Janine Azoulay nous a quittés

Publié le par Roland BOSDEVEIX

Alors qu'en cette belle journée du samedi 4 avril débutaient les 2èmes Rencontres Laïques Internationales à Saint-Denis (93), notre camarade Marc Simon provoque parmi quelques-uns d'entre-nous un intense champ électrique : l'annonce de la disparition de notre camarade. D'un seul coup, un pan de notre monde s'écroule. Les mots se bousculent et s'entremêlent dans ce désordre provoqué par cette lame de fond : au petit matin, Janine nous a discrètement fait sa révérence.

Je me souviens, moi jeune piaf m'ouvrant au monde, de nos toutes premières rencontres rue Taylor ou à la Mutualité place Maubert, lors de conférences avec les frères Lapeyre, Maurice Laisant ou avec Maurice Joyeux. Elle se réclamait d'eux, de leur éthique libre-penseuse et libertaire. Et, bien sûr, comment oublier celui qu'elle adulait, "son" André Lorulot ! Janine était de ces femmes qui savent alimenter ce feu sacré sans lequel rien n'existe.

Pour l'avoir fréquentée des dizaines d'années durant, elle restera pour moi une personnalité attachante. Derrière ses coups de gueule homériques qui étaient rarement sans fondement, elle savait être attentive aux autres et leur apporter, au moment où il le fallait, les quelques mots de réconfort qui faisaient largement oublier son "foutu" caractère. Ce n'était pas seulement une camarade, ce fut, avec son amie et sa camarade Suzy Chevet, à la fois une amie, une sœur, une grand-tante avec qui on pouvait tout partager, sans jamais compter ni supposer d'arrière-pensées. Elle savait crier violemment sa révolte quand des injustices, des provocations et des manipulations s'opéraient. Elle savait aussi être le silence absolu quand la discrétion l'exigeait.

Née le 21 novembre 1926, c'est très jeune, en 1946, que Janine, qui s'appelait alors Picheret, adhère à la Libre Pensée avec sa mère Lily Theynard, au groupe du "Chevalier de La Barre" à Paris. Son attachement à la Fédération nationale était quasi viscéral. La violence physique qu'elle subira de la part de militants trostkystes au siège de la fédération sera la goutte d'eau qu'il ne fallait pas ajouter... Ainsi, avec son inséparable Maurice et tous les membres du Groupe A. Lorulot, elle participera à la fondation, en 1995, de l'Association des Libres Penseurs de France. Je crois pouvoir affirmer qu'elle s'y sentait bien, qu'elle retrouvait l'esprit "maison", même si, toutefois, ce n'était plus vraiment comme avant...

Avec elle, femme hors du commun, une importante page de notre vie se tourne. Comment l'oublier ? Comment lui rendre un meilleur hommage qu'en relisant cet extrait du poème Le dernier bain de notre regretté camarade Roger Labrusse :

"Son ombre, au fond de la crypte,

S'est dessinée. Elle a répandu

L'huile parfumée et les muscs d'Egypte

Sur les marbres aux tons fondus.

Son corps fin sous les jeux des lampes appliques

Met un ruisseau d'ivoire aux vertes mosaïques,

Tandis, qu'énigmatique, un masque de Dédale

Sourit au bord de la vasque conchoïdale."


Janine tu nous manques...

Nous, Libres Penseurs de l'A.D.L.P.F., sommes de tout coeur avec toi, Maurice.

                                                                                                                   Roland BOSDEVEIX




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LEDRU François 07/04/2009 08:18

Janine était très précieuse par la rigueur des ses convictions, sa fermeté sans faille sur ses principes. Ledru délégué com