LAICITE

Par Roland BOSDEVEIX - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

        Sous couvert de la toute puissance divine, une fois de plus la liberté de conscience

                                est mise à mal par des intégristes de tous poils.

 

                              A Paris, au Théâtre de la Ville, ce sont les chrétiens qui s'opposent à une comédie.

Ici encore, c'est le siège de la rédaction de Charlie Hebdo 800px-Francois_Cavanna.jpgqui est incendié par leurs mains malveillantes. A quoi bon indiquer les motifs, nous les connaissons fort bien. Ils nous rappellent que ces "zouaves" n'ont aucune espèce de considération pour ceux qui ne pensent pas comme eux. Masqués, ils mettent en acte ce qu'ils préconisent, à savoir leur volonté de modeler les sociétés et les hommes à leurs diktats religieux. Ils ne sont pas prêts à respecter les laïques et, plus généralement, tous les esprits libres qui ne se reconnaissent pas, d'une façon ou d'une autre, dans aucune de leurs religions. Alors, doit-on ne rien dire, faut-il se taire, sinon se dissimuler pour ne pas subir la foudre terrorisante de tous ces pseudos vengeurs  ?

 

A ma connaissance et bien que certains s'évertuent à nous faire accroire comme des "laïques intégristes"– dénigrement complètement stupide – j'aimerais bien que l'on nous signale combien de "laïcards" – encore une définition cherchant à installer la déconsidération - ont commis des actes aussi minables, honteux et déshonorant que ceux précisés ci-dessus ? Malgré et à cause de ces événements, nous continuerons à dénoncer les religieux et leurs institutions responsables de souffrances, d'autodafés, de tueries et de guerres en tous genres. L'histoire et l'actualité nous les renvoient.

 

Saluons les artistes, saluons les journalistes, bref, saluons tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, sont les victimes de cette lèpre qui se revendique : "Au nom de Dieu", ou d'"Inch Allah".

                                                                                      Roland Bosdeveix

                                                                                 http://rebrousse-poil.over-blog.com/

Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 14:14
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Par Marc SIMON - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Communauté : libre pensée et laïcité
Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 11:45
- Publié dans : LAICITE
Par Martine BOSDEVEIX - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires

En introduction, avant de vous donner connaissance de cet article paru dans le Monde, je parodierai volontiers ce titre d"une pièce de théatre bien connue, en la modifiant par: "Vos gueules les corbeaux!"

daté du 19 octobre 2011
Le plaidoyer des représentants des cultes pour " une laïcité de bonne intelligence "
La rencontre s'est déroulée au Sénat, mais il n'a pas été question de politique. Pas de manière directe, en tout cas. Du ton policé qu'ils affectionnent en public, les responsables religieux ont toutefois remis quelques points sur les " i ".
Le premier colloque de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), organisé lundi 17 octobre, se voulait une réponse dépassionnée aux débats du printemps sur la laïcité et la place de l'islam voulus par le gouvernement. Dès mars, lors de leur première prise de parole collective, les responsables chrétiens, musulmans, juifs et bouddhistes avaient plaidé pour une " laïcité de bonne intelligence ", mettant les responsables politiques en garde contre " les risques de stigmatisation ". Lundi, dans le cadre d'un colloque intitulé " Vécu et promesses de la laïcité dans le cadre de la loi de 1905 ", ils ont martelé leurs convictions. Non, la loi de séparation des Eglises et de l'Etat n'est pas censée " séparer les Eglises de la société ". Non, " l'espace public ne relève pas de l'Etat " et les religions doivent avoir " le loisir de s'y exprimer ". Oui, " les religions sont une contribution à la vitalité sociale, un garde-fou utile contre la sécularisation extrême "" ll n'y a pas d'un côté les croyants et d'un autre les citoyens ou les républicains ", a rappelé Mgr Hippolyte Simon, pour les catholiques.
Les représentants des " nouvelles " religions présentes en France, bouddhisme et islam, ont dit tout le bien qu'ils pensaient de la " laïcité à la française ", à condition qu'elle demeure " libérale et bienveillante " ainsi qu'elle le fut, selon eux, ces dernières décennies ; il faut qu'elle intègre " la diversité ", a ajouté Carol Saba, pour les chrétiens orthodoxes.
Crispation
La laïcité doit aussi " respecter des pratiques qui peuvent étonner ", a souligné le grand rabbin Haïm Korsia, qui défend les aménagements d'horaires pour les étudiants juifs contraints de passer des examens durant le shabbat ou lors des fêtes religieuses.
Ce front commun des religions a certes été réactivé par les polémiques suscitées par certaines pratiques musulmanes. Mais toutes les confessions constatent une crispation de la société sur l'expression religieuse et l'instrumentalisation de la laïcité. " La laïcité de combat connaît des rechutes ", a jugé Anouar Kbibech, représentant du Conseil français du culte musulman (CFCM). " On est dans une période de tensions, pris en tenaille entre un laïcisme de combat et des intégrismes de réaction ", a indiqué le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France. Inquiets des effets collatéraux des débats suscités par l'islam sur leurs propres marges de manoeuvre, les catholiques ont même, ces derniers mois, fait passer des messages aux responsables politiques. Le retour, ou non, de ces questions dans la campagne présidentielle montrera s'ils ont été entendus.
Stéphanie Le Bars

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 09:24
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Par Association des Libres Penseurs de France - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

 

La liberté d'expression est la première des valeurs que l'on entend défendre. Trop souvent et de plus en plus, l'on condamne ou censure en interprétant à sa manière, en retournant le sens premier des mots ou des propos. C'est dans la diversité des opinions que l'on reconnait une véritable démocratie.

Les moteurs de recherche influencent-ils l'esprit humain à tel point qu'il ne marche plus que par association. La pensée unique restreindra-t-elle l'utilisation même de certains vocables. Il m'arrive d'utiliser le mot dieu, notion qui m'est totalement étrangère, cela autorise-t-il pour autant que l'on me catalogue comme déiste !

Didier CROS

Secrétaire général de l'ADLPF


"Un peu de kantisme dans notre société serait bienvenu"


Élisabeth Badinter

Élisabeth Badinter © Catherine Gugelmann / AFP

 

Voici  l'intégralité de l'interview d'Élisabeth Badinter par J.Schwarz pour Le Monde des religions le 28/09/2011. Nous laissons à nos lecteurs la liberté d'en bien comprendre le sens, conscients qu'ils n'auront  pas besoin d'explications de texte.


 

"Pour la philosophe Élisabeth Badinter, la fin des grandes idéologies du XXe siècle a fait place à un désarroi, à un vide de sens qu’il s’agit de combler pour contrer le retour en force du religieux et la tentation du fondamentalisme, et ainsi défendre la laïcité française.

Dans son dernier ouvrage, Chantal Delsol développe l’idée que nous sommes passés de l’âge de la déconstruction à l’âge du renoncement fataliste. L’athéisme est-il, selon vous, synonyme d’une forme de nihilisme ?

La fin de l’imperium de la loi religieuse serait pour moi un grand progrès de l’humanité. La religion est certes une grande consolation - les Norvégiens se sont retrouvés dans les églises après la tragédie du 22 juillet -, mais elle est trop souvent, à mes yeux, source d’intolérance, voire de guerre. Je suis de ceux qui pensent que ce sont les sionistes religieux qui, en Israël, empêchent en partie la paix, à l’instar des islamistes radicaux. Croire en Dieu doit rester une affaire intime, une pratique intériorisée. L’excès d’extériorisation du religieux, les rituels qui deviennent sacro-saints, le renfermement sur sa communauté à l’exclusion des autres groupes, est profondément contraire à mon universalisme, à ma philosophie avant tout fondée sur la conviction que nos ressemblances nous unissent. Sortir de cette soumission à la vérité religieuse reviendrait à sortir de l’enfance.

Malheureusement, je ne considère pas que les orthodoxies religieuses soient en perte de vitesse en Occident ou que nous revenions à une forme de sagesse antérieure au christianisme. Il n’y a pas de retour en arrière et je ne crois pas au temps cyclique. Nous assistons, au contraire, à un formidable retour en force du religieux depuis une vingtaine d’années, tant dans le judaïsme que dans l’islam.

Par exemple, depuis les années 1990, s’impose l’idée qu’un bon Juif doit absolument manger casher et les kippas jadis réservées au moment des prières se répandent de plus en plus dans l’espace public, au cas où l’on prononcerait le nom de Dieu chez son épicier ! Il en est de même chez un nombre grandissant de musulmans : manger halal, cacher les cheveux des femmes et les formes de leur corps. Si le catholicisme traditionnel est en perte de vitesse, on voit s’implanter très vite dans les banlieues de nouvelles formes réactionnaires de sectes chrétiennes telles les évangéliques qui nous viennent des États-Unis.

Je ne comprends pas ce besoin actuel d’exhiber une identité religieuse et de se définir par opposition aux autres qui deviennent des étrangers. Je retrouve ce même état d’esprit dans le combat féministe américain des années 1980 qui a largement gagné nos côtes et qui exalte de la même manière les différences homme-femme. De par leur puissance de reproduction, les femmes seraient détentrices de comportements et de valeurs différentes permettant d’équilibrer le monde viril fait de compétition, d’agression. Malheureusement, cette conception du monde qui nous réduit au biologique l’emporte aujourd’hui, et notamment au sein du Parti socialiste, au travers de la philosophie du « care », défendue par Martine Aubry.

La quête de la vérité a-t-elle, selon vous, disparu ?

Chantal Delsol a raison sur certains points mais pour ma part, je ne considère pas que nous ayons abandonné la quête de la vérité. La pulsion, le désir de vérité est sans fin. En ce sens, je me distingue radicalement du stoïcisme qui, soit dit en passant, a été très longtemps pour moi une philosophie de la consolation. Elle m’a aidée à répondre à une question obsédante : comment supporter la vie dans un camp de concentration ?
Pour en revenir à la vérité, si nous n’y avons pas renoncé, nous avons, en revanche, perdu le goût des grandes idéologies. Celles du XXe siècle nous ont vaccinés pour un petit moment ! Nous nous retrouvons, à présent, dans le vide. Cela me semble légitime et sain après ce que le communisme et le nazisme nous ont fait subir. Ce vide est l’effet d’une crise profonde et très déconcertante, mais aussi fructueuse. Nous rebattons les cartes. Je n’ignore pas que les nouvelles générations en souffrent, et c’est là, peut-être, un facteur de renforcement du religieux.

Est-il, selon vous, nécessaire de fonder une nouvelle éthique ?

Mon ambition reste que chacun puisse accéder à la responsabilité. Il paraît nécessaire, non de créer une nouvelle morale, mais de revenir aux fondements de la morale universelle. Un peu de kantisme serait bienvenu. Nous vivons, en parallèle à la fin des idéologies, une révolution technologique qui bouleverse nos rapports humains, notre façon d’accéder au savoir, les relations entre les individus, mais aussi une révolution des mœurs inouïe… Je perçois cela avec un enthousiasme très réconfortant. Quelque chose de neuf se construit, même si nous sommes débordés par la rapidité des changements, même si nous ne sommes pas encore capables de penser la globalisation et la mondialisation. Observez la pauvreté de notre pensée, au niveau mondial. Elle est sans génie. Notre littérature est pauvre et je suis frappée de voir à quel point ma génération post-soixante-huitarde est d’une médiocrité philosophique incroyable par rapport à celle de nos maîtres.

Mon regard d’historienne m’aide à prendre du recul : il existe de nombreuses périodes, dans l’histoire, de désert de talent et de pensée. Cela peut durer un demi-siècle ou plus. Le désarroi actuel est si profond que la tentation du retour à la pureté initiale, au fondamentalisme, est grande. Cette tentation de nous dire : « Nous nous sommes trompés, nous avons fait fausse route en nous fourvoyant dans le consumérisme, dans un monde d’artifices. Revenons aux éternels fondamentaux : Dieu et/ou la nature qui ne nous trompent pas… »

Dans votre dernier ouvrage, Le Conflit, la femme et la mère, vous évoquez un risque de retour au naturalisme…

Il y a une tentation de retour à des fondements de la sagesse humaine, mais pas au sens où l’entend Chantal Delsol. La société occidentale est scindée entre deux visions de l’homme. Il y a d’un côté cette tentation de retour à la nature, à ses fondements, et de l’autre, il y a ceux, comme moi, pour qui une rupture doit continuer d’exister entre l’homme et l’animal. Ces deux positions sont antithétiques.

Vous croyez donc au propre de l’homme.

Oui, s’il n’y a pas de propre de l’homme, alors nous devons nous soumettre aux lois naturelles avec tout ce que cela comporte d’injustice et de souffrance. En ce sens, une mère se doit d’allaiter son enfant comme n’importe quel mammifère. Notre condition d’être humain nous fait, selon moi, sortir de cet état de nature parce que nous avons un inconscient et des désirs différents. Nous restons certes des mammifères, mais nous pouvons, en raison de notre histoire et de notre inconscient, adopter des comportements radicalement distincts les uns des autres. Il n’existe donc pas une espèce humaine unifiée comme les autres espèces animales.

L’histoire, la culture, l’environnement sont des facteurs beaucoup plus puissants à mes yeux que le biologique. Je me définis comme cartésienne, mais sans la dimension extrême de René Descartes. Je ne comprends pas que l’on puisse donner la priorité à la biodiversité naturelle plutôt qu’à l’homme. Comment peut-on, par exemple, imposer des loups aux bergers et sacrifier l’homme et ses intérêts au respect de la biodiversité ? La nature évolue. Des espèces disparaissent, d’autres apparaissent. Rien n’est éternel. Je ne comprends pas le point de vue catastrophiste des vrais tenants du naturalisme. En ce qui me concerne, je mets l’homme au cœur de tout, mais pas à n’importe quel prix.

La libération de l’individu a-t-elle entraîné des effets pervers que vous déplorez ?
L’individualisme extrême, qui est trop souvent le nôtre, m’inquiète. Nous sommes passés en l’espace de quarante ans - soit de manière très brutale - d’un modèle à un autre, avec les excès que cela comporte. Je ne sens plus bien la volonté de vivre ensemble. Nous sommes vraiment dans le « chacun-pour-soi ». En conséquence, nous assistons à un mépris de la loi collective et démocratique qui me bouleverse. La pulsion est devenue toute-puissante comme un effet pervers de la reconnaissance très positive des désirs de l’individu. Aucune société ne peut survivre sans le respect de la loi. Cela renvoie à une forme de barbarie.

Malgré ces effets pervers, je ne regrette pas la révolution des mœurs. L’allongement de la durée de la vie n’est pas seulement dû aux progrès scientifiques, mais à cette évolution psychologique qui libère les êtres humains, hommes et femmes, du carcan des normes obligatoires. La reconnaissance, par exemple, grâce à la psychanalyse, puis au féminisme, de la bisexualité humaine - chacun d’entre nous étant un composé exceptionnel de féminité et de virilité - a été fort propice au fait que nous puissions aujourd’hui vivre plus longtemps.

Quels sont, selon vous, les combats à mener les prochaines années ?

En dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité... Au sein de la gauche, le combat a été complètement abandonné, si ce n’est par Manuel Vals. La gauche a laissé s’installer l’équation suivante : défense de la laïcité égal racisme. Cela est tragique. Je me bats aussi pour l’égalité des sexes, la gestation pour autrui, l’adoption par les couples homosexuels. Le retard de nos représentants sur ces questions est d’une part lié à la sacralisation de la nature et, d’autre part, à la vitesse des changements sociétaux.

 

En rajout, et cela nous rassure, cette précision définitive d'Élisabeth Badinter :


"Marine Le Pen n'est pas laïque. Elle a mis la main sur un mot, laïcité, mais elle reste étrangère au combat laïque. Sa laïcité à deux vitesses ne s'appliquerait qu'aux seuls musulmans.

Elle veut supprimer totalement l'islam et les musulmans de l'espace public. En réalité, elle habille et maquille les obsessions et les ostracismes traditionnels du FN avec un mot républicain. Je ne suis pas dupe, et je n'ai rien à voir avec ça, ni avec les fachos de Riposte laïque !"


Élisabeth Badinter

Philosophe et écrivaine, elle est l’auteure de Fausse route (Odile Jacob, 2003), de XY, de l’identité masculine (Odile Jacob, 2004), de Les Passions intellectuelles (3 tomes, Fayard, 2011) et de Le Conflit, la femme et la mère (Flammarion, 2010)."

Communauté : libre pensée et laïcité
Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 01:46
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Par Association des Libres Penseurs de France - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Cet article est le commentaire diffusé ce matin dans notre émission hebdomadaire "jour de lessive anticléricale" de 10 h 00 à 12 h 00 sur Radio Libertaire 89.4 Mhz.

 

Natalia Baleato a reçu vendredi soir le prix national de la laïcité. Cette reconnaissance, alors que celle-ci reste en attente du jugement en appel dans un procès qui l’oppose à l’une de ses employées.

Ce prix récompense 20 années de travail, mais il est aussi la reconnaissance de la légitimité d’un combat qui sonne malheureusement, ici tel une exception. Un paradoxe dans notre pays, berceau de la laïcité.

Ce prix permet d’attendre avec sérénité l’audience du 27 octobre car la voilà d’ores et déjà lavée des soupçons portées par la Halde, qui lui doit d’ailleurs son implosion.

Paradoxalement, ce procès aura contribué à sensibiliser l’essentiel des laïques, nourrit de nombreuses réflexions et permis une prise de conscience de l’état de notre société. La crèche Baby-loup, véritable laboratoire, constitue un outil de cohésion sociale que l’on souhaite aujourd’hui voir se généraliser plus systématiquement.

Au lieu d’abandonner les territoires, comme se fut la règle pour la majeure partie des structures d’accueil, celle-ci, de par son engagement a su sans arrêt se remettre en question et s’adapter aux contraintes socio-professionnelles de plus en plus lourdes.

Plus de 400 personnes étaient donc assemblées dans les salons de l’hôtel de ville de Paris.

Détailler ici l’ensemble des discours serait les dénaturer. De sensibilité diverse, chaque intervenant manifestait un plaisir unanime à cette laïcité recouvrée.

Le pessimisme apparent de Pierre Bergé n’était cependant que l’amer constat, malgré des années de lutte de ce combattant de la première heure, d’une laïcité affaiblie à force d’immobilisme. Il revenait à l’un de nos pairs de l’exprimer. Le timbre profond et sans faille témoignait de la vigueur d’un militant bien actuel.

Tour a tour se sont exprimés Anne Hidalgo, première adjointe de la ville de Paris, Patrick Kessel, président du comité laïcité république, Alain Seksig, Élisabeth Badinter, Pierre Bergé et Odile Saugues, députée du puy de dôme et présidente du jury 2011.

Un trait d’union à toutes ces interventions fut de souligner l’intervention essentielle de Manuel Valls sans qui, et ce malgré la mobilisation pourtant massive des associations et personnalités présentes, n’auraient probablement jamais abouti. Un coup de chapeau unanime à l’action citoyenne, née de l’indignation de cet élu, le seul à prendre cette position à l’opposé de l’ensemble de la classe politique. Marquer cette initiative démontre ainsi que l’affaiblissement de la laïcité tient essentiellement en sa défense, et c’est le rôle que les élus, pourtant garant de la constitution, ont dans leur grande majorité abandonné. 

Le prix national a donc été attribué à Natalia Baleato,

Directrice de la crèche Baby Loup, pour son action courageuse en faveur de la laïcité au quotidien. Le jury, au-delà des mérites personnels de Mme Baleato a voulu adresser un signal fort pour soutenir son combat, alors que l’affaire sera jugée le 24 septembre prochain devant le Tribunal de Versailles.

Le prix international a été attribué à Nadia El Fani,

Réalisatrice franco-tunisienne, dont le film « Laïcité Inch Allah ! », réalisé avant et au cœur de la révolution de jasmin, témoigne d’un engagement en faveur d’une Tunisie démocratique et laïque. Le jury a souhaité adresser un message de solidarité au peuple tunisien et à travers lui, à tous les peuples arabes qui aspirent à la démocratie, à liberté de conscience, à l’égalité des droits, en particulier entre hommes et femmes et à la justice sociale.

Ces deux prix, remis ce jour sont un instantané de notre planète en même temps qu’un trait d’union. Il démontre l’évidente association entre laïcité et mondialisation.

Lors que, au pays des droits de l’homme, elle s’affaisse sous l’éteignoir d’un gouvernement réactionnaire, elle vibre d’un nouvel élan chez nos voisins en lutte. 

À l’instar de toute révolution, le peuple aura toujours pour premier acte de s’émanciper de tout pouvoir, qu’il soit politique ou religieux et malheureusement, le plus souvent tous deux inextricables.

Nous ne dirons jamais assez combien la trahison à ces valeurs du gouvernement Sarkozy aura été néfaste, tant pour la France que pour l’Europe dont la vocation était justement de porter haut et fort les valeurs laïques afin qu’elles rayonnent auprès de ceux qui subissent encore le joug des religions, et non d'hypothétiques racines chrétiennes (n'en déplaise au sus-nommé). 

Le film «laïcité Inch’allah» réalisé par Nadia El Fani a cette force et ce courage.

Il montre ce peuple en ébullition, ces questionnements, au cœur desquels revient sans cesse le souhait de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

Laïcards* de tous poils, donc, assemblés ce vendredi auront au moins donné ce signe fort, témoin de notre solidarité. Une poignée de main traduite par la remise de ces deux prix.
Et ce n’est pas un hasard, comme le relevait Élisabeth Badinter, que ce soit justement deux femmes qui soient ici reconnues dans leur combat.

Comment dissocier laïcité et droit des femmes dans toute recherche d’émancipation.

Trois mots, trois concepts qui provoqueront toujours la colère des intégristes de toutes les religions, sous toutes latitudes.

 

Didier CROS

Secrétaire général de l’ADLPF

 

*Laïcards : Étiquette à connotation péjorative largement diffusée par les intégristes de tous bords pour désigner les ardents défenseurs de la Laïcité. Élisabeth Badinter dans son discours a revendiqué fièrement cette étiquette, et l’ensemble des personnes présentes, se sentant concernées, l’endossent aussi fièrement.

Communauté : libre pensée et laïcité
Dimanche 2 octobre 2011 7 02 /10 /Oct /2011 21:06
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Par envoyé par Didier CROS - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Concernant le :                        TEXTE ADOPTÉ n° 672
                                                            « Petite loi »

                                              ASSEMBLÉE NATIONALE
                                       CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
                                                  TREIZIÈME LÉGISLATURE
                                          SESSION ORDINAIRE DE 2010-2011
                                                          31 mai 2011
                                                      

Il est remis en cause par les défenseurs de la loi de 1905, en évoquant une "conception d’une laïcité équilibrée et de la défense de la liberté religieuse".

Encore une fois, cette conception de la laïcité ouvre la porte à la liberté religieuse  et se qualifie d'un terme qui la modifie. Les libres penseurs refusent tout adjectif qui pourrait modifier le principe même de laïcité.

                                                Document en PDF [...ici...]

 


La HALDE: Délibération du 28 mars 2011 .................Document en PDF [.....ici.....]


Avis du Haut Conseil à l'intégration

EXPRESSION RELIGIEUSE ET LAÏCITE DANS L'ENTREPRISE .......[....ici....]

 

2011-09-07-Le HCI prône une extension du principe de laïc 2011-09-07-Le HCI prône une extension du principe de laïc         

 

Article d'Elizabeth Lévy dans Causeur.fr [....ici...]             

Communauté : libre pensée et laïcité
Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 13:48
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Par envoyé par Didier CROS - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Communiqué du Comité Laïcité République [........ici.......]

Natalia Baleato et Nadia El Fani, Prix de la Laïcité 2011 (29 juin 11) - 29 juin

Natalia BALEATO, directrice de la crèche Baby-Loup
et Nadia EL FANI, réalisatrice franco-tunisienne,

Lauréates du prix 2011 de la Laïcité

Le nom des lauréats du Prix de la Laïcité 2011, a été annoncé, mercredi 29 juin, à l’occasion d’une conférence de presse à l’Assemblée Nationale par Présidente du jury, Odile Saugues, Député du Puy de Dôme, Pierre Bergé, au nom des fondateurs et Patrick Kessel, président du Comité Laïcité République.

Le Prix national a été décerné à Natalia Baleato, directrice de la crèche Baby Loup pour son action courageuse en faveur de la laïcité au quotidien. Le jury, au-delà des mérites personnels de Mme Baleato a voulu adresser un signal fort pour soutenir son combat, alors que l’affaire sera jugée le 24 septembre prochain devant le Tribunal de Versailles.

Le prix international a été décerné à Nadia El Fani, réalisatrice franco-tunisienne, dont le film, réalisé avant et au cœur de la révolution de jasmin, témoigne d’un engagement en faveur d’une Tunisie démocratique et laïque. Le jury a souhaité adresser un message de solidarité au peuple tunisien et à travers lui, à tous les peuples arabes qui aspirent à la démocratie, à liberté de conscience, à l’égalité des droits, en particulier entre hommes et femmes et à la justice sociale.

Les prix seront remis officiellement par MME ANNE HIDALGO, Premier Maire adjoint, en septembre, en l’Hôtel de Ville de Paris

Communauté : libre pensée et laïcité
Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 09:04
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Par Association des Libres Penseurs de France - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

La crèche Baby-loup de Chanteloup-les-Vignes, que nous soutenons sera demain devant les tribunaux pour le procès en appel du jugement de Mantes-la-Jolie. Procès ou  l'accusation fut déboutée. Notre présence massive lors de ce premier procès fut un soutien et un réconfort pour La directrice ainsi que pour toute son équipe et le comité des parents. nous serons bien sur présents à Versailles. Ce lundi marquera sans doute un tournant dans l'histoire de la laïcité. Mais bien sur et avant tout dans l'histoire de cette crèche exemplaire qui essaimera bientôt au-delà de nos frontières.

DC

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ASSOCIATION BABY LOUP

5 septembre 2011


Le débat sur la neutralité confessionnelle et le non port du voile qui avait opposé une ex-salariée à son employeur, une crèche associative (Babyloup), s’ouvre à nouveau le 12 septembre prochain, suite à l’appel de la décision prud’homale du Tribunal de Mantes La Jolie, du 13 décembre dernier. En ré ouvrant ce débat, c’est le sort de l’ensemble des associations parapubliques, œuvrant au cœur des quartiers sensibles et confrontées à l’entrisme religieux qui se joue. Ce sont également les contours de la laïcité, principe garantie par notre constitution, qui seront définis par la 11ème chambre sociale de la cour d’appel de Versailles. Si raison est donnée à la crèche Babyloup, et par là même, à sa volonté de respecter les modes de vie de chacun, sans distinction confessionnelle, culturelle, sociale ou politique, alors une jurisprudence verra le jour permettant au principe de la laïcité, dans ce type d’espace, d’être un droit fondamental vécu par tous. C’est aussi un débat de Société sensible qui sera tranché et auquel sont confrontées de nombreuses entreprises privées. Le 12 septembre à 14 h, auprès de la 11ème chambre sociale de la cour d’appel de Versailles, les femmes et enfants qui composent la crèche BABYLOUP souhaitent que les principes justes qu’ils véhiculent et défendent soient tout simplement reconnus et qu’une jurisprudence essentielle soit établie.

 

Le conseil d'administration,

sa présidente,

l'équipe opérationnelle,

la directrice et le comité des parents.

Communauté : libre pensée et laïcité
Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 07:31
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Par Régis BOUSSIERES - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

                              Quand Delanoë fait la fête du ramadan, il y’a de l’argent !

La Mairie de Paris a organisé une soirée de fête de rupture du jeûne du ramadan le mercredi 24 août. Cette soirée a coûté aux contribuables parisiens (qu’ils soient musulmans ou pas) 29 748,89€ pour le buffet et 69 651,50 € pour le concert. C’est, sans doute, ce que l’on appelle prioriser les dépenses publiques à la Mairie de Paris !

En tous les cas, crise ou pas, déficit ou pas, pour les subventions publiques pour des manifestations cultuelles ou les fêtes de copinages avec telle ou telle communauté religieuse (arrosées par l’argent public) il a toujours des gros moyens financiers… Ca tient du MIRACLE !

 

                            Bien évidemment, il ne faut pas y voir là une façon de faire du racolage pour avoir les voix de tel ou tel électeurs quitte à s'asseoir sur le principe de la laïcité. Un petit tour à la gay-pride, une petite subvention pour les crèches juives, une petite rupture du jeûne pour le ramadan, ça peut rapporter des voix non pas du seigneur ou d'Allah mais des électeurs… Et puis, comme tout politicard, rompu à la langue de bois, le Maire de Paris ose affirmer que cette rupture n’a rien à voir avec une « manifestation cultuelle ». Il ajoute que la date du 24 août « ne correspond à aucune fête religieuse musulmane », que l’événement n’est pas de « caractère rituel », « il n’y a aucune prière ou prêche religieux », il ne manquerait plus que ça ! Ben voyons, comme s’il suffisait qu’il n’ait pas de prières pour que cela n’ait pas de caractère religieux ! Pas de date fixe ? Et pour cause, chaque année le ramadan (en fonction du calendrier lunaire) ne se fait pas à la même date. En conséquence, la date de la rupture du jeûne varie… en plus de dépenser nos impôts n’importe comment, Delanoë nous prend pour des imbéciles.

                           La rupture du jeûne du ramadan n’aurait donc, aucun caractère religieux ? Elle est bien bonne. Le jeûne du ramadan fait parti des cinq piliers de l’Islam, il s’agit d’un dogme religieux ou le croyant entre en pénitence en éprouvant sa foi et se tourne vers Allah. Je préférais que Delanoë assume vraiment ses actes en disant qu’il s’en contre fiche de la laïcité et qu’il donne des subventions aux communautés religieuses afin d’avoir plus de voix, c’est ça la « real politique ». Il est inadmissible qu’un Maire organise une telle cérémonie religieuse, appelé « fête » pour faire passer la pilule. Les Maires, comme les autres élus n’ont pas à reconnaitre une ou des religions, la rupture du jeûne du ramadan doit se faire dans les mosquées ou dans des lieux privés, mais pas dans des lieux publics, en présence d’élus et avec des subventions publiques.

                            Et les autres ?

Suite à cette atteinte très grave à la laïcité, j’ai reçu dans ma boite mail, une pétition (via le site mes opinions) qui a recueilli déjà 7691 signataires. Elle émane de l’Abbé Guy Pagès et elle a pour titre « la Mairie de Paris doit payer une fête pour la fin du carême ». Cette pétition est adressée au Maire de Paris:

                          « Vous avez défendu auprès de M. le Préfet d’Ile de France la fête de rupture du jeûne du ramadan organisée par vos soins le 24 août en lui disant qu’elle n’était « pas une manifestation cultuelle (…) » Eh bien, au nom du principe de l’égalité républicaine, je suis heureux de vous demander en tant que citoyen, la tenue par vos soins d’une semblable fête dans la semaine du 9 au 14 avril prochain pour fêter la fin du carême. Vous pourrez pareillement alors vous défendre «de fêter ce qui n’est pas une manifestation cultuelle (…)». Confiant que vous saurez allouer une somme équivalente à celle que vous avez su débourser pour fêter la fin du ramadan, promouvoir cet événement par une soirée télévisée au même titre que le programme « la nuit du ramadan » diffusé le 24 août 2011 sur France 2, et vous n’oublierez plus désormais de souhaiter un joyeux carême aux Parisiens sur les panneaux de leur ville comme vous le faites pour leur souhaiter un joyeux ramadan."

                       Rien d’étonnant à ce que d’autres religions demandent les mêmes faveurs… Alors, après le ramadan pour les musulmans, le carême pour les catholiques, et à qui le tour ? Aux mormons ? Aux témoins de Jehova ? Ou les Krishna ? Les Scientologues, les Eglises évangéliques… Ils ont bien le droit à une petite fête eux aussi, au nom de l’égalité républicaine et de la laïcité ouverte version Delanoë…

                                                                                                      Régis Boussières

Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 10:30
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Par Association des Libres Penseurs de France - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

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Communauté : libre pensée et laïcité
Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 14:26
- Publié dans : LAICITE
Par Régis BOUSSIERES - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires

Il n’y a pas à dire, la population est matraquée par les médias, par un flot continuel concernant les informations à caractère religieux. Bien sûr, sur un ton très bienveillant. Ainsi, nous avons eu droit au Ramadan, puis aux conférences du Dalaï-Lama . Mais la championne toute catégorie reste l’Église Catholique avec les JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) qui ont eu lieu en Espagne. Tous les jours les journaux nous vantent le « un million de pèlerins » venu pour rencontrer le Pape. ! La Télévision n’est pas en reste, TF1, France 2, BFM TV, nous en parle plusieurs fois par jour, au cas où nous ne serions pas au courant de l’événement!

                  Heureusement, les laïques espagnols ont su donner de la voix et se sont pris de sacrés coups de matraques… Ils ont manifesté, à juste titre, contre les positions du Pape concernant le divorce, l’IVG, la contraception, l’homosexualité… Mais aussi contre le financement indirect de ces JMJ, par les impôts de tous les espagnols, quelques soit leurs croyances. En effet, les JMJ, supposent un encadrement policier, du personnel médical, du personnel pour nettoyer la ville après les JMJ, cela représenterait plusieurs millions d’euros (100 millions d’après les laïques) dans un pays au bord du gouffre grâce au FMI, cette dépense ne peut que choquer. Les militants laïques ont bien raison de réclamer un état laïque (car l’Espagne n’est pas un État laïque) et d’affirmer que c’est à l’Église et à ses fidèles de financer entièrement le déplacement papal. Face à ses atteintes graves à la laïcité et la reconnaissance d’un communautarisme religieux, j’ai attendu en vain la voix de la championne de la République et de la laïcité, celle qui veut inscrire dans la Constitution que l’État ne reconnait pas le communautarisme… Elle est tellement alerte sur tous ces sujets comme quand elle a dénoncé (à juste titre) l’occupation illégale des rues à Paris par des musulmans, ou quand elle dénonce le financement par des fonds publics pour la construction de mosquée. Sûr que face à l’occupation (certes autorisée) de tout Madrid pendant plusieurs jours, la sur-médiatisation de l’événement et le financement public de cette messe religieuse, la super républicaine et laïque, Marine Le Pen allait protester fermement…

Hé bien, rien, au contraire même. Ainsi le journal Présent, proche du Front National dénonce les « laïcistes » qui manifestent contre le gentil papa panzer… Quant au Front National lui-même c’est le même son de cloches. Ainsi sur le site du Front National 76 nous avons droit à un bel article élogieux ayant pour titre « le Pape acclamé à son arrivée à Madrid » avec une belle photo du Pape accueilli par le roi d’Espagne « appuyé sur une béquille » rajoute le texte, pauvre petit roi !

Nous voilà bien loin de la République laïque que prétend défendre Marine Le Pen ! Certes l’article évoque la manifestation des laïques sans prendre position, ce qui n’aurait pas été le cas si c’était un imam qui était reçu ainsi par l’Espagne… Pour aller plus loin le site propose même une carte des temps forts des JMJ, au cas où des militants Front National seraient à Madrid, mais ce serait pure coïncidence…

Dis Marine, c’est quoi la laïcité ?

Pour répondre à cette question, il faut aller sur le site chrétienté.info, car c’est là que Marine parle de sa vision de la laïcité ! Hé, oui chez les catholiques tous des laïques, c’est bien connu… Bien sûr le journaliste catholique, Michel Janva, cite une phrase du cardinal Vingt-Trois pour introduire l’article intitulé « la laïcité selon Marine Le Pen », c’est bien connu rien de tel qu’un cardinal comme référence laïque !

Donc, le cardinal de la laïcité dit « la place du christianisme dans la tradition française n’est pas la même que celle du bouddhisme ou de l’islam (…) La manière de traiter les religions doit tenir compte de leur apport historique (en effet superbe apport : l’inquisition, les guerres de religions, le massacre des cathares…) et culturel ». En bref, le cardinal demande à l’État un régime de faveur par rapport aux autres religions (ce qui est, hélas déjà le cas). Nous voilà bien loin de la laïcité qui exige une séparation de l’État et des Églises. Marine est pourtant d’accord avec le cardinal : « c’est une évidence  nous devons à l’héritage chrétien de l’Europe notre conception de l’homme qui lui reconnait, avec le caractère sacré de la vie, une existence comme être unique doté de raison(…).C’est cet ancestral héritage judéo-helleno-chrétien laïcisé par le siècle des lumières qui fonde les valeurs de la république Française ». Bref, Marine mélange tout et voudrait nous faire croire comme certains historiens que le catholicisme a permis le siècle des lumières et la République. Alors qu’il y a eu plusieurs ruptures violentes. On a coupé la tête du Roi donc à l’Église car il était de droit divin pour imposer la République, d’ailleurs le chouan catholique de Villers pourrait le confirmer à Marine… Les philosophes des Lumières ont eu leurs livres interdits par la pression du clergé et certains ont du vivre en exil pour ne pas être jeté au cachot… Quant à 1905 et la loi de séparation de l’Église et de l’État, l’Église ne l’a pas digéré contrairement à ce que prétend Madame Le Pen, le cardinal vingt-trois le démontre très bien dans sa déclaration. D’après Marine Le Pen, même les catholiques traditionalistes ont accepté la laïcité « ceux-ci ont parfaitement admis le concept de laïcité. Ils ne s’approprient pas la voie publique », remarquons que, si par laïcité, on entend la vision de Marine, il y a de quoi être en accord pour les traditionalistes car Marine Le Pen tente de les rassurer en disant « j’ai plaidé pour que les racines chrétiennes de la France soient inscrites dans la Constitution européenne. Elles fondent les principes de la République française : « Liberté, Égalité, Fraternité », concepts qui ne sont pas partagés par d’autres religions ».

Nous y voilà, il y a la bonne religion (catholique, celle de Marine Le Pen et des français de  « souche ») qui serait laïques et les autres qui viennent de l’étranger… Rappelons que si on en reste aux racines et aux traditions, alors la société n’évolue plus, la Renaissance, les Lumières ont bousculé justement les traditions et les racines du terroir pour parler de la République et de Droit Universel (qui va au delà du clocher). Puis, Chrétienté info interroge Marine Le Pen sur le financement de l’école privée (catholique en très grande majorité) par les fonds publics, que va dire notre grande Républicaine Laïque ? Suspense… « Les écoles sous contrat ont un accord avec l’État (accord anti laïque). Je vous rappelle que l’ensemble des parents qui sont contribuables ont la possibilité de choisir, sous cette réserve, l’école qu’ils veulent pour leurs enfants. Ceci me parait juste ». Bref, le financement de l’école privée catholique avec les impôts de tous est normal, une vision très laïque assurément ! Est-ce que que Marine Le Pen aura la même attitude quand les musulmans voudront avoir leurs écoles financées par les fonds publics ? Bien sûr que non, car cette religion ne fait pas parti de notre patrimoine récent, mais dans un siècle ou deux, qu’en sera-t-il ? A partir de quand on rentre dans le patrimoine ?

La laïcité pour les autres religions pas pour la mienne.

En résumé Marine Le Pen est pour une laïcité qui favorise une religion « ancestrale »et qui représente « notre culture » au détriment des autres plus « récentes » et étrangères. Bref, Marine Le Pen, reprend avec des mots un peu différents les vieux discours de l’extrême droite. D’ailleurs, elle évoque la laïcité par rapport au financement public des mosquées par l’intermédiaire des communes entre autres ; les spécificités alimentaires imposées dans les cantines ; les prières sur la voie publique ». On voit là, qu’une seule religion est visée (comme sur le site Riposte Laïque qui n’a pas parlé des JMJ et qui estime par la bouche de Pierre Cassen que Marine Le Pen est la seule à être laïque), dès lors il sera facile aux islamistes de se dire stigmatisés et d’être victime d’islamophobie… Bref, la laïcité du Front National au pouvoir, c’est une religion d’État et dans l’opposition un soutien indirect aux islamistes qui peuvent hurler à l’injustice et au racisme anti musulman. Dans ce triste constat, c’est à nous, associations (réellement) laïques à dénoncer tous les intégrismes, tous les cléricalismes, tous les fanatismes. Certes, les prières de rue sont inacceptables, mais le financement des écoles catholiques par les fonds publics ou les cérémonies religieuses (catholiques pour la plus part) en présence de nos élus sont tout autant inadmissibles.

                                                                                                        Régis Boussières

Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 08:29
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Par Denis PELLETIER - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Communiqué de Jean-Michel Baylet, président du Parti Radical de Gauche, candidat à la primaire citoyenne, mercredi 20 juillet 2011. [...lien...]

Le Conseil d’État ouvre des brèches dans la loi de 1905

Le Parti Radical de Gauche est très inquiet des brèches ouvertes dans la loi de 1905 par

les décisions rendues mardi par le Conseil d’État. La plus haute juridiction

administrative avait déjà rendu un avis très contestable sur la possibilité d'interdire le

port du voile intégral, désormais elle pose les fondements d'une jurisprudence qui vide

la loi de Séparation des Églises et de l’État de sa substance.

 

Le principe de "l'intérêt public local", les prétextes des "nouveaux cultes" et de

l'affirmation des "collectivités locales" servent d'alibi pour donner aux collectivités

locales la possibilité de contourner librement la loi de 1905 en habillant leurs

délibérations de motifs opportuns. Candidat à la primaire citoyenne je condamne

fermement ces décisions et j'escompte que la Gauche prennent des mesures en 2012 si

elle revient au pouvoir pour réaffirmer tous les principes républicains.

 

Manifestement, l'idée de "laïcité ouverte" véhiculée par le Chef de l’État depuis son

élection a fait son chemin dans l'esprit des plus hautes autorités de l’État et ce sont des

pans entiers de notre identité républicaine qui sont remise en cause par le patient travail

de sape mené par l'UMP.

 

************************************

Ferdinand Buisson : " la laïcité est le droit et le devoir de parler haut et ferme au nom de la raison "

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 18:20
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Par Association des Libres Penseurs de France - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Denis Pelletier, président de l'ADLPF                                                                       Damville, le 24 juillet 2011

36, rue de Verdun 27240 Damville

0232269461 / 0640383865

denispelletier@laposte.net

 

Communiqué

 

Le Conseil d’État bafoue la séparation des Églises et de l’État

 

Les décisions rendues le 19 juillet 2011 par le Conseil d’État ne peuvent que révolter les Libres Penseurs et tous les véritables défenseurs de la laïcité. Elles vident de sa substance la loi de Séparation des Églises et de l’État. Contrairement à ce qui a été exprimé en présentation de ces décisions, la loi de 1905 qui fonde la laïcité institutionnelle est bel et bien « enrayée ».

 

Pour les cinq affaires, présentées ensemble, où le Conseil d’État s’est prononcé, les jugements des deux premières instances administratives (Tribunal Administratif et Tribunal Administratif d’Appel) ont été infirmés et on donne donc raison aux collectivités locales qui bafouent la loi de séparation des Églises et de l’État en utilisant des fonds publics pour des réalisations bénéficiant soit à l’Église catholique à Lyon ( ascenseur de la basilique de Fourvière) et à Trélazé (orgue de l’église), soit au culte musulman à Montpellier (salle polyvalente à usage cultuel), au Mans (abattoir rituel) et à Montreuil-sous-Bois (bail emphytéotique pour la mosquée à un euro par an).

 

Pour justifier ces décisions iniques qui ouvrent des brèches où s’engouffreront tous les arrangements clientélistes, est invoqué soit un « intérêt public local », soit un aspect culturel, soit un équilibre à rétablir en faveur d’une religion, soit encore une nécessité hygiénique. Autrement dit, tous les motifs sont recevables pour ne pas respecter la loi de 1905. Celle-ci dispose que « l’Etat ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». C’est donc la neutralité qui devrait s’imposer et non la reconnaissance officielle des diverses religions. Or, dans ces décisions, le seul argument que l’on ne retient pas, le seul principe que l’on méconnaît est précisément celui qui fonde la laïcité de nos institutions. Il n’a pesé d’aucun poids face à tous les arguments d’opportunité. Tout cela évoque les « accommodements raisonnables » auxquels le Québec a cru devoir recourir et qui s’avèrent ingérables en raison des dérives et replis communautaristes qu’ils ont engendrés.

 

L’Association Des Libres Penseurs de France (A.D.L.P.F., section de l’Union Mondiale des Libres Penseurs) fustige tous les tenants d’une « laïcité ouverte » - négation de la laïcité tout court – qui ne voient dans ces décisions qu’un « assouplissement », un « adoucissement », une « modernisation » ou encore un « dépoussiérage » de la loi de Séparation des Églises et de l’État. Elle joint sa protestation à celles déjà élevées, notamment par le Parti Radical de Gauche et par l’Observatoire International de la Laïcité Contre les Dérives Communautaires. Elle appelle les laïques à se mobiliser et à tout mettre en œuvre pour que ces décisions ne puissent pas faire jurisprudence.

Communauté : libre pensée et laïcité
Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 11:30
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Par envoyé par Patrice DECORTE - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Constantin et Théodose

L’épée spirituelle et l’épée temporelle

L’idée de laïcité s’est forgée à partir d’une réalité marquante dans tout l’Occident : la collusion du politique et du religieux. Collusion qui se manifeste dès Constantin et Théodose à Rome, lorsqu’on décide que le christianisme sera l’unique religion d’empire et que, notamment après Théodose, au IVe siècle après J.C., on détruit toutes les bibliothèques de l’Antiquité. Une époque terrible où va se forger le thème des deux glaives. L’épée spirituelle et l’épée temporelle. Celle de l’excommunication, on exclut quelqu’un parce qu’il n’est pas dans la ligne. Celle de la sanction physique qui tue. L’Église va se doter d’une orthodoxie en dehors de laquelle il n’y a qu’hérésie, c'est-à-dire dissidence. L’hérésie arienne est la première réprimée, dès le IVe siècle : elle niait la divinité du Christ, considérant qu’il était un prophète, un homme inspiré par Dieu, et non pas Dieu lui-même incarné. Or l’Église interdit qu’on nie l’incarnation, qui distingue notamment le christianisme du judaïsme (Moïse n’est que prophète, il n’est pas Dieu incarné). L’autre grande hérésie est celle des Cathares, au XIIesiècle, également violemment réprimée : ils étaient accusés d’être des adorateurs du diable. Rappelez-vous l’ordre du légat du pape : "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens."

Cette collusion va durer en gros quinze siècles, de la fin du IIIesiècle à la Révolution française. Quinze siècles d’extrême violence, liée au fait que la foi dicte la loi. Cela se traduit par la production d’une normativité religieuse dans les relations personnelles, la sexualité, la conception de la famille, les rapports entre l’homme et la femme. Les trois monothéismes ont toujours consacré la domination de l’homme sur la femme, sans doute parce qu’on vivait dans des sociétés patriarcales, et tout religieux qu’ils étaient, ils avaient tendance à sacraliser les préjugés d’une époque. Quand Dieu de la Bible dit à Ève :"Tes désirs te porteront vers ton mari et lui dominera sur toi", évidemment un croyant d’aujourd’hui peut se demander si c’est Dieu qui dit ça ou si ce sont les hommes qui attribuent leurs préjugés à Dieu.

Luther et Henri IV

"Paris vaut bien une messe "

Huit guerres de religion en France après l’émergence du protestantisme et la critique des indulgences par Luther en 1517 vont conduire un roi, Henri IV, ancien protestant, à se convertir en 1593 au catholicisme par raison d’État et non par conviction. "Paris vaut bien une messe", aurait-il dit. Le summum de l’horreur est antérieur : le massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572, ordonné par Charles IX et les Guise fanatiques, fait 3 500 morts à Paris (autant que les victimes des Twin Towers à New York).

L’acte d’Henri IV est une ouverture fondamentale : le roi se demande si une religion est indispensable pour qu’il y ait unité du royaume. Henri IV veut mettre un terme aux guerres de religion, et dans le sillage de Michel de L’Hospital, grand humaniste de l’époque, il rédige l’édit de Nantes. Un édit de tolérance, au sens où le roi, catholique, tolère, c’est-à-dire supporte - tolerareen latin signifie "supporter"- que certains de ses sujets soient protestants, qu’ils appartiennent à la religion qu’on appelait alors RPR (religion prétendue réformée). Cette tolérance institutionnelle implique cependant une inégalité. Les protestants ne tiennent pas leur liberté de culte de leur dignité d’homme qui doit être libre, ce que dira plus tard la Révolution française, ils la tiennent d’une autorisation donnée par le prince.

Louis XIV

«Un roi, une loi, une foi»

La preuve qu’il s’agit bien d’une tolérance arrive un siècle plus tard quand Louis XIV révoque l’édit de Nantes. Dans l’édit de Fontainebleau en 1685, il réinstaure une domination totalitaire du catholicisme, adoptant d’ailleurs une maxime éloquente :"Un roi, une loi, une foi."Les persécutions contre les protestants reprennent. Dans son livre d’histoire, le Siècle de Louis XIV, Voltaire y voit la plus grande faute du règne du roi Soleil. Faute économique, car les protestants, pour des raisons théologiques, jouent un rôle déterminant dans l’économie ; faute humaine ; faute sociale (on assiste à un énorme exode des protestants vers le nord-est de l’Europe) qui implique un bouleversement de l’économie française.

Les libres penseurs et les Lumières

S’agissant des Lumières, on quitte le champ institutionnel pour la philosophie. Or, la philosophie en matière de laïcité remonte loin, puisque l’existence de Dieu est discutée depuis l’Antiquité.

Socrate, Marc Aurèle et Cicéron

La liberté de conscience et la loi naturelle

"Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien", pensait Socrate. Cette réflexion fonde ce que j’appellerai le principe de la liberté de conscience. L’héritage stoïcien est très important. Il pose la liberté de la conscience, que Marc Aurèle, dernier empereur stoïcien, évoquait avec cette très belle image : celle d’une citadelle imprenable, intérieure. Cicéron propose une autre idée, très forte, dans son De Re Publica : il existe une sorte de loi naturelle en amont de la loi écrite. Cicéron s’inspire là d’Antigone, quand elle s’oppose à Créon qui veut la condamner car elle a jeté à la dérobade une poignée de terre sur le cadavre de son frère, Polynice, pour qu’il soit inhumé. Elle va être emmurée vivante, et dans un dialogue très violent, Sophocle lui fait dire : "Tu prétends m’interdire ceci au nom de la loi de la cité, mais il y a une loi plus profonde qui est la loi naturelle qui veut qu’on enterre son frère."C’est l’origine de ce qu’on appelle le jus naturalis, la théorie du droit naturel. Ce droit va se développer au fil des siècles, malgré les légistes du roi partisans du droit canon qui ne l’adoptent pas. Quand le droit canon dit que l’homme est pécheur, et à ce titre n’a pas de droits, et que les seuls droits sont ceux de Dieu, le droit naturel dit que l’homme, étant homme, a par nature des droits. Les philosophes se feront les héritiers d’un long cheminement, notamment à la Renaissance, où l’on revient à l’Antiquité.

Copernic, Galilée et Descartes

"Et pourtant, [la Terre] tourne"

Je ne dirai pas que Descartes est un penseur du droit naturel, parce qu’il ne s’est pas penché sur la question juridique. Mais lorsqu’il dit dans ses "règles de la méthode", "ne rien admettre pour vrai que je ne le connusse être évidemment tel ",il oppose ce que j’appellerai le principe de raison au principe d’autorité. Des savants l’ont dit avant lui. En 1543, Copernic a acquis la conviction que le centrisme est une illusion de perspective, et qu’en vérité, c’est la Terre qui tourne autour du soleil d’un double mouvement. Il ajoute en substance : "Peut-être abusera-t-on contre moi des passages de l’Ecriture, à quoi je réponds que ce qui est affaire de mathématiciens doit être tranché par les mathématiciens et ce qui est affaire de théologie par les théologiens."Donc il revendique le droit de libre examen. A quoi fait-il référence quand il parle des passages de l’Ecriture ? Au chapitre 13 du Livre de Josué, qui est en train de se battre sur les remparts de Gabaon. Pour parachever sa victoire, Josué a besoin que la nuit ne tombe pas et dit : "Soleil, arrête-toi au-dessus de Gabaon." Et le soleil se serait arrêté dans le ciel. Moyennant quoi, Copernic, qui conteste les mouvements du soleil et de la Terre, sera condamné par l’autorité catholique mais aussi par Luther au nom d’une lecture littérale de la Bible. Descartes se rallie secrètement à l’hypothèse copernicienne et galiléenne. En 1632, Galilée l’a en effet reprise, cela lui vaudra une condamnation de l’Eglise qui l’oblige à se rétracter (c’est le fameux "Et pourtant elle tourne" qu’il aurait dit en aparté).

Montaigne et John Locke

L’abstention

Les philosophes préparent les outils intellectuels de l’émancipation en distinguant le principe de raison et le principe d’autorité. Les Essais de Montaigne montrent son scepticisme, mais c’est du côté des Anglais que le rôle décisif est joué. John Locke, dans son Traité du gouvernement civil,explique que la puissance politique doit s’abstenir d’énoncer des normes en matière religieuse, car elle ne gouverne pas les âmes mais les corps. Locke prône donc une abstention. Quand Nicolas Sarkozy dit "la République a besoin de croyants",il bafoue tout simplement ce que disait déjà Locke au XVIIesiècle.

Montesquieu, Voltaire et Rousseau

Le chevalier de la Barre et l’affaire Calas

Au début du XVIIIe siècle, la question posée est le transfert de cette matrice intellectuelle de la liberté au politico-social. Les réponses viendront des grands philosophes des Lumières. D’abord chez Montesquieu, dans De l’esprit des lois et même déjà dans les Lettres persanes, où il défend le principe de la séparation des pouvoirs, car il est contre l’absolutisme. Il n’admet de monarchie que parlementaire et tempérée, sur le modèle anglais et contre la monarchie de droit absolu, divin, de la France. Comme Montaigne avant lui, il dénonce les persécutions religieuses. Notamment celle que subit le chevalier de La Barre : en 1762, pour n’avoir pas salué au passage d’une procession, le jeune homme est torturé et exécuté. Voltaire va, lui, défendre Jean Calas, exécuté également en 1762 sur ordre du parlement de Toulouse, sur la base d’une calomnie : Jean Calas aurait maquillé en suicide le meurtre de son fils, alors que celui-ci s’est réellement suicidé. Le père aurait tué le fils parce que celui-ci voulait abandonner la religion protestante pour se convertir au catholicisme. La famille de Calas convainc Voltaire de son innocence. Pour moi, c’est là l’œuvre majeure de Voltaire : il obtient la réhabilitation post mortem de Calas et écrit l’un de ses plus beaux textes, le Traité sur la tolérance.

Mais on est encore dans le principe de la tolérance où l’autorité en vigueur dispose de la liberté des êtres humains. Là intervient Rousseau, qui pose une distinction entre privé et public. Dans le Contrat social,il écrit qu’il y a deux personnes en chaque personne, la publique et la privée. La personne publique est celle dont la sphère d’action a des conséquences pour autrui. La personne privée, dont Rousseau crée l’existence, est la sphère d’action sans incidence sur autrui. Il précise que l’autorité politique n’a pas à normer la conscience humaine. Surtout, Rousseau érige que les hommes sont naturellement libres et naturellement égaux, s’inscrivant dans le sillage du droit naturel. Pourquoi est-ce si important de dire que les hommes sont par nature libres et égaux ? Parce que la liberté et l’égalité ne découlent plus du bon vouloir du prince.

Mirabeau

La liberté de conscience et l’égalité de droit

La destruction de la Bastille, le 14 juillet 1789, est une façon de dire "vive la liberté". L’abolition des privilèges, le 5 août, une façon de dire "vive l’égalité". Et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le 26 août, une façon de jeter les fondements constitutionnels de la charte de droits sur laquelle doit se régler désormais le politique. Tous les éléments de la laïcité sont prêts. Comme le dit Mirabeau dans un très beau discours : "Je ne demande pas la tolérance, car dire tolérance suppose une autorité qui tolère, et une autorité qui tolère aujourd’hui peut très bien demain ne plus tolérer."La philosophie sur laquelle va se poser la refondation laïque de l’Etat se retrouvera d’ailleurs dans la loi de 1905 : la liberté de conscience totale. Pas seulement la liberté religieuse que les partisans de la prétendue laïcité «ouverte» ne cessent de mettre en avant. Ce n’est pas par liberté religieuse que Sartre ou Camus seront athées, mais par liberté de conscience. Le deuxième principe fondamental est l’égalité de droit. Croire en Dieu ne donne pas plus de droits que lorsqu’on est athée. L’inverse est aussi vrai. L’Union soviétique stalinienne qui ferme les églises et persécute les orthodoxes est aussi antilaïque que la Pologne catholique qui impose la prière publique dans les écoles. Si on utilise de l’argent public pour financer des écoles privées religieuses, cela signifie qu’on fait financer par des athées la diffusion du privé, ce qui est tout à fait illégitime. Là encore, on peut s’indigner de l’inverse : imaginez des écoles privées qui feraient une catéchèse de l’humanisme athée, et qu’on exige des contribuables croyants de les financer.

Condorcet

L’éducation, nerf de la guerre

C’est Condorcet l’inventeur génial de l’école laïque et de l’instruction publique. Il est de ces hommes des Lumières qui considèrent qu’il ne suffit pas que le peuple ait conquis la souveraineté. Il faut aussi qu’il soit instruit pour exercer lucidement son suffrage. Condorcet considère que l’instruction ne peut être que laïque : indépendante du dogme religieux. Si on enseigne la science, on n’a pas à la soumettre à la censure religieuse. Le personnel enseignant doit dépendre de l’Etat, donc de la puissance publique, et en aucun cas d’une puissance privée. Ce qui ne veut pas dire que Condorcet est favorable au monopole de l’enseignement par l’Etat. Les citoyens qui voudront s’associer pour faire des écoles privées, même religieuses, pourront le faire librement. Mais l’Etat n’aura plus à financer ces écoles. Pour les Eglises, détenir les écoles est le nerf de la guerre. Ce qu’Althusser appelait un appareil idéologique. L’Eglise ne peut accepter sans combattre cette dépossession d’un privilège inouï dont elle jouissait dans l’Ancien Régime. C’est pourquoi, autour de l’école publique, il va y avoir un combat terrible. Mais c’est surtout Jules Ferry, quatre-vingt-dix ans plus tard, qui rendra l’instruction publique, laïque, gratuite et obligatoire.

Boissy d’Anglas

Le décret du 3 ventôse de l’an III

La Révolution jette donc les bases de la laïcité. C’est le moment où l’histoire rejoint la philosophie. Gardons la date importante pour ce qui nous concerne : le décret rédigé par Boissy d’Anglas du 3 ventôse de l’an III (21 février 1795), qui sépare l’Etat et l’Eglise. C’est la première avancée législative et les termes sont très clairs : nul ne peut être forcé de contribuer aux dépenses d’un culte. La République n’en salarie aucun. Cette formule, avec celle de la Commune de Paris moins d’un siècle plus tard (1871), est la plus nette pour définir la laïcité. On la retrouvera dans la loi de 1905 : la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte.

Napoléon Ier

Le retour au sacre de la puissance publique

Il est le premier à être revenu en arrière, avec le concordat de 1801 qui rétablit un statut public des cultes. Il le fait comme Sarkozy aujourd’hui : dans une perspective d’instrumentalisation politique du religieux. Napoléon n’était pas un fervent croyant. En 1801, il a déjà un projet qui n’est plus de n’être seulement le soldat de la révolution, mais à terme de reconstituer un empire et une dynastie d’Ancien Régime. Il va restaurer l’un de ses symboles majeurs, le sacre, même s’il se sacre lui-même. Sacraliser à nouveau la puissance publique, c’est remettre en question la laïcité. Car la puissance publique n’a pas à être sacralisée ; respectée, oui, mais l’opérateur symbolique du respect est le serment sur la Constitution, pas un sacre devant Dieu. Le catéchisme impérial va restaurer le financement public des religions, catholique, protestante et israélite ensuite. Les ministres des cultes redeviennent salariés. Quant à la reconnaissance du culte israélite, Napoléon semble poursuivre là l’œuvre de l’abbé Grégoire qui, avec Condorcet, dénonçait la persécution des juifs. Il faut lire le très beau livre des Badinter sur le sujet. Cesser la persécution était évidemment nécessaire, mais cela ne devait pas impliquer de financer le culte israélite.

Alfred de Falloux contre Victor Hugo

«Je veux l’Eglise chez elle et l’Etat chez lui»

Le 15 mars 1850, Alfred de Falloux, ministre de l’Instruction publique et des Cultes du prince - le président Louis-Napoléon Bonaparte - fait voter une loi qui crée deux types d’écoles, publiques et privées. Ces dernières dispensent des enseignements religieux, et elles vont être subventionnées en partie par des fonds publics. L’ensemble public-privé est contrôlé par des inspecteurs d’académie, les autorités locales et les ministres du culte. En janvier 1850, Victor Hugo avait tenu un discours tonitruant contre ce projet, qu’il accusait d’organiser le contrôle du clergé sur les écoles. Hugo est pourtant chrétien, mais il distingue le parti clérical comme il l’appelle et la religion. «Vous osez vouloir contrôler l’enseignement de la jeunesse alors que vous n’avez cessé de censurer l’humanité dans toutes ses œuvres …]. En un mot, je veux l’Eglise chez elle, et l’Etat chez lui.»Cinquante ans avant la loi de 1905, Victor Hugo prononce la formule qu’il fallait dire.

Edouard Vaillant et Louise Michel

La Commune de Paris

Il faut attendre les débuts de la IIIeRépublique, c'est-à-dire les événements tragiques de la Commune de Paris, pour que la laïcité soit réaffirmée. C’est l’une des grandes œuvres de la Commune. Le socialiste Edouard Vaillant et Louise Michel, "la vierge rouge"comme on l’appelait (d’ailleurs une très grande amie de Hugo) en sont les principaux acteurs.

Le 17 mai 1871, Edouard Vaillant dit par exemple : il faut assurer à chacun la véritable base de l’égalité sociale, l’instruction intégrale à laquelle chacun a droit. Le 2 avril 1871, la Commune de Paris proclame la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le budget des cultes est supprimé, et les biens appartenant aux congrégations religieuses sont déclarés propriétés nationales. Pendant ces quelques mois héroïques, la Commune de Paris a fait un travail admirable. Elle crée aussi l’idée d’écoles pour les filles, pour laquelle milite Louise Michel. L’égalité des sexes est une des valeurs majeures de la Commune de Paris, d’autant plus affirmée qu’elle va de pair avec l’affirmation de la laïcité. Pourquoi ? Parce que l’Eglise n’a jamais admis, sauf contrainte et forcée, l’égalité des sexes. Le dispositif législatif de la Commune ne survivra pas à l’assassinat légal de 20 000 communards.

Léon Gambetta, Jules Ferry et René Goblet

La séparation de l’école et de l’Eglise

De 1881 à 1889, le travail législatif de laïcisation est intense. En huit ans, c’est l’inscription dans les textes de la laïcité, centrée en gros sur la séparation de l’école et de l’Eglise. Déconfessionnalisation des cimetières, suppression des prières qui ouvraient les travaux parlementaires, instruction primaire laïque gratuite obligatoire pour les enfants des deux sexes de 6 ans à 13 ans, loi Goblet qui laïcise les personnels enseignants, et pour finir, suppression des subventions aux écoles privées. Six ans plus tard viendra la loi de séparation de l’Etat et de l’Eglise.

Aristide Briand et Jean Jaurès

La loi de 1905, compromis et entorses

La discussion de la loi de 1905 fut âpre, mais elle définit clairement la laïcité : la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. Pour l’adopter, il a fallu aménager des compromis : l’entretien des églises en est un, 34 500 églises et cathédrales étant la propriété de l’Etat depuis la Révolution. Après des débats très agités, l’Etat décide qu’il reste propriétaire de ces biens, et il leur donne un statut patrimonial, de monument historique. On peut désormais entrer dans Notre-Dame sans se signer pour contempler les vitraux, voire écouter un concert d’orgues. Certains étaient partisans de prélever un loyer, mais Briand et Jaurès ont plutôt incliné vers la mise à disposition gracieuse. Depuis le 1erjanvier 1906, l’Etat ne peut financer ni la construction ni l’entretien de nouveaux lieux de culte, quelle que soit la religion. Quand Jack Lang a accepté de financer sur des fonds publics la cathédrale d’Evry [Essonne] sous prétexte d’y faire un musée d’art chrétien, il est totalement hypocrite. En fait de musée, il y a deux salles avec trois objets qui se battent en duel. L’argent public d’un ministère socialiste de la Culture a servi à construire un lieu de culte. C’est une entrave à la loi de 1905. Quant à Delanoë, qui a financé une partie des travaux dans le temple de la rue Madame, dans le VIearrondissement de Paris, il a, lui aussi, violé ouvertement la loi de 1905.

Les deniers du culte, qui sont des dons volontaires à l’Eglise, sont une autre affaire, mais ils sont aussi une entorse à la loi de 1905 : aujourd’hui encore, vos dons à l’Eglise sont défiscalisés. Si vous donnez 100 euros aux deniers du culte, l’Etat déduit 66 euros de votre impôt. Alors que la défiscalisation n’a de sens que pour des œuvres d’intérêt général. Si vous versez 100 euros aux Restos du cœur, l’Etat déduit également 66 euros, mais là, c’est légitime, car les Restos du cœur, qui donnent à manger à ceux qui ont faim, sont d’intérêt général.

                                                                                      

                                                                                                Henri Pena-Ruiz


(Henri Pena-Ruiz est maître de conférence à l'Institut d'études politiques de Paris

et professeur agrégé de philosophie en Khâgne (classe supérieure classique) au lycée Fénelon.)

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