Vers plus de liberté ou vers le retour du délit de blasphème ?

Publié le par Régis BOUSSIERES

En Tunisie, le 28 mars 2012, deux jeunes tunisiens (Jabeur Mejri et Ghazi Beji) ont été condamnés à 7 ans et demi de prison pour avoir publié des caricatures de Mahomet sur Facebook.

La peine se compose de 5 ans de prison,

                           1200 DTN d’amende pour « diffusion de publication et des écritures et d’autres sources étrangères qui troublent l’ordre public »,

                                    2 ans d’emprisonnement pour « apport de préjudice aux tiers à travers les réseaux publics de communication »

                                     et 6 mois de prison « pour transgression de la morale et par les paroles ».

Bref, tous les moyens sont bons et sont utilisés pour faire comprendre qu’on ne rigole pas quand il s’agit de Mahomet. Il s’agit là d’une peine sans précédent pour ce type d’affaire dans ce pays. En effet, 7 ans et demi, pour avoir usé du droit fondamental de la liberté d’expression, c’est énorme… Mais il est des sujets où la liberté d’expression n’existe pas au nom du respect des croyances et/ ou des croyants. On peut parler des religions mais uniquement dans un sens positif. Le jugement est susceptible d’Appel, l’affaire est donc à suivre… Jabeur Mejri a été arrêté tandis que son complice serait en fuite en Europe. Bochra Belhaj Hmida, avocate et ex-présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates, s’est investie pour défendre ces deux jeunes et s'est  mobilisée pour la société civile explique Tunisia Live : Elle estime « absurde que les deux jeunes hommes soient poursuivis pour des actes si insignifiants alors que ceux qui ont commis des actes de terrorisme en Tunisie sont libres ». Il faut dire qu’ils ont agit au nom de Mahomet : On a le droit de tuer au nom de Mahomet mais c'est un blasphème de le dessiner! Notons au passage que d’autres affaires sont en cours ou, ont été jugé. Ainsi, un autre Tribunal tunisien a condamné à 4 ans de prison un homme coupable d’avoir profané le Coran à Ben Guerdane, dans le sud du pays. Il aurait lancé des exemplaires du livre saint de l’islam dans les cabinets de plusieurs mosquées… 4 ans pour ça ! Enfin, le directeur de la chaine privée Nessma Tv attend la date de son procès pour avoir diffusé sur sa chaîne de télévision (que personne n’est obligé de voir) le film d’animation franco-iranien Persépolis. Il y a du souci à se faire pour l’avenir de ce pays qui a réussi à se débarrasser d’un dictateur pour retomber dans l’obscurantisme et le fanatisme religieux avec des procès, des menaces, des actes de violences et la mise en place d’un état théocratique. Il nous faut soutenir, ceux et celles qui là bas luttent pour la liberté de conscience, la démocratie, l’égalité femme/homme.

                                                                                          Régis Boussières

Publié dans SOCIETE

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François Lahab 24/04/2012


Nul doute qu'Amnesty International, qui vient de pondre un rapport pour soutenir le prosélytisme islamiste et les obligations vestimentaires imposées aux femmes, va se fendre d'un communiqué pour
déplorer cette atteinte à la liberté d'expression...


 

François Lahab 03/05/2012


Le directeur de Nessma TV (une télé tunisienne) vient lui-même d'être condamné à une amende pour "atteinte au sacré" (!)


Son délit ? Avoir diffusé le film "Perspépolis", qui représente Dieu, que c'est vilain !


Au dernières nouvelles, pas de réaction d'Amnesty International: c'est vrai que s'en prendre aux barbus, c'est plus dangereux que d'attaquer les laïcs européens...