Le 9 décembre à Barbaira (Aude)

Publié le par Association des Libres Penseurs de France

Monsieur le Conseiller Général représentant Monsieur le Président du Conseil Général de l’Aude,invitation Laïcité Barbaira

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les enseignants publics et laïques,

Mesdames et Messieurs les représentants des parents d’élèves,

Chers enfants,

Chers camarades et amis,

Mesdames, Messieurs,

 

Ayant l’honneur de présider aux destinées de l’Association Des Libres penseurs de France, l’ADLPF, section de l’Union Mondiale des Libres Penseurs, c’est avec plaisir que j’ai répondu à l’invitation de mes camarades Libres Penseurs de l’Aude et en particulier de leur président Yves BEZIAT à me joindre à vous pour cette cérémonie de plantation d’un arbre de la laïcité.

Certes, aujourd’hui 9 décembre, date anniversaire de la promulgation de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, Barbaira n’est pas la seule commune où a lieu une telle manifestation. J’ai également été sollicité pour participer à celle de Rouen, de Mézières (Yvelines) et pour assister à l’inauguration d’une place de la laïcité à Paris. Il me fallait choisir et j’ai choisi de répondre à nos copains audois et de découvrir ainsi la commune que je ne connaissais que par la chanson de Charles Trénet. Bien entendu, je voudrais d’abord exprimer mes sincères remerciements à tous ceux qui ont permis que cette manifestation ait lieu et, donc, tout d’abord à vous, Monsieur le Maire.

Notre association, vous le savez peut-être, est à l’origine de ce type de cérémonie depuis 2006, un an après les manifestations du centenaire de la Loi de Séparation des Eglises et de l’Etat. Depuis cette date, nous militons pour que le 9 décembre devienne officiellement la « journée de la laïcité ». Il y a 5 ans, seules quelques-unes de nos sections avaient concrétisé cette volonté de faire une fête de cette date de la création de la laïcité institutionnelle dans notre pays des Droits de l’Homme. L’initiative s’est, chaque année, progressivement étendue et, aujourd’hui, elle est reprise de façon généralisée partout où des laïques « bon teint » souhaitent montrer l’importance de cette valeur républicaine essentielle. Le succès de notre initiative nous a dépassés. Dans beaucoup d’endroits, c’est en dehors de notre présence que des arbres de la laïcité sont plantés. Nous avons été en quelque sorte dépossédés de notre idée et nous en sommes très satisfaits. Il reste encore à ce que soit officialisée cette journée de la laïcité, mais les initiatives parlementaires prises en ce sens nous font penser que notre attente ne devrait plus être très longue.

La plantation d’un arbre de la laïcité constitue un geste chargé de sens avec une référence républicaine explicite. Chacun se souvient des arbres de la Liberté qui étaient plantés pour commémorer les acquis démocratiques de la Révolution Française. Chers enfants, vous avez peut-être appris en histoire à l’école, ou vous l’apprendrez bientôt, qu’à partir de 1790, à la fête de la Fédération, les révolutionnaires plantaient symboliquement dans chaque commune un arbre de la Liberté. C’est pour rappeler ce geste que nous avons imaginé quelque chose de semblable : l’arbre de la Laïcité.

Planter cet arbre, c’est exprimer publiquement son attachement à cette valeur républicaine incomparable et inestimable que constitue la laïcité. Rappelons-le : la laïcité, ce n’est pas une idéologie parmi les autres ; c’est la possibilité que s’expriment librement toutes les opinions. C’est une organisation de la société fondée sur un idéal qui transcende toutes les idéologies, mais sans en privilégier aucune, et qui, avec la liberté de conscience – c’est-à-dire la liberté de croire ou de ne pas croire – établit la supériorité des Droits de l’Homme sur tout autre système qui serait fondé sur un dogme, notamment un dogme religieux. C’est pourquoi il est risible d’entendre parfois parler « d’intégristes de la laïcité ». Cela n’a pas de sens. On est laïque, ou on ne l’est pas. C’est comme si on voulait stigmatiser d’éventuels extrémistes de la démocratie ! Il y a un extrémisme de droite, un extrémisme de gauche, mais il n’y a ni extrémisme de la démocratie, ni intégrisme de la laïcité.

Il est aussi risible, et même peut-être un peu inquiétant, de voir également reprise la valeur « laïcité » par tous, y compris par ceux qui lui sont totalement étrangers quand ils ne sont pas ses pires ennemis. Auparavant, c’était un peu ringard de se présenter comme laïque. Aujourd’hui, tout le monde se réclame de la laïcité, même ceux qui n’ont aucune légitimité à le faire. Soyons clairs. Etre laïque, ce n’est pas proposer de débatte de la seule « liberté de religion » en lieu et place de la liberté de conscience, comme nous y invite le ministre de l’Intérieur. Etre laïque, ce n’est pas non plus stigmatiser une seule religion tout en se réclamant officiellement de l’héritage culturel d’une autre. Etre laïque, ce n’est pas mêler les affaires religieuses, qui ressortissent de la sphère privée, avec celles de la sphère publique. Etre laïque enfin, c’est aussi défendre l’école de tous, l’école de la République, l’école laïque et non pas démanteler l’Education Nationale et sacrifier l’avenir de notre jeunesse.

Les élèves ont été bien sages. Ils ont écouté des discours avec des mots qui ne leur disent peut-être pas grand-chose. Alors, chers enfants, je voudrais vous dire simplement ce qu’est la laïcité. La laïcité, ça signifie que chacun de vous est différent des autres, mais qu’en définitive vous êtes tous pareil. L’école laïque est comme la République : elle ne fait pas de différence entre ses enfants. Vous êtes tous, enfants de Barbaira, les enfants de la République, les futurs citoyens libres et égaux, doués d’intelligence et de raison.

Maintenant, je m’adresse à nouveau à tous, plutôt aux adultes, et non plus spécifiquement aux enfants. La laïcité ne peut pas être à géométrie variable. Elle n’admet pas que l’on puisse déclarer que le rôle de l’instituteur public est moins important que celui d’un ministre du culte pour la formation du citoyen. Elle n’admet pas que la liberté de conscience et, donc, la liberté d’expression soit mise en cause par quelque intégrisme que ce soit, celui qui brûle les locaux de Charlie Hebdo aussi bien que celui qui s’attaque violemment à une représentation théâtrale.

Nous le savons. Ici, dans l’Aude et à Barbaira en particulier, nous sommes en bonne terre laïque, une bonne terre républicaine et démocratique qui permettra l’épanouissement harmonieux de ce chêne. Alors, merci encore, à vous Monsieur le maire et à votre conseil municipal et

Vive la Laïcité ! Vive la République ! Vive la Sociale et Vive Barbaira !

                                                                                        Denis PELLETIER

                                                                                        Président de l’ADLPF

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