C’est de l’art mon cochon !

Publié le par Régis BOUSSIERES

Décidément les islamistes tunisiens mettent la pression pour faire interdire tout ce qu’ils n’aiment pas au nom de leur religion. Ainsi, lundi et mardi 11 et 12 juin, un couvre feu nocturne a été décrété dans huit régions en raison d’émeutes menées par des salafistes opposés à une exposition jugée insultante pour les musulmans. Des postes de polices, des sièges syndicaux et de partis politiques ont été attaqués. Cela démontre que les salafistes, sous prétexte d’offense à la religion, attaque les symboles de l’Etat de droit mais aussi la démocratie représentée via les syndicats et les partis politiques. L’origine de leur colère ? Une exposition d’art contemporain à la Marsa, dans la banlieue nord de Tunis. Des œuvres ont été jugées « choquantes » et « insultantes » par les salafistes. Notamment deux toiles de l’artiste Mohamed Ben Slama. L’une, « femme au couscous à l’agneau » représente une femme quasi nue avec en arrière plan des hommes barbus, l’autre montre des fourmis sortant du cartable d’un petit garçon et formant le nom d’Allah. C’est en effet, HO-RI-BLE ! Une autre toile représentant un Superman barbu portant un homme également barbu dans ses bras a provoqué le courroux des censeurs… Ha, si on avait fait une toile appelé « la lapidation » avec une femme tuée à coup de pierres, sûr que les barbus auraient applaudies les artistes…

femme-couscous.jpgLa tension est montée d’un cran dimanche, dernier jours de l’exposition, lorsque des salafistes accompagnés d’un avocat et d’un huissier ont ordonné aux organisateurs d’enlever les toiles controversées. Des personnes se sont alors mobilisées afin de défendre « la liberté d’expression ». Mais des centaines de salafiste sont revenus la nuit, détruisant et lacérant plusieurs œuvres d’art. Démontrant ainsi que la violence religieuse existe toujours et que les extrémistes sont prêt à tout pour imposer leurs loi. S’en est suivi deux nuits de violences, afin de faire peur aux démocrates et à ceux qui veulent encore penser par eux-mêmes. 160 personnes ont été arrêtées et plus d’une centaine ont été blessées il y a aussi un mort parmi les salafistes. Un barbu va aller voir les vierges nues là-haut (c’est permis). Le régime (dirigé par les islamistes « modérés » des frères musulmans) a dénoncé les violences mais il n’a pas apporté son soutien aux artistes. Le ministre de la Culture Medhi Mabrouk a même annoncé mardi qu’il allait porter plainte "pour atteinte aux valeurs du sacré". Il en connait un rayon en Culture ! Mais, les islamistes "modérés" d’Ennahda ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin : si les salafistes tuent, menaces de morts, frappent ; eux ils légifèrent dans le sens que veulent les salafistes, tout en dénonçant les violences pour la forme. Ainsi, le groupe parlementaire islamiste majoritaire d’Ennahda, a décidé de proposer une loi incriminante l’atteinte au sacré. "Les symboles religieux sont au-dessus de toute dérision, ironie ou violation". Attention à ce que vous écrivez ou dessinez. Voilà la réalité des islamistes "modérés" ils légifèrent et légalisent l’extrémisme des salafistes et les encouragent ainsi encore plus à mettre en place la charia en application.

                                                                           Régis Boussières

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