Edito de La Raison Militante n° 59

Publié le par Association des Libres Penseurs de France

Editorial

 

                                                    L’Elysée vaut bien une messe.

 

Le président de la République a rencontré le pape à Rome. Pour la troisième fois en trois ans, le parangon d’avidité clanique et d’iniquité fiscale et sociale qui dirige l’Etat a été filmé faisant, avec force signes de croix, allégeance à l’ultra-réactionnaire Ratzinger. Cette fois, il ne s’est pas laissé aller à un discours aussi scandaleusement anti-laïque que celui qu’il avait prononcé au Latran, mais la collusion vaticano-française a cependant bien été réaffirmée.

 

Notre congrès de La Bonneville-sur-Iton a rappelé les principes de la Libre Pensée, laquelle « rejette, au nom de la dignité humaine, ce triple joug : le pouvoir abusif d’une autorité en matière religieuse, du privilège en matière politique et du capital en matière économique. » Il a également énoncé notre revendication traditionnelle de rupture des relations diplomatiques de la France avec le pseudo-Etat du Vatican.

 

On en est loin. Dans la perspective de 2012, près avoir – vainement – cherché le soutien de l’extrême-droite par des tartarinades sécuritaires et une écoeurante chasse aux Roms, Sarkozy a bien besoin de quelque solide perche lui permettant de remonter du gouffre d’impopularité où l’a conduit sa politique antisociale. Pour cela, on en revient à l’alliance classique du goupillon et du coffre-fort. Il y a cinq ans, lors des émeutes de banlieue, c’est auprès des imans que le pouvoir avait cherché son salut ; autre facette d’une même politique, celle qui bafoue la laïcité des institutions théoriquement garantie par la séparation des églises et de l’Etat.

 

Les atteintes à la laïcité ont leur place dans le panorama antisocial et répressif actuel. A l’heure où sont écrites ces lignes, on ne sait pas comment se développera la mobilisation populaire pour défendre les acquis sociaux, notamment le système de retraites, soigneusement mis en pièces par le libéralisme sarkozien au prétexte d’une pseudo-modernisation et d’une adaptation à la mondialisation capitaliste. Quoi qu’il en soit, la nouvelle alliance du trône et de l’autel, signée par le pèlerin Sarko, trahit le désarroi d’un pouvoir aux abois.

 

Les Libres Penseurs prennent leur place dans l’affrontement où se jouera peut-être l’avenir de notre république et de notre démocratie sociale. Il est vrai que, dans des périodes troublées, les associations comme la nôtre ne sont pas nécessairement les plus recherchées, même si, nos statuts le rappellent, l’ADLPF se définit comme une « association populaire de recherche philosophique et d’action sociale ».

 

Plus que jamais, la nécessité de son renforcement est à l’ordre du jour. C’est ce à quoi entend s’atteler le nouveau Conseil d’Administration que notre mouvement a élu en septembre dernier à l’issue du fructueux congrès national tenu à La Bonneville-sur-Iton dans une excellente ambiance de camaraderie fraternelle.

 

                                                            Denis PELLETIER

                                                            Président de l’ADLPF.

 

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