Antoine THIVEL (1928 – 2010)

Publié le par Association des Libres Penseurs de France

Antoine Thivel est décédé aujourd’hui 2 décembre 2010.


A.Thivel.jpgAntoine était adhérent depuis quinze ans à la Libre Pensée quand, en 1995, avec l’ensemble de la fédération des Alpes Maritimes alors présidée par son ami Georges Campos, il a rejoint l’ADLPF à sa création. A la disparition de Georges, en mai 2002, Antoine a, tout naturellement, pris sa succession à la tête de la fédération départementale devenue l’Association des Libres Penseurs des Alpes Maritimes (ALPAM). Il en a assuré la présidence jusqu’à aujourd’hui. En 2007, c’est lui qui a été la cheville ouvrière de l’organisation du congrès national de l’ADLPF à Nice. Elu en 1999, au congrès de Niort, il a été membre du conseil d’administration de l’ADLPF jusqu’en 2004. En 2007, au congrès de Nice, il a repris du service au niveau national en devenant vice-président de notre mouvement. Cette fonction ne fut pas purement honorifique puisqu’en 2008, au congrès de Sarlat, Antoine a dû remplacer le président indisponible. C’est à cette occasion qu’il a gratifié les délégués et militants d’une brillante conférence d’avant congrès sur l’actualité du « discours sur la servitude volontaire », d’Etienne de La Boétie, l’enfant du pays sarladais. En mars dernier, le conseil d’administration l’a porté à la présidence de l’ADLPF jusqu’au congrès de La Bonneville. A ce titre, c’est lui qui a animé les séances du C.A. et qui a rédigé le rapport moral de l’association. En septembre, il enrageait de ne pouvoir participer au congrès. La maladie était déjà là et son médecin lui avait interdit tout déplacement.

 

Militant impliqué, Antoine, plus encore qu’un administrateur, aura été un penseur de notre mouvement. Agrégé de lettres classiques, docteur es lettres, professeur émérite de civilisation grecque à l’Université de Nice, ce fin lettré aura mis sa profonde intelligence et sa brillante culture au service de son engagement humaniste, social et rationaliste. Obsédé de justice sociale, il a gardé jusqu’à la fin sa foi athée de révolutionnaire marxiste et sa capacité d’analyse politique d’une pertinence rare. Il a œuvré en permanence pour l’unité des laïques authentiques, se démarquant à équidistance de ceux qui substituent la reconnaissance des cultures communautaires à l’universalisme des droits de l’Homme d’une part et, d’autre part, de ceux qui confondent la neutralité institutionnelle avec le rejet des individus.

 

Dans les associations où il militait – l’ADLPF, mais aussi le Cercle Ernest Renan où il devait encore faire une conférence sur Pythagore le 16 décembre prochain, l’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS) dont il fut membre du conseil d’administration… - il travaillait à l’émancipation de l’individu, luttant en permanence contre les cléricalismes, les intégrismes et l’irrationnel. Au sein du FURAL et de nombreux autres collectifs, il voulait que se constituât un outil permettant de combattre le vieux monde où règne le capitalisme inhumain appuyé sur l’obscurantisme des religions, et d’agir pour l’édification d’un monde de justice sociale et de liberté.

 

Il nous reste ses écrits, trop rares, mais toujours riches, intelligents et efficaces. Outre l’ouvrage qu’il a laissé à l’ADLPF, « Les Origines du Christianisme », on pourra se référer aux plus récents : ses éditoriaux de La Raison Militante (« Comment faire l’unité des laïques ? », « La laïcité, un problème politique », « Quand la République bégaie »), sa « Lettre ouverte à Caroline Fourest » et son article « Faut-il admirer les kamikazes ? », ainsi que son dernier livre rédigé avec son ami, notre camarade Elie Volf, « Faut-il croire à tout ? » où sont démystifiées les billevesées des pseudo-sciences.

 

Jusqu’à la fin, Antoine a mené le bon combat, pour la liberté, la démocratie, la laïcité et l’émancipation de l’individu dans tous les domaines. Il a bien mérité de la Pensée Libre. Avec lui, nous perdons un ami sûr et un camarade d’une valeur inestimable. Que sa compagne Michèle, sa famille et ses proches reçoivent nos très sincères condoléances.

                                                               Pour le Conseil d’Administration de l’ADLPF

                                                                                  Le président Denis PELLETIER

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