A la recherche du bonheur

Publié le par Gilles POULET

 " Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté etla recherche du bonheur."  Ainsi s’expriment les pères fondateurs des États-Unis d’Amérique dans la déclaration de Boston du 4 juillet 1776.


Ce droit au bonheur, on le retrouve dans l'article préliminaire de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : « … que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous. ». En 1944 enfin, le Conseil National de la Résistance (CNR) publie son programme avec pour sous-titre « Les jours heureux ».


bonheurOn le voit, et c’était une idée nouvelle, les révolutionnaires ont appelé de leurs vœux le bonheur de tous et tenté de mettre en chantier des sociétés qui y mèneraient. On sait qu’il y a encore fort à faire pour y parvenir et même que sous certains aspects, nous assistons à une régression générale sous les coups répétés de la théologie économique ultra libérale, de même que traditionnellement s’y opposent les autres théologies et singulièrement celles des trois monothéismes qui haïssent le corps, l'amour, la joie et le bonheur sur terre.


Pour ces derniers, à partir de la légende de la Genèse et du péché originel qui les fonde, les hommes portent collectivement un fardeau irrécusable qui entretient auprès des adeptes un sentiment de culpabilité permanent, (i.e. dans le repentir et souffrir pour atteindre une bien peu probable apothéose dans un arrière monde), difficilement conciliable, on en conviendra sans peine, avec l’épanouissement du bonheur et l’avènement des jours heureux. Ajoutons à cela les interdits divers : alimentaires, sexuels et autres, la misogynie assumée et la violence consubstantielle à toute entreprise prosélyte se croyant missionnée par la divinité ; force est alors de dresser le constat que le terrain propice au bonheur n’est pas à rechercher de ce côté. L’aile agressive et militante, qu’on désigne globalement sous les noms d’intégrisme ou de fondamentalisme est extrêmement dangereuse en ce qu’elle s’oppose bec et ongles aux systèmes démocratiques qui les nient et sont seuls en capacité d’entreprendre une recherche du bonheur pour tous. Ces gens rêvent sans le dire, mais aussi parfois en le disant, de théocratie et donc de la fin du gouvernement du peuple pour et par le peuple qui représente l’horreur absolue pour ces « fous de dieu » comme ils aiment se définir. Dieu tout puissant, miséricordieux et toutes ces sortes d’élucubrations aux manettes, et basta ! À la niche, soumettez-vous ! Dix-sept siècles de domination et de cautèle chrétienne nous ont enseigné comment des religieux alliés aux pouvoir séculier dans des rapports quasi incestueux pouvaient s’y entendre pour asservir, martyrisé et… s’enrichir sans vergogne.


S’agissant des théologiens de l’ultra libéralisme, le désastre qu’il nous est loisible de contempler ici et maintenant se passerait presque de commentaires quand à la recherche du bonheur. Les épigones d’Hayek, Thatcher, Reagan et les autres, pour qui « il n’y a pas d’intérêt général, mais seulement des intérêts privés », ont montré en quelle estime ils tiennent les peuples, les Hommes étant réduits à n’être que des variables d’ajustement. Par ailleurs, l’alibi démocratique cher au discours libéral ne tient plus : leurs agissements sous Pinochet naguère, et la contemplation de l’explosion économique de la Chine communiste aujourd’hui, montrent de toute évidence que la démocratie leur importe peu et n’est pas nécessaire et moins encore suffisante pour leur rapace épanouissement. Rien ne les intéresse que le moins d’état possible chaque fois que cela est possible, et quand cela ne l’est pas, une bonne dictature qui tient les peuples en respect reste l’idéal pour commercer, piller, agioter et s’enrichir sans entraves. Donc surtout pas d’état fort, ou alors un état qui lesprotège, eux. Pas d'instruction publique universelle non plus, les esprits forts sont souvent des esprits éduqués ! Mais des institutions payantes, et pas qu'un peu, pour que la classe dominante puisse se reproduire à l'abri des « gueux ».


La recherche du bonheur, le bonheur pour tous, les jours heureux, quel beau programme pour des citoyens décidés à reprendre en main leur destin. Belle utopie aussi ? Allons ! Nous n’avons que faire de ces théologies mystiques ou économiques qui ne voient en nous que des êtres soumis ou des consommateurs moutonniers et pas des êtres de chair et de sang qui pensent, qui aiment et qui souffrent aussi. Nous ne sommes pas dupes, c'est ce à quoi nous porte la pensée libre à jamais opposée à tous les dogmatismes qu'ils soient religieux, philosophiques ou économiques.


Gilles Poulet



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Simonne 23/05/2014 17:27



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Réuni pour la première fois le 27 mai 1943 au 48 rue du Four dans le 6e arrondissement de Paris, le Conseil national de la Résistance regroupe représentants des
mouvements de Résistance (Libération-nord et sud, Combat, Franc-tireur, OCM, Front national, Ceux de la Libération et Ceux de la Résistance) des partis politiques (PCF,
SFIO, Parti radical-socialiste, Parti démocrate Populaire, Fédération républicaine, Alliance démocratique) et des confédérations syndicales (CGT et CFTC). Présidé par Jean
Moulin, il adopte, après débat,  une motion de soutien au général de Gaulle « qui fut l'âme de la Résistance aux jours les plus sombres et qui n'a cessé depuis le
18 juin 1940 de préparer en pleine lucidité et en pleine indépendance la renaissance de la Patrie détruite comme des libertés républicaines déchirées ».











Simonne 23/05/2014 17:11


Pour voir ce film , à propos du Conseil National de la RESISTANCE , créé dans la clandestinité









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