants, comme aux chrétiens adeptes d'autres formes de  folie mystique, comme aux juifs, musulmans, bouddhistes et autres shintoïstes le spectacle hilarant ou navrant - au choix - de cette coutume promue par Jean-Popolonais, qui devait avoir, ce jour-là, en bon Polonais précisément, un peu forcé sur sa ration de vin de messe. Téléspectateur stupéfait, on s'est  abstenu de zapper pour échapper à pareille manifestation d'aliénation mentale humaine dans son expression la plus subliminale,  nous résignant, in petto,  à l'envoi du message de remerciements que voici à la TSR pour ce moment de pure délectation :

                               LETTRE OUVERTE A LA TELEVISION SUISSE ROMANDE.

Bonjour ! Merci d'avoir, dans votre télé-journal du 21.2.2011, consacré de longues minutes à l'adoration eucharistique permanente promue par l'ayatollah Jean-Paul II et perpétuée par l'évêché de Fribourg et probablement un peu partout dans le monde catholique. C'est grâce à de semblables informations  (!) que vos téléspectateurs prennent conscience du degré primaire hélas d'évolution de l'homo animalis autoproclamé sapiens ainsi que des lésions et ravages que peuvent provoquer dans le cerveau humain les pratiques religieuses. De telles formes de paranoïa mystique s'étudient sereinement en psychiatrie au chapitre des idées délirantes. Mais vous, gens de télévision, à quel mobile - ou à quelle injonction hiérarchique supérieure? - obéissez-vous en nous régalant de pareil spectacle hilarant de prime abord, consternant dans le fond? Avez-vous  seulement conscience du fait que ce genre de manifestations de la folie mystique suscitent fatalement la question de savoir combien de millions d'années séparent encore l'autoproclamé homo sapiens du degré d'évolution que suggère ce qualificatif? Merci de nous avoir montré ces spécimens de fous de Dieu en adoration permanente devant... une rondelle de pâte à tarte enchâssée dans un ostensoir aux dorures psychédéliques et muée, par les vertus du Mystère de la Transsubstantiation, en viande divine vieille de plus de 2000 ans! Question subsidiaire adressée aux responsables du télé-journal ainsi qu'à leur hiérarchie supérieure: êtes-vous des humoristes de type pince-sans-rire? Nous le souhaitons, nous autres athées, agnostiques, sceptiques et autres mécréants, car sinon nous devrions conclure que votre propre cas relève de la psychiatrie. Déjà, des mois, que dis-je des années durant, vous ne nous avez rien laissé ignorer d'un certain cancer du Genoud et voilà que vous nous roulez dans la Farine fribourgeoise eucharistique dont on fait des hosties à destination cannibale !

                                                                                       Ironiquement votre : Narcisse Praz.

Communauté : libre pensée et laïcité
Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 18:17
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Par Régis BOUSSIERES - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

La superstition, la crédulité, la manipulation, l'embrigadement ne sont pas l'apanage des seules "sectes". Les religions "officielles" n'échappent pas à ces travers.

Ainsi, en Afrique du Sud, un télévangéliste nigérian de l'Eglise Christ Embassy, a vu son émission télévisée, sur la chaîne privée eNews, interdite par les autorités. Ce pasteur prétend soigner toutes les maladies grâce aux prières. Lors de son émission de décervelage, il donnait la parole à des fidèles qui assuraient avoir été guéris grâce aux prières du révérend. La décision d'interdiction de cette émission fait suite à une plainte de l'organisation de lutte contre le sida Treatment Action Campain (TAC). Cette plainte a été recevable car une fidèle atteinte de la tuberculose résistante a arrêté son traitement médical parce qu'elle croyait avoir été guérie par the Christ Embassy. Cette erreur lui a été fatale : elle est décédée et a transmis sa maladie à ses enfants... Merci cher pasteur, c'est un vrai miracle ! Rappelons que l'Afrique est hélas victime de nombreuses pandémies telle que le sida avec, environ, 48 millions de porteurs du virus qui ont en grande partie d'entre eux contracté également la tuberculose... Dans de telles circonstances, tous ces prédicateurs protestants, catholiques, musulmans et autres sorciers qui prétendent pouvoir tout soigner grâce à Jésus, Mahomet et autres divinités ne sont que des crapules et des criminels qui profitent de la crédulité populaire, la misère économique, sociale et du désarroi des malades.

                                                                                                                           Régis Boussières

Communauté : libre pensée et laïcité
Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 08:35
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Par Patrice DECORTE - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Par Djemila Benhabib

Vendredi 4 février 2011


Le samedi 29 janvier, à l’appel d’associations de femmes, une grande marche pour la citoyenneté et l’égalité a été organisée à Tunis et à laquelle ont participé des milliers de citoyens pour exiger que la laïcité et l’égalité entre les femmes et les hommes soient explicitement énoncées dans la nouvelle constitution du pays. Les Tunisiennes sont conscientes du fait que lorsque l’histoire a balbutié, dans le monde arabe et musulman, les islamistes se sont hissés à la périphérie ou au cœur du pouvoir pour tordre le cou à la démocratie et faire reculer les droits des femmes. Tels des vautours, à chaque fois qu’il est question de transition, ils cherchent le bon moment pour sauter dans l’arène politique. En ce sens, le mouvement Nahdha, dirigé par Rached Ghannouchi, proche de la Confrérie des frères musulmans, constitue une véritable menace pour l’avenir. Ainsi, les Tunisiens doivent faire preuve d’une grande vigilance. Aussi réputés soient-ils pour leur tolérance et leur esprit d’ouverture, ils ne sont pas à l’abri d’un égarement. Car, la Tunisie porte aussi en elle les ambivalences du monde arabe et musulman. L’islam est religion d’État. L’islam institutionnalisé a été promu par le dictateur Ben Ali de mille et une façons depuis les élections législatives de 1989.

Bien que les femmes aient été discrètes lors des soulèvements populaires des dernières semaines, la révolution tunisienne a bel et bien un visage de femme, une femme libre et émancipée dont le statut a toujours fait l’envie de toutes les femmes du monde arabe et musulman, un monde où l’on ne se gêne guère pour infliger aux femmes un traitement digne d’une autre époque. N’oublions pas qu’en Tunisie l’argument qui consiste à dire qu’Allah a voulu le voile, la polygamie, la répudiation et la lapidation n’a pas marché. Dès le début du XXe siècle, des hommes et femmes ont rêvé de construire une autre alternative où la dignité des femmes ne se bradait pas. Le Tunisien Tahar Haddad (1899-1935), théologien de l’université de la Zeitouna, tout autant que l’Égyptien Qasim Amin (1863-1908), écrivain et poète,  prônèrent l’émancipation des femmes et l’abandon du voile. Haddad a activement milité contre la polygamie ; il a comparé « le voile à la muselière qu’on met au chien pour les empêcher de mordre ». Avec Bourguiba, fondateur du parti nationaliste le Néo-Destour en 1934, la Tunisie a connu une époque de revendications et de succès féministes. Dans un article de presse, paru le vendredi 11 janvier 1929 dans le journal L’Étendard tunisien, en parlant du voile, Bourguiba lance : «Décidément il tient bon»! Et il met l’accent sur la nécessité du changement au sein de la société. « L’évolution doit se faire sinon c’est la mort », écrit-il.Dès la première année de l’indépendance, il met en marche un train de réformes législatives dont le fleuron demeure le Code du statut personnel (CSP). Promulgué le 13 août 1956,  il accorde aux femmes des droits sans équivalent ailleurs dans le monde arabe. Il abolit notamment la polygamie et la répudiation et exige, pour le mariage, le consentement mutuel des futurs époux. Il octroie aux femmes le droit de vote en 1957 et autorise l’avortement en 1973.

L’alibi des États musulmans qui ont institutionnalisé la discrimination et les violences à l’égard des femmes afin de les subordonner aux hommes est toujours le même, à savoir l’islam et l’application de la charia. Faire une brèche dans ce système, c’est faire une brèche dans toute la société. Le statut des femmes soulève un tabou majeur, celui de la place de la religion dans la société. C’est un problème qui reste aujourd’hui encore le principal défi auquel sont confrontés les musulmans. Nous touchons là à un élément central. La question de savoir si un système politique fondé sur la religion est compatible avec un projet démocratique se heurte à un principe éthique. En démocratie, les libertés d’opinion, de parole et de conscience sont des droits intrinsèques qui impliquent le droit à la dissidence.  Dans ce système, la possibilité de demander à ce qu’une loi soit modifiée ou abrogée existe. Or, une telle liberté est impossible lorsque la loi est fondée sur un texte sacré. Ainsi, faire entrer la religion dans le domaine du politique et imposer la charia en prétextant la volonté d’Allah, c’est remettre en cause l’autonomie de l’individu par rapport à sa communauté. C’est aussi refuser une conception de la religion qui devrait être le résultat d’une démarche personnelle et libre d’adhésion à une croyance. Les pratiques sociales se sont largement sécularisées dans la grande majorité des sociétés musulmanes et, dans la plupart des États, les lois islamiques touchent essentiellement, pour ne pas dire exclusivement, le domaine familial et par voie de conséquence la place accordée aux femmes dans ce domaine. C’est dire l’enjeu que constitue le statut des femmes.

Tahar Haddad et Bourguiba ont frayé un chemin dans les esprits. Aujourd’hui, une autre génération prend la relève pour consolider les acquis et participer pleinement à la formidable ouverture démocratique. La « révolution de jasmin » ouvre la voie du changement et, au-delà, appelle le monde arabe à un choix décisif : démocratie ou islamisme ?

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 13:59
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Par (envoyé par )Gérald CLEMENT - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

ADMD-2.jpg Demain, le Sénat discutera en séance publique la proposition de loi relative à l’assistance médicalisée pour mourir.


En lui-même, l’événement est considérable puisque c’est la première fois dans l’histoire de notre pays que la Chambre Haute se saisit de cette question.


D’ores et déjà, nous devons remercier les sénateurs Alain Fouché, Guy Fischer et Jean-Pierre Godefroy de leur mobilisation, ainsi que les sénateurs François Autain, Patricia Schillinger et Dominique Voynet.

 

Compte tenu du rapport des forces au palais du Luxembourg, de la pression exercée sur les parlementaires par les pouvoirs publics, les associations liberticides pro-life, les représentants des lobbies médical et religieux, il est peu probable que le vote nous soit favorable.

 

Comme à l’Assemblée nationale en novembre 2009, ce scrutin sera l’occasion de nous compter en vue des prochaines élections de mars 2012 et de montrer notre force et notre conviction.

 

A partir de ce jour, nous pourrons choisir nos représentants en fonction du respect qu’ils affichent à notre égard : impensable de voter pour celles et ceux qui nous méprisent.

 

Hauts les cœurs ! Nous obtiendrons cette loi d’Ultime Liberté !

 

(N’oubliez pas l’émission Le Téléphone Sonne à laquelle je participerai sur France Inter, le mardi 25 janvier de 19h20 à 20h00. Pour participer en direct à l’émission, vous pouvez téléphoner dès 17h00 au 01 45 24 70 00 et poser vos questions, évoquer vos témoignages)

 

                                                                                         Jean-Luc Romero

                                                                                         Président de l'ADMD

Communauté : libre pensée et laïcité
Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 09:00
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Par Régis BOUSSIERES - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

En Russie, Vsevolod Tchapline, le chef du département du synode pour les relations entre l'Eglise orthodoxe et la société, a écrit dans une lettre ouverte que "les femmes s'habillent comme des strip-teaseuses", "elles sont à peine habillées ou maquillées comme des clowns" (sic). Quand on voit l'uniforme des prêtres orthodoxes, on peut dire qu'en matière de clownerie ils ne sont pas mal non plus... Plus sérieusement, l'Eglise, comme toujours, s'occupe de régenter la vie et la société y compris dans la manière de s'habiller, preuve de l'esprit totalitaire qui anime toutes les religions. Bien évidement, le prêtre y voit là, la déliquescence de la société et de la moralité. Rappelons qu'avec le climat russe (surtout en ce moment) il ne doit pas y avoir beaucoup de femmes en mini-jupe à moitié nue et que de porter une mini-jupe ne met pas une femme à trois quart nue comme le sont les strip-teaseuses (mais l'exagération a toujours été l'idéologie des religions qui nous parlent de la fin du monde pour mieux apeurer le peuple).

En bon chrétien, charitable,  le prêtre affirme que "les femmes qui portent des mini-jupes et qui boivent de l'alcool jusqu'à l'ivresse ne peuvent s'en prendre qu'à elles-mêmes si elles se font violer". Les violeurs sont donc de braves hommes innocents! Le prêtre s'en prend aussi aux hommes qui portent des shorts et des tee-shirts en ville. Risquent-ils le viol eux aussi? Le prêtre ne va pas jusque là. M. Tchapline a, enfin, une proposition toute simple : "imposer dans le pays un code vestimentaire pour enrayer ces phénomènes"  car, pour lui, "l'allure des femmes dans les lieux publics n'est pas simplement une affaire privée".

Les associations féministes ont réagi vivement à de tels propos. "C'est une ingérence dans la vie privée qui est formellement interdite par notre Constitution. (...). C'est une absurdité. Laissez les gens s'habiller comme ils le veulent. Après ils diront aux femmes de ne plus se mettre de rouge à lèvres", a ainsi déclaré Lioudmila Alexeeva, ancienne dissidente soviétique et défenseur(e) des droits de l'homme.

Les Religions ont toujours voulu contrôler le corps des femmes, via les façons de s'habiller, de se maquiller, de se coiffer... Nous pouvons conseiller aux chers prêtres orthodoxes d'aller en Arabie Saoudite, ou au Yémen, par exemple. Ils seront ravis : là bas, il y a des codes vestimentaires pour les femmes au nom de Dieu et malheur à celles qui ne le suivent pas !

 

                                                                                                        Régis Boussières

Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 20 janvier 2011 4 20 /01 /Jan /2011 09:32
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Par Régis BOUSSIERES - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Le prestigieux hôpital catholique (Saint Joseph) à Phoenix (USA) ,c'est vu retiré son statut d'hôpital catholique par les autorités religieuses. De ce fait les messes ne pourront plus y être célébrées.
En effet, cet hôpital a procédé en 2009 à un avortement thérapeutique pour sauver la vie de la mère. Ce qui est inadmissible pour l'évêque de Phoenix (Thomas J. Olmsted).
L'évêque, qui est sans doute un grand médecin et qui  ne connaissait nullement la situation médicale de la mère, s'est permis de dire "le bébé était sain et la grossesse ne présentait aucun problème. C'est la mère qui était malade (sic) et qui devait être soignée. Mais au lieu de traiter sa maladie, les médecins et le comité d'éthique de l'hôpital ont décidé que le bébé sain de 11 semaines devait être tué. C'est contraire aux enseignements de l'Eglise".
En effet, c'est contraire aux enseignements de l'Eglise mais non pas aux enseignements et à l'éthique médicale... qui veut que l'on sauve la vie de la mère si il n'y a pas le choix. En tous les cas, l'Eglise sait punir rapidement et efficacement quand elle le veut car la soeur qui a donné son accord à l'avortement thérapeutique a été excommuniée. Ce qui n'est pas le cas pour tous les nombreux prêtres violeurs et pédophiles... à croire que le viol et la pédophilie font partie des enseignements de l'Eglise!
Autre élément important de cette sordide histoire qui démontre encore l'immoralité de l'Eglise et son manque total de compassion au nom de dogmes ridicules, l'évêque a aussi condamné cet hôpital car il a coopéré "pendant des années avec plusieurs programmes médicaux contraires aux directives éthiques et religieuses". en donnant "des conseils sur la contraception, en distribuant des préservatifs, des diaphragmes et en pratiquant des avortements thérapeutiques ou consécutifs à des viols et incestes". Les viols et incestes semblent être aussi en adéquation avec la moralité de l'Eglise car jamais elle n'a excommunié un croyant pour ce genre de crime... L'avortement les moyens contraceptifs étant les seuls crimes aux yeux de l'Eglise.
Cela démontre que la Santé et les Hôpitaux doivent être géré par l'Etat et non pas par les religions qui ne cessent de vouloir imposer à tous leurs vus dogmatiques qui n'ont rien à voir avec la Santé et la médecine.
                                                                                                                   Régis Boussières
Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 30 décembre 2010 4 30 /12 /Déc /2010 12:11
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Par Martine BOSDEVEIX - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

A votre lecture, ce très bon résumé de l'historique de la crèche Babylou, et du contexte actuel qui règne dans les banlieues. Il apparaît clairement que les milieux politiques ne cherchent qu'à "ne pas faire de vagues" . II en résulte, comme dans toutes les situations similaires un laxisme quand à la simple application du principe de Laïcité. D'autant que ce principe, dans ce cas précis, était stipulé dans le réglement intérieur. Il n'empêche que la directrice est taxée "d'hyper-laïque" par l'ancien maire Pierre Cardo; alors qu'elle ne cherchait qu'à appliquer le réglement en assumant sa charge professionnelle. C'est un comble!

 

Article de LePoint.fr

Élisabeth Lévy [.......]

 

"C'est l'un des multiples fronts où se joue l'avenir de la République. Une bataille à bas bruit dans laquelle quelques universalistes obstinés se battent, le dos au mur, pour reconquérir les territoires abandonnés à des groupes qui entendent exercer sur les individus le contrôle social auquel l'Etat a - et c'est heureux - renoncé depuis longtemps. Dans cette guerre sans violence, qui s'exerce par la séduction autant que par la coercition, les institutions, impuissantes, semblent être aux abonnés absents quand elles ne participent pas, comme le fait la Halde, à l'entreprise de détricotage du vivre-ensemble tel que la France l'a inventé. Surtout, ne pas faire de vagues : tel semble être le mot d'ordre silencieux qu'on applique de la base au sommet de l'édifice institutionnel et politique. Ne rien faire qui pourrait faire chuter un peu plus les prix de l'immobilier. Ne rien dire qui pourrait donner prise à l'accusation d'hostilité envers l'islam, brandie dès que quiconque invoque la laïcité.

Ça se passe à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), à la cité des Poètes, rendue célèbre par Mathieu Kassovitz, qui y avait tourné " La haine ". En vérité, la seule présence de la poésie dans cette petite ville dépourvue de bibliothèque et de librairie - à l'exception d'un étal du marché où l'on peut s'approvisionner en littérature islamique - semble être le portrait géant de Rimbaud peint sur une façade lézardée. Pour le reste, rien de très spectaculaire dans cet ensemble d'immeubles à taille, sinon à visage, humaine. Un résumé de cette France d'après le périphérique qu'on aimerait bien oublier - parfois une flambée de violence dont on ne sait pas ce qui l'a déclenchée, le petit commerce de la drogue installé, ça ne s'invente pas, sur la passerelle des Services Publics, de sympathiques barbus qui tentent de ramener à l'islam des gamins privés d'avenir, le chômage qui touche au moins 20 % de la population et l'ennui qu'on trompe en s'inventant un glorieux passé qui éclaire l'avenir. Sur le marché, où l'on trouve des tenues islamiques à des prix imbattables, une majorité de femmes a au moins la tête couverte et bon nombre, surtout les jeunes, portent le jildeb, vêtement marronnasse ou gris qui évoque celui des bonnes soeurs et ne laisse paraître que l'ovale du visage, mais, par ce jour de canicule, quelques intrépides continuent à braver les regards réprobateurs et les réflexions en arborant des bras nus. Dans le train qui rallie la gare Saint-Lazare, elles choisissent les voitures équipées de toilettes, dont elles sortent pomponnées comme des Parisiennes.

Vagues d'immigration

Sur les 10 000 habitants, qui représentent 55 nationalités, 80 % vivent dans la cité et 20 % au " village ", deux mondes séparés par une invisible barrière ethnique autant que sociale. A quelques kilomètres de Poissy, qui fut jusque dans les années 80 l'un des bastions de l'industrie automobile, Chanteloup a accueilli toutes les vagues d'immigration. Beaucoup ont vu s'échouer dans la cité leurs rêves d'un avenir meilleur.

C'est dans ce décor désolé que Natalia est arrivée à la fin des années 80. Sage-femme de formation, cette réfugiée politique qui a fui le Chili de Pinochet puis l'Argentine de Videla a été amenée à fréquenter les femmes du coin dans le cadre d'un travail universitaire sur la prévention du sida. Alors que leurs maris pointaient au chômage quand ils n'avaient pas disparu dans la nature, travailler était devenu pour les femmes une nécessité vitale : " Sans diplômes, à peine francophones, les seuls emplois qu'elles trouvaient comme femmes de ménage dans les entreprises exigeaient des horaires particuliers, souvent la nuit. Pour avoir une chance de s'en sortir, il fallait leur offrir une solution adaptée de garde d'enfants. " C'est ainsi qu'est née Baby Loup, crèche associative qui a pour particularité, unique en France, d'être ouverte 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Main de fer

Pour des centaines de femmes du quartier condamnées à une exclusion certaine, Baby Loup, qui a ouvert ses portes en 1991, est devenu un instrument d'émancipation et d'insertion. En effet, Natalia ne s'est pas arrêtée là : cette petite femme, qui semble structurée pour déplacer des montagnes, permet à des dizaines d'habitantes du coin de suivre des formations de puéricultrice et d'obtenir un diplôme d'Etat. Autant dire qu'on ne saurait imaginer initiative plus progressiste. Natalia organise des activités pour les familles, tout en tenant sa crèche d'une main de fer : " Il est vrai que je suis à la frontière de l'action sociale, explique-t-elle,mais, quand on travaille avec la petite enfance, on ne peut pas s'autoriser d'approximation. " La crèche, qui emploie 18 personnes, accueille chaque année plusieurs centaines d'enfants, parfois en urgence dans les cas de violences conjugales ou d'hospitalisation des parents. Après Cathy Guetta, Elisabeth Badinter a accepté d'être la marraine de l'association.

Dès 1991, Fatima Afif est recrutée comme assistante maternelle. Arrivée du Maroc à l'âge de 3 ans, Fatima est une figure du quartier, le genre dont on dit qu'elle a " la tchatche "- en clair, une " grande gueule ". Baby Loup finance sa formation, au terme de laquelle elle obtient, en 1997, un diplôme d'éducatrice jeune enfant. Elle est alors embauchée comme directrice adjointe. Entre-temps, elle a épousé un jeune homme du quartier " entré en religion ".

Consultant, Aziz Bentaj est souvent intervenu sur la commune à la demande de Pierre Cardo. Ce garçon bardé de diplômes a observé les mutations souterraines de nos banlieues." Personne n'a rien vu venir parce que personne ne voulait voir, explique-t-il.A partir du moment où le mythe du retour a cessé de fonctionner, le rapport au pays d'accueil a changé, alors même que l'Etat lâchait prise. Et des groupes structurés, proches des salafistes ou des Frères musulmans, ont commencé à labourer le terrain pour prendre possession de l'espace public. " En clair, la politique des grands frères, qui consistait à promouvoir les plus remuants animateurs ou médiateurs, a fait long feu, laissant place à une tolérance passive pour les Frères tout court. Catherine Arenou, qui a succédé à Pierre Cardo à la tête de la municipalité, s'insurge contre cette lecture : " Nous n'avons pas la moindre complaisance pour les mouvements islamistes, d'ailleurs, ils ne sont pas très présents à Chanteloup. " Puisqu'on vous dit qu'il n'y a rien à voir.

Le foulard islamique que Fatima s'est mise à porter suscite quelques tensions avec Natalia : " On ne peut pas transiger sur la neutralité. Je n'ai rien contre aucune pratique ou croyance, mais les enfants doivent apprendre qu'ils peuvent choisir. " Parmi les employées, plusieurs portent le hidjab, mais ne font aucune difficulté pour l'enlever pendant leur travail." Lorsque je suis en sortie avec les enfants, on me reproche parfois de ne pas être une bonne musulmane parce que je l'enlève, mais ça m'est égal ", confie Gul. Fatima prétend aujourd'hui que son voile n'a jamais posé de problème. " Elle jouait à cache-cache avec le foulard et le règlement intérieur de la crèche, explique Natalia,et je ne passais pas mon temps derrière elle, mais je lui demandais régulièrement de le retirer. "" Mais pourquoi en fais-tu une telle affaire, ce n'est qu'un bout de tissu ", répliquait Fatima, qui finit par récolter un avertissement. En 2001, elle part en congé maternité. Son absence, au cours de laquelle elle cumule deux grossesses et deux congés parentaux d'éducation, dure six ans durant lesquels elle passe du hidjab au jildeb. Quelque temps avant la date prévue pour son retour, Fatima interroge les unes et les autres, multiplie les critiques, s'étonne que l'on ait embauché tant de " Françaises " en son absence." Elle essayait de semer l'embrouille ", résume Elodie, directrice adjointe et déléguée du personnel. La version de Fatima, jointe par téléphone au Maroc, est toute différente : " Je sentais que je n'avais plus ma place à Baby Loup ", dit-elle dans un flot de paroles dont il ressort que Baby Loup, c'est elle. " Demandez, dans le quartier, tout le monde me respecte, répète-t-elle.J'étais devenue dérangeante parce que j'avais pris trop d'importance. " Elle remarque que les enfants accueillis à Baby Loup sont majoritairement musulmans." Des femmes voilées, ils en voient toute la journée, alors où est le problème ? " Sympathique, volubile, contente d'elle, Fatima, c'est le genre " pétroleuse voilée ".

A l'automne 2008, Fatima tente de négocier son départ et demande des indemnités, qui lui sont refusées. A partir de là, les récits divergent. Natalia affirme qu'elle a refusé d'enlever son voile, ce que Fatima nie. En tout cas, son retour, en décembre, se solde par une altercation violente avec Natalia et une partie de l'équipe, au point qu'elle récolte une mise à pied immédiate. Elle refuse de quitter les lieux." Essaie d'appeler la police et je mobilise toutes les voilées du quartier ", aurait menacé la récalcitrante. Dans les semaines qui suivent, elle organise des réunions, sollicite des attestations de ses anciennes collègues." Elle m'a demandé d'écrire que toutes les salariées de Baby Loup travaillaient avec le voile, explique Maya, femme de ménage, dans un témoignage adressé au tribunal.Je lui ai dit que ce n'était pas vrai, mais elle m'a répondu que même si ce n'était pas vrai, je devais l'écrire car, entre musulmans, il ne faut pas se trahir. "

Elle travaille les parents au corps, faisant courir sur la crèche et sa directrice des bruits de plus en plus déplaisants : non seulement elle n'aime pas l'islam, mais elle s'en met plein les poches. Au sein du personnel, elle parvient à créer une véritable scission. Les congés-maladie se succèdent, obligeant la crèche à refuser des enfants, à la grande colère des parents. Certains réclament que l'on serve de la viande halal, d'autres que l'on réveille les marmots pour la prière. Quelques-uns tentent de faire un putsch lors de l'assemblée générale de l'association, ouverte à tous. En vain, mais l'ambiance devient pesante.

Au conseil des prud'hommes de Poissy, que Fatima a contacté dès le début des hostilités, on lui a, dit-elle, suggéré de saisir la Halde. La dernière décision de Louis Schweitzer, en mars 2010, sera de lui donner raison au prétexte qu'on ne saurait, dans un espace privé," prévoir une interdiction générale et absolue à la liberté religieuse ". Pour la laïcité, vous repasserez. Pour les islamistes du quartier, c'est un triomphe. Les partenaires de Baby Loup, collectivités et organismes publics, semblent de plus en plus gênés aux entournures." Ne parle pas de l'islam et de la laïcité ", susurre-t-on à Natalia." Natalia est formidable, mais elle est fatiguée ", lâche Pierre Cardo, qui s'est cependant fendu d'un courrier de soutien adressé à la Halde. Plutôt que d'une affaire de voile, l'ancien maire préfère parler d'un conflit de personnes entre " une hyper-laïque et une femme qui instrumentalise la religion dans un conflit privé ".

Le 27 mai 2010, la municipalité organise une réunion avec tous les acteurs concernés pour évoquer les problèmes de Baby Loup. A en croire Aziz Bentaj, qui accompagne Natalia, elle tourne au procès stalinien." L'essentiel pour eux était de ne pas cristalliser l'affaire sur le fait religieux ", précise Bentaj. On lui reproche d'avoir monté cette affaire en épingle. Catherine Arenou s'indigne : " Je me démène pour assurer la pérennité financière de Baby Loup. " Curieusement, la thèse des institutionnels devient aussi celle de Fatima." Si Baby Loup va mal, c'est à cause de Natalia et de ses méthodes ", affirme-t-elle aujourd'hui. De l'islam et du voile il n'est presque plus question. On se demande alors ce que la Halde est venue faire dans cette galère.

Baroud d'honneur

Jeannette Bougrab, qui entre-temps a succédé à Louis Schweitzer, critique vertement sa décision sur Baby Loup." D'une façon générale, la Halde a fait prévaloir la liberté religieuse sur la laïcité, lâche-t-elle.Ce n'est pas ma conception. " Alors que la perspective de voir la Halde perdre son autonomie au sein du " défenseur des droits " se précise, Bougrab, qui doit faire face à une contestation interne, n'exclut pas de faire un baroud d'honneur sur l'affaire. Mais si, en octobre, les prud'hommes donnent raison à Fatima Afif, l'avenir de Baby Loup, qui pourrait perdre son agrément, sera sérieusement compromis. Or, bien que dépourvues de valeur contraignante, les décisions de la Halde exercent sur les tribunaux un effet d'intimidation.

Peut-on encore sauver Baby Loup ? Natalia semble en douter." Même si nous gagnons sur le plan judiciaire, la loi du quartier joue contre nous. " La dynamique de la calomnie et de la suspicion est lancée." C'est le problème de la société tout entière, s'enflamme-t-elle.Nous n'avons pas besoin d'argent, nous avons besoin de présence. Il faut que les Parisiens passent le périphérique. La République doit reconquérir le terrain abandonné aux islamistes. " Elle, qui a consacré vingt ans de sa vie à ce quartier, est devenue gênante. Pas de vagues, vous dit-on. Tant pis pour les enfants de Baby Loup. Tant pis pour les femmes de Chanteloup. Ce qu'on ne veut pas voir, il faut le taire. Jusqu'au jour où le réel sautera à la figure de tous."

 

 

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 09:50
- Publié dans : SOCIETE
Par Régis BOUSSIERES - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Bien qu’il ne soit resté que deux jours en Espagne, le Pape n’a pas été avare en déclarations ! Il a fait feu de tout bois contre la laïcité, le droit des femmes, l'IVG, le droit des homosexuels. Il entend bien reconquérir l'Europe, la rechristianiser, même si les peuples ne le veulent pas. Pour ce faire, en octobre dernier il a créé le Conseil Pontifical pour la Nouvelle Evangélisation.

A peine arrivé en terre d'Espagne - pays où le Vatican ne veut voir qu’une influence exclusivement catholique, mais qui est gouverné par un socialiste qui a fait des lois pour autoriser le mariage gay et pour élargir le cadre légal de l'avortement - le Pape, tel un croisé, n'a pas arrêté de condamner l'action du gouvernement espagnol et a appelé les catholiques à s'opposer à des lois votées démocratiquement.

Dès le premier jour, il fustige  la laïcité et l'athéisme : "le nom de Dieu doit de nouveau retentir joyeusement sous les cieux de l'Europe". A l’en croire, la religion y serait quasiment proscrite. Les croyants y sont-ils opprimés ? Y aurait-il un pays d’Europe où la pratique religieuse serait interdite ? Les médias ne parlent-ils pas des religions et des déplacements du Pape, d'une manière très complaisante d’ailleurs ? 

Puis B 13 ajoute : "c'est une tragédie qu'en Europe, surtout au 19èmesiècle, se soit affirmée et diffusée la conviction que Dieu est l'adversaire de l'homme et l'ennemi de sa liberté". Le problème, c'est que les prélats, représentants de Dieu, étaient du côté des riches et des nobles ainsi que des dictateurs, comme Primo de Rivera en Espagne. Cela se concrétisera par l'emprisonnement d'ouvriers et de paysans, ou même par le meurtre via des nervis financés par le patronat. Mais cela le Pape "l'oublie".

Quant au 20èmesiècle, le retour des calotins s'est concrétisé avec Franco, Salazar, Pétain, tous de bons croyants... aux mains couvertes du sang de ceux qu'ils ont massacrés. Alors, oui, Benoit, Dieu rime avec ennemi de la liberté.

Ratzinger affirme aussi que c'est une véritable "tragédie" qu'en Europe se développent les mouvements anticléricaux et athées. Une tragédie pour lui, c'est sûr. Pas pour les peuples qui ont conquis la liberté de conscience, le droit à l'expression, le droit de ne pas se marier, de divorcer, de prendre la pilule, ou de mettre un préservatif. Bien sûr il appelle à "une rencontre entre la foi et la laïcité, et pas à une confrontation". Très bien, mais tout dépend de lui. Qu'il fasse ses sermons et ses prières avec ses fidèles et qu'il laisse les affaires d'ici-bas aux autres ; qu'il arrête de s’immiscer dans des affaires politiques ou sociales qui ne le regardent pas et qu'il s'occupe de ses curés en détresse sexuelle, il y a du boulot. C'est aux personnes de choisir si elles veulent se marier ou non, avoir des enfants ou non. Ce n’est pas à l'Eglise de le faire, elle qui dit défendre la "famille", alors qu’aucun des membres du clergé ne sait de quoi il parle puisqu’ils ne sont censés ni vivre en couple, ni avoir d’enfants. Que l'Eglise s'occupe de théologie et qu’elle laisse vivre les personnes comme elles le désirent...

Le lendemain de son arrivée, le pape fustige l'avortement, mais aussi la contraception ainsi que l'euthanasie et la procréation assistée. Il faut "respecter la vie" dit-il. Il demande que "soit défendue comme sacrée et inviolable la vie des enfants depuis le moment de leur conception" et il ajoute que la mort doit "intervenir à son terme naturel". Si on suit cette logique, aucun curé ne doit se soigner, car les soins, ce n'est pas la nature, c'est même parfois tuer des virus ou des microbes (naturels et créés par Dieu) avec des médicaments chimiques (inventés par l'homme). C'est grâce aux progrès de la médecine que l'on vit plus âgé. La mort naturelle nous permettrait de vivre jusqu'à 60 ans maximum, comme il y a quelques siècles. Enfin le Pape dit que la nouvelle législation sur l'IVG est "insensée". Il rappelle ensuite qu'il faut défendre la vraie famille, celle qui est fondée sur "l'union entre un homme et une femme"… avec beaucoup d'enfants, bien sûr.  Il faut que l'homme et la femme "s'unissent par le mariage" car, c'est bien connu, si on ne se marie pas, ce n'est pas une union et on ne constitue pas une vraie famille...

Bref, le Pape nous a rappelé à tous qu'il n'aimait pas la liberté de conscience, qu'il n'aimait pas respecter les choix démocratiques des peuples. Il se place au-dessus, car il se prend pour le représentant de Dieu sur terre. Il n’aime ni les droits des femmes, ni la sexualité hors procréation, ni les homosexuels, ni l'union libre, ni les divorcés, ni les athées, ni les laïques... Bref, il n'aime pas grand monde : Franco et aussi Sarkozy qui a droit au multi-divorce, puisque c'est un riche.

Les commandements de l'Eglise ne s'appliquent qu'aux peuples. Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Voilà la morale de ces gens-là...

                                                                                                    Régis Boussières

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 10:22
- Publié dans : SOCIETE
Par Association des Libres Penseurs de France - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Les libres penseurs de l'ALPY et de l'ADLPF étaient présents et nombreux pour soutenir la crèche et sa directrice.

article

                                                   article paru dans le Courrier de Mantes

Interview d'Elisabeth Badinter

 

Cette philosophe, est marraine de la crèche Baby Loup. Elle estime que les croyances "doivent s’exprimer dans un espace privé et consenti".

 

 

"Pourquoi vous intéressez-vous à une crèche de Chanteloup-les- Vignes?
C’est un combat vraiment capital, aussi capital que celui que nous avons mené, en 1989, avec Régis Debray et quelques autres contre le port du foulard à l’école. Il a fallu quinze ans pour qu’en 2004 une loi soit votée interdisant le port de signes religieux dans les établissements scolaires. La République devrait-elle mettre un genou à terre dans les crèches? Les enfants de 0 à 6 ans n’ont-ils pas droit à la même neutralité que les plus grands?

Une intellectuelle de gauche qui passe le périphérique pour dispenser la bonne parole républicaine…
Défendre le principe de laïcité est certes plus confortable Rive gauche! Je pense néanmoins que le combat doit se mener à Chanteloup-les-Vignes, dans une des villes les plus démunies de France, où le taux de population immigrée est l’un des plus importants. Les musulmans, puisque ce sont principalement des musulmans qui vivent là, ne seraient pas aussi légitimes que les autres pour bénéficier d’une totale liberté de conscience? Pour l’instant, à Chanteloup, Natalia Baleato, la directrice de Baby loup, défend seule ce principe. J’ai été touchée par le fait que c’est une ancienne réfugiée politique chilienne qui se bat pour ces idéaux républicains. On aurait préféré qu’elle se taise, qu’elle laisse faire…

"Je ne remets pas en cause la probité intellectuelle de la Halde"

Pourtant la Halde, présidée par Louis Schweitzer, peu suspect d’accommodements avec la laïcité, a donné raison à la jeune femme désirant travailler voilée…
Je ne remets pas en cause la probité intellectuelle de la Halde et de son ancien président. Nous sommes face à un débat philosophique très important. La Halde se place dans une optique anglosaxonne différentialiste qui débouche sur une laïcité "ouverte", où toutes les croyances sont respectables et peuvent coexister, cohabiter dans l’espace public… Je pense, moi, qu’elles doivent s’exprimer dans un espace privé et consenti.

Les musulmans français ne vont-ils pas, une fois de plus, se sentir stigmatisés?
Je ne supporte plus ce terme. Depuis vingt ans, la gauche officielle se cache derrière pour pouvoir garder le silence et brocarder les "extrémistes laïcs". Je refuse de me laisser traiter d’islamophobe ou d’intolérante! C’est totalement faux. Mais je ne veux pas abandonner ce combat à l’extrême droite raciste. C’est l’avenir de notre société qui se joue à Chanteloup"

article du JDD.fr

 


Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 10:13
- Publié dans : SOCIETE

A.D.L.P.F.

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La séparation :Lithographie représentant Emile Combes tranchant le lien entre la République et le Vatican - Musée Jean Jaurès Castres

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