Je… en démocratie

Publié le par envoyé par JC CANAL

La démocratie est étymologiquement le pouvoir par le peuple. Celui-ci l'exprime par le vote et le choix de mandataires qui exercent ce pouvoir par délégation...

N'entrons pas dans les diverses formes qu'elle a revêtues.

Chaque citoyen est un élément de l'ensemble nommé peuple. Par son vote, il exprime ses préférences et contribue à l'exercice de la démocratie. Celle-ci n'existe pas sans la liberté des individus d'avoir des opinions et de les afficher publiquement. Il n'y a pas de démocratie sans cette liberté d'expression.

Chaque citoyen a donc le pouvoir souverain de dire ses choix et d'affirmer les moyens qu'il choisit pour les conduire. Mais ce pouvoir est limité en fait par les offres qui lui sont proposées et qui ne résultent que des propositions des partis : L'article 4 de la Constitution française édicte en effet que « Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage... »

Personne n'est identique à son voisin. Chacun a ses propres idées et les points de vue ne correspondent pas à l'identique. Pourtant le choix sera réduit à peu d'options et il aboutira à une seule majorité à la fin du parcours démocratique.

Chaque citoyen n'est pas seul à se prononcer par son suffrage. Chaque individu ayant les droits civiques veut traduire ses options personnelles dans son vote. A la fin il en résulte une addition de toutes ces options. Elles se diluent ainsi dans l'apparition d'une majorité et des minorités.

Les votes se dissolvent ainsi dans une masse de suffrages et la démocratie ne peut pas résulter de chaque volonté individuelle. Elle ne résulte que de l'addition des suffrages décomptés à partir des seuls choix présentés à la consultation : c'est oui ou non en cas de référendum ; dans les autres cas c'est un nom ou une liste à choisir.

Le vote n'est qu'une simplification extrême de la complexité des opinions que chacun voudrait faire prendre en compte. Aussi, le choix d'un mandataire ne peut pas s'accompagner d'un mandat impératif, qui ne pourrait pas prévoir d'avance les situations rencontrées plus tard. L'art. 27 de la Constitution prévoit de toute façon que « Tout mandat impératif est nul. »... Et il arrive même qu'un élu change de camp sans se démettre pour autant des mandats que les citoyens lui avaient confié sur une base différente !...

On peut sentir le décalage important qui existe entre les souhaits individuels et le résultat obtenu par le dépouillement des votes. L'addition arithmétique des bulletins, si elle permet une élection, ne permet pas d'exprimer une synthèse juste des vœux de chaque électeur, tant les intentions peuvent être complexes avant d'émettre un suffrage... Puis il y a ceux qui sont déçus n'ayant pas voté pour celui qui n'a pas eu la majorité.

On peut se demander si ce n'est pas le décalage entre la grande profusion des souhaits et l'entonnoir des résultats enregistrés à la fin qui est une des raisons des abstentions sur les votes ultérieurs. Le sentiment d'impuissance à pouvoir changer les choses par un vote... L'impression que ce vote ne fait que conforter les élus à considérer que, ayant gagné, ils ont reçu une approbation à 100 % et donc ils n'ont rien à changer dans leur comportement.

Pourtant, il est certain que, malgré ses limites, dès que l'on dépasse les limites d'une agora réduite, le vote est la seule manière d'exprimer les choix fondamentaux. Il est sûr que, malgré ses défauts, il n'y a pas de manière plus légitime de s'exprimer et de faire des choix... Mais il ne faut pas négliger les désillusions qui le suivent ni les regrets que le citoyen peut éprouver à voir que rien ne change après la proclamation des résultats... Faut-il croire que seul le vote sanction soit efficace ?...

Il faut donner aux campagnes électorales un contenu didactique et participatif : un vrai échange d'arguments, une vraie écoute, pas seulement formelle... une information objective envers les électeurs et une écoute compréhensive des états d'âme de ceux qui expriment des doutes. Il faut que les électeurs se sentent citoyens et qu'ils comprennent la politique proposée et sa nécessité et ses raisons...

Il ne faut pas que les campagnes électorales se réduisent au dénigrement des adversaires et à des attaques personnelles contre eux. Les attaques stériles des minoritaires contre la majorité élue ne font ni une politique ni une explication. Cela contribue seulement au discrédit de l'ensemble de la classe politique puisque, dans les alternances, ces rôles s'inversent. La réaction « tous les mêmes... » devient ensuite « tous pourris !... » Cela ne fait pas gagner la démocratie ni attirer ceux qui sont réticents vers une participation massive aux élections suivantes.

La démocratie locale est un bon moyen d'associer les citoyens aux décisions politiques locales pour mieux comprendre la gestion et ses contraintes. Mais les élus nationaux comme les élus européens ne doivent pas se considérer dispensés de tout compte-rendu de mandat et ce compte rendu doit être explicatif du contexte et des motivations des votes qu'ils ont exprimés dans le cadre de ce mandat. Il ne faut pas que ces explications se limitent à la période précédant le vote et que rien ne vienne ensuite rendre compte de l'action de l'élu avant l'élection suivante.

Il y a très fréquemment frustration de chaque individu par rapport au rôle qu'il lui est permis de jouer dans les choix politiques. Il y a un mythe démocratique qui laisse croire que la volonté individuelle s'impose, alors que la réalité est, comme nous l'avons affirmé, qu'elle n'est qu'une composante des choix collectifs intervenus dans l'expression démocratique.

C'est là le propre de la démocratie avec ses défauts, même si ceux-ci sont moindres que dans les autres régimes politiques. Il faut faire avec eux, mais il faut chercher à réduire les raisons de désaffection des électeurs et rechercher toujours comment associer les citoyens davantage aux décisions qui sont prises en leur nom.

Oublier cela serait compromettre l'avenir démocratique de tous.

                                                                                                        Raymond BELTRAN

                                                                                                                 Le 17 avril 2009

                                                                                                                                          Société Laïque
                                                                                                        www.republicains-laiques-audois.org



 

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denis 27/04/2009 09:03

Ce n'est pas très facile de lire un article d'opinion en même temps qu'on entend la chanson : Quand les hommes vivront d'amour. L'attention est tiraillée et ne sait sur quoi se fixer.

la responsable du site 27/04/2009 09:14


Remarque compréhensible et en conséquence je retire la musique. merci pour cette observation utile .