Non, ce n'est pas un effet de la berlue : selon Libération du 15 décembre 2009, l'ineffable Cavalière a bel et bien
son confesseur particulier et attitré. Il se nomme Don Verzé et a rendu visite à son célèbre pénitent le lendemain du jour (béni) où le dénommé Massimo Tartaglia (santo subito !) lui décocha en
pleine poire un Dôme de Milan métallique et miniaturisé. En primeur mondiale, grâce à un micro espion subrepticement dissimulé par notre agent secret Narcissus Pratorum dans un bouton de la
soutane même du saint homme, le libre-penseur-adlpf.com est en mesure de vous livrer l'essentiel de la confession berlusconienne à celui qu'il désigne comme son directeur de conscience
alors même que celle-ci demeure introuvable chez l'homme le plus riche et le plus puissant de la péninsule italienne Et voici ce que révèle l'indiscret micro espion sacrilège :
Voix de Silvio Beriusconi, (geignarde) : Merci d'accourir au chevet de la victime de la méchanceté humaine, mon
Père.
Voix du Père Verzé : C'est le Seigneur qui m'envoie.
S.B. : II y a erreur, mon Père. En Italie, le Seigneur, c'est
moi.
Père V. : Vous voilà retombé dans le péché d'orgueil, mon fils. Repentez-vous.
S.B. : Porco Dio ! Je sens que vous allez encore me le faire payer, ce
péché-là.
Père V. : Et avec une
surprime pour l'abominable juron que vous venez de prononcer, mon fils.
S.B. : Mais sacramento, Dio boia, porco Christo, vous n'allez pas une
fois de plus me ponctionner des euros au tarif de vos Ave Maria et de vos Pater noster, mon Père ?
Père V. : Oh que si,
mon fils ! Vous n'imaginez pas que je vais rater cette occasion. Et tant qu'à faire un Ave Maria vaudra aujourd'hui dix mille euros, un Pater Noster vingt mille et l'Acte de contrition cinquante
mille.
S.B. : Holà ! Comme vous y allez, mon Père ! Justement aujourd'hui, alors que
je suis en état de moindre résistance, avec deux dents cassées, la lèvre inférieure fracassée et ma joue en fricassée !
Père V. : Avouez, mon fils, que vous l'avez bien cherché, à force de vous
faire voter des lois scélérates qui mettent tous vos méfaits - et ils sont innombrables et de tous ordres, financiers, politiques et même sexuels - au-dessus des lois. Donc, pour l'instant nous
en sommes à un Ave Maria pour le péché d'orgueil un autre pour votre Porco dio, un autre pour votre Dio boia et un Pater noster pour votre Porco Christo. Soit trois Ave
Maria...
S.B. : Trente mille euros ! C'est un scandale.
Père V. : …Et un Pater
noster.
S.B. (hurlant) : Quoi ? Total quarante mille euros ?
Père V. : Vous
trichez, mon fils. Comme d'habitude. Trente plus vingt font cinquante. Et dix mille euros de plus. Total soixante mille euros.
S.B. : Et moi qui voulais justement verser à l'actif du dossier de ma propre
canonisation cette agression barbare commise contre l'homme le plus intègre, le plus désintéressé, le plus politiquement correct, le plus matrimonialement irréprochable, le plus ostensiblement
soucieux des intérêts matériels et spirituels de la Mafia ...Oh pardon pour le lapsus ! Je voulais parler, bien entendu du Saint Vatican.
Père V. : Et un Ave
Maria de plus pour ce lapsus insultant mettant sur un même pied Mafia et Vatican ! Total soixante-dix mille euros.
S.B. : Mais enfin, mon Père, regardez mon pauvre visage défiguré ! Ne suis-je
pas l'image même du martyr ? A ce titre et au prix que vous me faites payer ma béatification, je demande que, à l'instar du Très Saint Père le pape Jean-Paul II je sois promu santo subito et que
mon nom figure sans plus tarder au calendrier des saints avec appellation adéquate de Saint Silvio Beriusconi vierge et martyr.
Père V. : Pareille
exigence outrepasse mes compétences et en la matière les voies du Seigneur sont impénétrables.
S.B. : Impénétrables ? S'agissant de ma personne, voilà un vocable impropre,
tout comme pour Napoléon le mot impossible n'était pas français. Rien n'est impénétrable au Cavalière Silvio Berlusconi. Des processions de pucelles par moi dévirginisées en
témoigneraient. Et quand l'Eglise aura fait de moi l'un des saints du paradis, la vertu de la Sainte Vierge Marie elle-même n'aura qu'à bien se tenir !
Père V. (offusqué) : Un million d'euros pour ce blasphème épouvantable !
S.B. (rigolant) : Un million d'euros ? Que voulez-vous que ça me
fasse ? Même pas mal à mes comptes en Suisse, au Lichtenstein, aux Bahamas, aux Iles Caïman et dans les banques offshore du Vatican dont je suis un actionnaire et pas des moindres !
Père V.
(conciliant) : Ah ! évidemment, si vous êtes partie prenante de la prospérité de l'Eglise, dès lors tout devient possible.
S.B. (plein d'espoir) : Même ma promotion santo subito comme
Jean-Paul II ?
Père V. : Moyennant
alignement de quelques dizaines de millions supplémentaires, sans doute. Je produirai à qui de droit à cet effet les photographies de votre visage tuméfié à la suite de l'agression de Massimo
Tartaglia et je pense que vos chances d'être promu saint et martyr s'en trouveront confortées.
S.B. : Saint et martyr seulement ? Au prix que vous allez m'en demander,
j'exige de figurer dans les calendriers sous l'appellation de saint, vierge et martyr.
Père V.
(résigné) : Je ferai de mon mieux, mon fils. Bien que vierge, ça passera mal...
S.B. : Mais surtout veillez bien à ce que ce salopard, cette crapule, cette
fripouille, ce farabuto, ce mascalzone, ce gangster de Massimo Tartaglia de merde soit, lui, officiellement déclaré damné par l'Eglise et chrétiennement voué à l'enfer pour
l'éternité.
L'abbé V. : Cela coule
chrétiennement de source, mon fils. Moyennant dix Ave Maria , vingt Pater noster et dix Actes de contrition. Voyez le tarif.
Pour copie conforme :
Narcissus Pratorum
Derniers Commentaires