Congrès de l'ADLPF les 17 et 18 mai 2014

Publié le par Association des Libres Penseurs de France

Résolution générale
La défense et le respect de la laïcité doivent permettre de faire face à la désaffection citoyenne, à la banalisation du communautarisme et à la montée de l'obscurantisme clérical et de l'extrême droite révélées par les résultats des dernières municipales. Les Libres Penseurs de l'ADLPF, réunis en congrès à Magnanville les 17 et 18 mai 2014, prennent acte des décisions officielles :
-La mise en place d'un Observatoire de la Laïcité (même si le président de celui-ci considère à tort "qu'il n'y a pas de problème de laïcité en France ") ;
-l'adoption de la loi sur le mariage pour tous ;
-la révision des lois de bioéthique ;
-l'adoption d'une Charte de la Laïcité affichée dans les établissements scolaires : mais dont les dispositions doivent aussi être expliquées aux élèves et appliquées partout en France, y compris en Alsace - Moselle et dans les territoires d'Outre Mer où subsiste un statut scolaire public non laïque.
Malheureusement, ces quelques avancées ne font pas oublier certaines palinodies telles que :
- l'abandon du projet de constitutionnalisation des principes de la loi de séparation des églises et de l'État du 9 décembre 1905 ;
- la persistance d'une loi sur le blasphème et d'autres dispositions anti-républicaines du concordat d'Alsace-Moselle que le candidat Hollande avait pourtant envisagé de "réexaminer" ;
- la non prise en compte de la volonté de la majorité parlementaire ;
- d'instaurer le 9 décembre comme "journée nationale de la laïcité",
- d'abroger la loi Carle qui grève lourdement le budget des communes, notamment en milieu rural, au profit de l'enseignement privé confessionnel ; ce réexamen de la loi, qui était aussi une promesse de campagne présidentielle, est renvoyé au hasardeux débat prévu sur la réforme territoriale.
Alors qu'on dit vouloir réduire les charges de l'État, la simple application du mot d'ordre républicain "fonds publics à l'école publique et à elle seule" mettrait fin à l'important gaspillage financier que constitue le dualisme scolaire mis en place par la loi Debré de 1959 et renforcé par les lois scolaires anti-laïques qui l'ont suivie1. L'ADLPF demande leur abrogation car l'école laïque est la seule école de la République. L'église romaine profite grassement du subventionnement de l'enseignement privé, à plus de 90 % catholique, en contradiction avec la loi de séparation des églises et de l'État.
L'ADLPF réaffirme la nécessité d'abandonner tout lien diplomatique avec le pseudo - état du saint siège et l'exigence que les représentants de la République, héritière des philosophies du siècle des Lumières, s'abstiennent de participer, es-qualités, aux manifestations religieuses.
L'ADLPF demande à l'ensemble de la classe politique et aux fonctionnaires de ne rencontrer les représentants des groupes religieux que dans les locaux publiques.
Avec les associations regroupées au sein du Collectif laïque, l'ADLPF agit pour :
- la fin des contournements de l'article 2 de la loi de Séparation de 1905 que constituent les financements, par les collectivités locales, d'associations ou de pratiques cultuelles, même déguisées en activités culturelles, ainsi que le subventionnement, direct ou indirect, de la construction d'édifices religieux ;
- une intervention législative autorisant les organismes associatifs ou purement privés qui le souhaitent de réglementer la manifestation des convictions religieuses de leurs employés, notamment quand doit être protégée la liberté de conscience en construction des enfants
(Cf. crèche Baby Loup).
- le soutien aux initiatives comme celle du groupe Paprec de faire face à la montée des exigences religieuses et communautaristes au sein des entreprises en adoptant une Charte de la Laïcité ;
- l'extension à l'ensemble des cadres des fonctions publiques du bénéfice de la formation à l'histoire et à la philosophie de la laïcité déjà accordé aux enseignants ;
Conformément à la Charte de la Laïcité affichée dans les écoles, la suppression sans délai de l'enseignement religieux obligatoire en Alsace-Moselle ;
- la constitution d'une commission parlementaire pour définir les conditions de sortie du statut dérogatoire en matière de culte en Alsace-Moselle et en Outre-Mer ;
- le soutien aux instances du sport qui refusent les dérogations sur la tenue vestimentaire réglementaire des femmes et permettent ainsi de maintenir les principes, inhérents au sport, de neutralité politique et religieuse et de non-discrimination.
Considérant que les incroyants doivent être traités à égalité de dignité avec les autres citoyens, l'ADLPF demande :
- la suppression des exonérations fiscales accordées aux cultes et aux associations liées à ceux-ci ;
- le choix de lieux neutres, non religieux, pour l'organisation de toute cérémonie officielle ;
- la mise à disposition par les communes de bâtiments publics pour les obsèques civiles ;
- la laïcisation du nom des fêtes légales, ce qui rendrait inopérantes les revendications de jours fériés particuliers émanant de religions minoritaires ;
- une intervention régulière dans les émissions de débat du service public de radio-télévision.
Au plan européen, l'ADLPF appelle à l'unité des organisations non gouvernementales laïques afin de s'opposer efficacement à l'interventionnisme des lobbies cléricaux œuvrant contre la liberté d'expression et le droit à l'IVG. Les États membres doivent garantir la liberté de conscience et les droits individuels des citoyens de l'Union Européenne en excluant tout dispositif législatif à base religieuse.
En cette année du centenaire du début de la première guerre mondiale, l'ADLPF, attachée à la paix, au désarmement et à l'amitié entre les peuples, participera le 20 septembre prochain, sous le patronage de l'Union Mondiale des Libres Penseurs, au colloque de Spa (Belgique) sur "l'autre guerre" au cours duquel interviendront les Libres Penseurs et pacifistes allemands, belges et français.
 
Congrés ADLPF - Magnanville - 17 et 18 octobre 2014


 

 

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