Curé Franc-maçon

Publié le par Gilles POULET

L’Église est-elle soluble dans la liberté de conscience ?


Le dernier buzzz : le curé de Megève, franc-maçon du Grand Orient de France, se voit intimer par sa hiérarchie d’avoir à choisir entre son « ministère » (sic) et son appartenance à la Maçonnerie libérale. Au-delà des nombreuses prises de position lues ici ou là, il faut se poser l’éternelle question : qu’est-ce que ça nous dit ?

En premier lieu que l’Église n’a pas varié d’un pouce quant à son approche de la Maçonnerie, notamment celle du GODF, laquelle est libérale, i.e. ouverte aux croyants comme aux non croyants.

En suite, à la question pourquoi ? il est aisé de répondre : parce que cette obédience prône « la liberté ABSOLUE de conscience ».

Quoi de pire en effet pour une institution dotée d’un magistère, i.e. d’une autorité suprême, de droit divin, qui entend détenir l’infaillible vérité. Le temps passe sur cette Église sans que rien ne l’ébranle dans sa conviction qu’il faut croire, croire et encore croire à ses billevesées. Les changements, s’il s’en produit, sont toujours à la marge et de circonstance et il faut la parole du pape, pas moins, pour entériner, au bout de combien de siècles ?, les théories de Galilée, par exemple.

En troisième lieu, elle nous montre une ignorance crasse quant à la possibilité dont jouissent les Francs-maçons de croire ou de ne pas croire. En effet, pour peu qu’on regarde l’histoire du GO, et pour cela il n’est pas nécessaire d’être franc-maçon, on note que le fameux Convent de 1877 a suspendu l’obligation de croire en un dieu (autrement dit en une vérité révélée), c’est l’objet même de la formule : liberté absolue de conscience ; en conséquence, nombre de maçons travaillent en Loge sans pour autant renié leur religion quelle qu’elle soit. Car la suspension de l’obligation de croire n’a jamais été assortie de l’obligation de ne pas croire, en d’autres termes, le GO, s’il abrite des athées, n’est pas une formation athée. Simplement, ses membres ont depuis longtemps mesuré l’absolue nécessité de séparer la religion de la sphère publique où s’épanouissent en principe des citoyennes et des citoyens qui n’ont pas besoin qu’on leur dise ce qu’ils doivent penser, manger ou lire, pas plus qu’ils ne désirent accueillir l’inquisition au fond de leur lit. Ils sont des fervents tenants de la Laïcité.

Résumons : l’Église est sclérosée et en panne d’idées généreuses, tétanisée à la seule pensée qu’on puisse penser, d’une bêtise crasse ou bien d’une mauvaise foi (!) indécrottable ce qui n’est pas mieux. Voilà ce que nous dit cette croustillante historiette ; et de savoir que des centaines d’excités puissent suivre, comme un seul homme, les directives d’une telle institution, laisse songeur quiconque se donne la peine de penser, justement.

Non, l’Église n’est pas soluble dans la liberté absolue de conscience.

                                                                                                Gilles POULET

Publié dans SOCIETE

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Roland 30/05/2013 14:43


 


Je suis désolé mais je vois mal en quoi l'analyse de G. Poulet reste erronée.


Par contre, vous vous n'hésitez pas à utiliser des affirmations discutables.


Ainsi : " La franc-maçonnerie dit que toutes les religions se valent. Et c'est sur cette base que toute personne croyante ou non y est admise." Vous ne vous embarrassez pas de
nuances, cela ressemble à du brut de décoffrage. Encore faudrait-il citer précisément ce qui accrédite vos propos.


Il y a déjà beaucoup de types de franc-maçonnerie.


Toutefois, probablement moins que de religions, alors comment être aussi simplificateurs ?


C'est d'ailleurs pour cela que dans certaines de ces obédiences maçonniques peuvent se rencontrer, des pratiquants de différentes religions et, à l'autre bout de la chaîne, des athées. Ils
peuvent ou ne pas faire bon ménage mais cela reste leur affaire perso.


Vous parlez également d'attaques : "la franc maçonnerie a attaqué l'église catholique de manière très violente. De nombreux francs-maçons ont confondu laïcité avec haine contre l'église
catholique et il n'y a jamais eu le moindre regret exprimé par la franc maçonnerie à ce sujet...".


Permettez-moi de remettre historiquement les choses en place. La franc-maçonnerie a été et reste sur le globe, pour une bonne part, croyante. Les premières persécutions ont été opérées à partir
de bulles papales. Ratzinger n'en a jamais été que le digne continuateur. Si, comme vous l'affirmez chez certains maçons et d'ailleurs chez les libres-penseurs, il y a de la haine c'est bien
parce que cette violence reste engendrée par ceux qui l'ont utilisée en premier et qui, pour certains encore, la continue au nom de préceptes divins. Ne parlons pas de ce qui se passe dans
d'autres pays - ils sont légions -, parlons simplement de ce qui se passe en France, notamment les violences envers les femmes et la procréation, envers les enfants et maintenant envers le
mariage pour tous. De quel côté suinte la haine envers celui ou celle qui ont le malheur de ne pas penser comme eux ? La balance penche largement d'un côté : celui du monde des croyants.


De tous temps et en tous lieux, aucune statistique n'a été faite entre les morts pour des conflits de domination politico-économique et les morts des guerres et du terrorisme religieux. Je ne
vous suivrais donc pas sur ce terrain de la haine des francs-maçons "envers l’Église catholique".


 

Roland 30/05/2013 13:37


 

de passage 29/05/2013 01:17

L'analyse que vous faites de cet évènement me parait erronée. Il n'était pas question de liberté de conscience mais de cohérence dans ses pratiques. Ce qui différencie l'église catholique de la
franc maçonnerie c'est la croyance en une vérité révélée d'un côté contre l'idée que tout vient de la raison humaine de l'autre. La franc-maconnerie dit que toutes les religions se valent. Et c'est
sur cette base que toute personne croyante ou non y est admise. Le christianisme soutient que Jésus est dieu qui s'est incarné pour indiquer le chemin à suivre et que la voie que jésus nous demande
de suivre n'est pas une voie comme les autres. Cela contredit totalement la logique franc maconne. Je ne dit pas qui a raison ou qui a tord mais il faut constater que ce ne sont pas du tout les
mêmes façons de voir les choses. Si l'église à demandé à ce prêtre de choisir entre franc maconnerie et son ministère c'est parce qu'elle exige qu'il soit cohérent avec lui même. Si vous regardez
bien on ne lui a pas interdit d'être franc macon on ne lui a même pas dit que le fait d'être franc macon l'excommuniait définitivement de l'église on lui a simplement demandé d'être cohérent et de
choisir entre ceux qui disent que tous les chemins se valent et ceux qui disent que le chemin donné par jésus est meilleur que les autres. D'autre part j'ajouterai que la franc maconnerie a attaqué
l'église catholique de manière très violente. De nombreux franc-macons ont confondu laicité avec haine contre l'église catholique et il n'y a jamais eu le moindre regret exprimé par la franc
maconnerie à ce sujet ni même de rappel à l'ordre de la part des grand maîtres de la Franc maconnerie contre ses membres haineux envers l'église catholique. Pensez-vous que les juifs accepteraient
d'avoir un rabbin membre d'une association qui a pris part à des activités violemment antisémites et n'a jamais exprimé le moindre regret à ce sujet?