Parution des radios libres iséroises:
Parution des radios libres iséroises:
Note de Lecture: par Roland BOSDEVEIX
Horacio Prieto, mon père
de César M. Lorenzo
(Les Editions libertaires, 252 pages, novembre 2012, 15 €)
Horacio Prieto a été l'un des dirigeants de la Confédération
nationale du Travail et, de ce fait, l'un des militants incontournables des événements qui secouèrent l'Espagne entre 1936 et 1939. Son fils, Cesar Lorenzo, nous présente sa vie et son action
publique.
Il nous plonge dans l'intimité de son père, né au début du XXe siècle et décédé dans l'année 1985, et nous fait revivre de larges tranches de sa vie houleuse. Je vous laisse le soin d'imaginer ce que furent son vécu et ses combats : une véritable saga pour cette personnalité prise dans le tourbillon d'une époque particulièrement dure au niveau des réalités politiques et sociales espagnoles. Après moults combats, emprisonnements et rencontres, Horacio parvient au secrétariat général de la CNT en 1936. Il assume cette importante responsabilité et, les événements faisant, nous le retrouvons embarqué dans des responsabilités ministérielles au sein du gouvernement républicain. De toute évidence, ce choix a été difficile à prendre, tant était discuté et contreversé au sein du mouvement anarchiste ibérique - CNT et FAI - le principe même de cette participation.
Mais lLa réalité politique avait rapidement prise le dessus. Entre l'application des principes révolutionnaires absolus et la nécessité de résister à la pression militaire des franquistes, responsables du coup d'Etat, cette participation gouvernementale devenait évidente. Pour Horacio et une très large partie de ses compagnons, la priorité, l'urgence impliquait cette alliance avec le camp de tous les opposants politiques. A ses yeux, la participation à l'appareil d'Etat républicain ne visait que la sauvegarde des conquêtes révolutionnaires. En long et en large, l'auteur prend le soin de décrire parfaitement le cheminement et le pragmatisme intellectuel d'Horacio.
Fallait-il ou non participer au pouvoir et prendre le risque d'y perdre son âme ? Ce choix discutable et très discuté dans le mouvement libertaire espagnol à cette époque, l'est encore maintenant car il ébranle le credo anarchiste pur sucre. C'est donc tout l'intérêt de cette biographie. Alors tel père et tel fils ?
L'auteur n'en est pas à son premier coup d'essai. Nous lui devons un ouvrage critique sur Les anarchistes espagnols et le pouvoir, publié en 1969 et réédité depuis, dans une version modifiée, par Les Editions libertaires : Le mouvement anarchiste en Espagne. Sa démarche conceptuelle n'est pas sans nous rappeller celle d'Horacio. Elle interpelle les anarchistes qui ne peuvent pas faire l'économie d'un débat sur les mécanismes très complexes du pouvoir en période révolutionnaire. Même maudite, cette relation au pouvoir se pose comme une donnée incontournable que l'on ne peut évacuer d'un simple coup de gomme. C'est bien là, sans doute, l'un des mérites essentiels de cet ouvrage.
De toute évidence, cette biographie s'adresse à tous ceux qui veulent approfondir leur connaissance du mouvement libertaire et, plus particulièrement de ceux qui contribuèrent à l'animation de cette expérience significative car la dernière du genre, à cette échelle, en Europe.
Note de Lecture
L'écartèlement algérien
de Jean-Marie Tixier
Les Editions Libertaires, 246 pages, décembre 2012, 15 €)
A tous ceux qui ont vécus ou qui souhaitent tout simplement connaître cette récente histoire conflictuelle entre la France et l'Algérie, cet ouvrage leur est
destiné.
Jean-Marie Tixier naquit près d'Oran, en 1949. Ses primes années furent marquées par les tensions, les souffrances et la vision d'atrocités commises durant cette période de guerre coloniale. Comme tous les pieds-noirs, il quitte le pays mais lui, à la différence de la plupart de ces congénères, il y retourne vers la fin des années 1970. Observateur attentif, rien n'échappe à son regard. Il nous entraîne dans cette douloureuse tourmente et nous ressentons combien il reste marqué par cet effroyable gâchis humain. Les plaies mal cicatrisées rendent bien difficiles ce retour au pays.
L'écartèlement algérien, possède un double intérêt. Si l'auteur nous replonge dans ce terrible retour en arrière, ses propos traduisent également une belle quête d'espérances : son livre expose des éléments intéressants d'analyse sur les enjeux actuels de ce pays. Jean-Marie Tixier s'oblige à des va-et-vient permanents entre l'Algérie d'hier et celle d'aujourd'hui. Cela donne une intéressante mise en perspective et cela l'oblige à s'interroger sur le devenir du pays. Pour lui, "la fin est encore loin, mais nombreux sont ceux qui y travaillent..."
Lorsque vous aurez tourné la dernière page, il est probable que votre regard et vos réflexions auront changé sur l'Algérie. Je ne saurais conclure sans signaler la préface écrite par Benoist Rey, l'auteur du livre Les Egorgeurs, un ouvrage sur cette guerre sale et qui fut interdit et saisi en 1961.
Roland BOSDEVEIX
Note de lecture
de Michel Bavaud
(Les Editions de l'Aire*, novembre 2011)
Un titre éloquent qui en dit long et nous invite à entrer dans le vif du sujet.
Après avoir passé quelques dizaines d'années à croire en cette chimère et à militer en faveur de son institution : l'église catholique romaine, l'auteur déploie moults explications pour faire son mea culpa. Ce n'est pas nous qui lui en tiendrons rigueur... Michel Bavaud nous place dans la situation de comprendre son long et progressif cheminement vers la raison. "Sa vision chrétienne du monde, écrit-il, s'est élaborée à travers un prisme unique parce qu'on prenait soin de ne pas m'en proposer d'autres". Ah, dogmatisme quant tu nous tiens !
Alors, plongez donc dans ces 220 pages de lecture facile et agréable. Cet ancien directeur d'école est amené à la déconstruction de tous les éléments qui l'ont conduit à la foi. L'auteur use d'un argumentaire rigoureux et cohérent donnant du relief à son récit passionnant. Avec franchise et beaucoup de lucidité, son analyse l'oblige à tout redéfinir ce qui - vous vous en doutez - ne s'est pas fait sans tiraillements ni douleurs mentales, jusqu'à ce "mélange explosif du politique et du religieux" qui, pour lui, "a été et reste une tragédie dont on n'arrive pas à sortir".
Certes, il n'est ni le premier ni le dernier à suivre ce difficile sentier de sa propre remise cause de la croyance religieuse. C'est tout à son honneur de l'avoir osé et de nous faire partager son chemin de croix, au risque de déplaire à tous ceux qui l'on fréquenté et qui participe à son environnement.
Dans son introduction, l'auteur affirme : "quand j'ai mal, je crie, j'écris". Nous l'avons bien ressenti et son livre-témoignage n'en que plus de force.
Roland Bosdeveix
* Les Editions de l'Aire : 15, rue de l’Union / CP 57 / 1800 Vevey (CH)
NotedeLecture
Divin capital
de Claude Margat
(Les Editions Libertaires, Novembre 2011, 87 pages, 5 €)
Un roman étrange et pour le moins déroutant, de
la pure fiction pour laquelle nous nous devons de considérer, avec l'auteur, que “la prophétie est seulement un épiphénomène de l'exactitude”. Dans cette hypothèse, il se pourrait bien que cette
évocation se déroule dans de futures décennies...
Divin capital se situe dans le même “tripe” que 1984. Mais, à la différence du célèbre ouvrage de George Orwell, la brutalité du contexte et la violence des rapports humains relatées par l'auteur sont sans commune mesure. Un univers fait de terreur dans lequel l'amour, la liberté, l'égalité et la fraternité appartiennent aux vestiges du passé. Au terme de cette lecture, il nous semble difficile de sortir indemne.
Bravo à l'auteur pour cette fantastique narration.
Roland Bosdeveix
NotedeLecture
Paroles de murs athéniens
de Yannis Youlountas
(Les Editions Libertaires, 1er trimestre 2012, 64 pages, 13 €)
Qui n'a pas quelques souvenirs des grandes tragédies grecques apprises sur les bancs de l'école ? Mais qui encore, aujourd'hui, garde quelques traces de cette tragédie infernale qui
vient de se dérouler durant l'année 2008 ?
Fier de son passé, ce peuple s'est révolté et, comme le Paris de 1968, il a tenu à l'inscrire sur les murs de sa ville capitale. En vrai baroudeur, l'auteur fit sa moisson de graffitis et de citations, autant de plaintes contre les méfaits subis par ce peuple économiquement et socialement étranglé.
Voici donc un ouvrage-témoignage bienvenu. Il est une façon comme une autre pour nous forcer à ne pas oublier cette tragique histoire contemporaine qui, malheureusement, continue inlassablement à poursuivre son catastrophique chemin.
Roland Bosdeveix
Note de Lecture
Yonk– L'invention de la religion* 
de Jack Fournier et Bruno Moreau
(Les Editions Libertaires,février 2012,64 pages,15 €)
Voici un ouvrage qui me réconcilie provisoirement avec la BD. Cette technique graphique ne m'a jamais vraiment attirée, à tort semble-t-il si l'on considère le très fort engouement du public. Mais il me semble que la gestion conjointe de l'image et du texte, ce dernier étant souvent assez pauvre, altèrent l'une et l'autre à la fois.
Reconnaissons ici que la qualité des dessins de Bruno Moreau est excellente et le texte de Jack Fournier remplit bien son office, à savoir celui de nous faire comprendre comment a pu naître ce curieux concept de religion. Après de savantes et longues hypothèses sur le sujet qui ont été abondamment développées, en si peu de pages la prouesse mérite d'être soulignée. Nous avons été captivé par sa lecture et nous aurions aimé qu'elle dure plus longtemps. Tant pis pour nous !
Un conseil : même si comme moi vous ne disposez pas de cette nouvelle culture BD, que cela ne vous empêche point d'acheter Yonk par lot - que dis-je par caisse (avant épuisement) ? - afin d'en faire profiter votre entourage. Une façon originale et commode, fort éloignée des Douze preuves de l'inexistence de Dieu de Sébastien Faure, pour démonter la mécanique religieuse.
Roland BOSDEVEIX
* Les Editions Libertaires - 35 allée de l'Angle, Chaucre 17190 Saint-Georges d'Oléron. Courriel : editionslibertaires@wanadoo.fr – Frais de port + 10% (gratuit à partir de 10 ouvrages)
Hamid Zanaz
(Les Editions de paris Max Chaleil, mars 2012, 80 pages, 9 €)
Non sans plaisir, nous avions commenté dans un
précédent numéro du journal (n° 54, janvier 2010) L'impasse islamique, l'excellente étude écrite par Hamid Zanaz. Celui-ci s'en prend à cette religion une seconde fois sous un angle
particulier : celui de l'islamisme.
Le titre de l'ouvrage interpelle le lecteur. Serait-ce la conséquence d'un effet éditorial de manière à capter l'attention ? De toute évidence non. Son auteur considère bien l'islamisme comme le "fils légitime de l'islam". Les arguments qui tendent à accréditer cette thèse semblent convaincants, à la condition que l'on présuppose qu'il n'existe pas d'autre alternative car cet extrêmisme n'est, pour l'auteur, que le revers de la médaille.
Il nous semble que c'est aller un peu vite en besogne que d'associer cet excroissance comme un fusionnement normal, naturel et logique. Même si Hamid Zanaz assène de fortes vérités – qui ne sont pas pour nous déplaire d'ailleurs - ; même si ses arguments s'appuient sur une démonstration bien établie, il nous apparaît difficile de le suivre complètement sur ce terrain-là. Pourquoi considérer l'excès d'intégrité dans une pensée dogmatique comme la principale représentation du vrai visage de celle-ci ? L'intégrisme et plus encore le fondamentalisme religieux, sont-ils les reflets exacts de cette pensée ? Ne seraient-ils pas des versions exacerbées se situant à la marge du courant principal ? Lorsque Hamid Zanaz s'oppose au courant réformiste de l'islam parce qu'il considère que l'on "ne peut réformer l'islam sans toucher quelque chose de fondamental dans cette religion", il fait peu de cas des divers pratiques que prend cette religion et ses émules dans des pays comme le nôtre où les forces du marché font régner un matérialisme qui les éloigne du cléricalisme. Certes, je ne suis pas un si fin analyste que l'auteur. Mais comme le doute fait partie intégrante de mon raisonnement, j'admets la possibilité de me fourvoyer. C'est pour cela qu'il me semble que la nuance et la pondération devraient être de circonstance. Pour autant, cela ne m'empêche pas de m'accorder avec lui sur la nature extrêmement négative que représente cette religion sur ceux qui la pratiquent ou qui la subissent.
D'aucuns pourront juger mes propos trop critiques. Alors, ami lecteur, que cela ne t'empêche pas de lire cet ouvrage fort bien écrit - normal, car l'auteur est journaliste. Il possède ce grand mérite : celui de nous pousser à la réflexion sur la nature même de cette religion. Ne serait-ce que pour cette raison : il fait oeuvre utile...
Roland BOSDEVEIX
Note de lecture établi pour La Raison Militante n° 66.
Vient de paraître aux éditions érès
Baby-Loup, histoire d'un combat
de Luce Dupraz
Préface de Elisabeth Badinter
Postface de Caroline Eliacheff
Comment une association connue depuis vingt ans pour lutter au quotidien contre toutes les discriminations a-t-elle pu être attaquée par la HALDE, saisie par une employée licenciée ? Un combat pour défendre la laïcité dans le cadre d'un projet original articulant accueil de la petite enfance, formation professionnelle et centre social.
La défense de la laïcité dans une structure petite enfance de droit privé est une position singulière dans un secteur où la tolérance nourrie de naïveté à légard des femmes voilées (assistantes maternelles, public accueilli) est la règle générale. L'aveuglement des professionnels et des formateurs sur le risque d'entrisme intégriste les fait défendre sans réserve l'accueil de la diversité. Cet ouvrage enfonce un coin dans ce consensus et permet de rétablir en partie un juste équilibre. Le combat de la crèche Baby-Loup a eu des répercutions nationales, il a fait jurisprudence pour toutes les structures de la petite enfance et du secteur médico-social.
Agrégée d'histoire,Luce Dupraz est personne qualifiée à la Commission départementale d'accueil des jeunes enfants du département du Rhône, expert sur les formes nouvelles d'accueil de la petite enfance et de l'éveil culturel du jeune enfant, ancienne présidente de l'Agence « Quand les livres relient ».
Editions Mémoire Active
(Préface de Gérard Collomb, Sénateur-Maire de Lyon)
Format : 190 x 230 cm, 304 pages, 67 illustrations, 28 euros
Par-delà l’attrait et le mystère que suscitent, hier comme aujourd’hui, la franc-maçonnerie, on oublie souvent la forte implication des francs-maçons durant la Seconde Guerre mondiale dans la Résistance. A Lyon, cité surnommée « Capitale de la Résistance », leur rôle a été décisif. L’appartenance maçonnique des nombreux cadres de la Résistance a souvent été passée sous silence. Soit que les familles n’eurent pas apprécié que l’on dévoile cet aspect de la biographie de leur parent, soit que ce soient les Frères (appellation des francs-maçons) eux-mêmes qui aient souhaité conserver une certaine réserve quant à leurs choix et engagements. On a ainsi oublié l’appartenance à la franc-maçonnerie d’Albert Chambonnet, chef de l’Armée secrète de la région R1 et futur Compagnon de la Libération, de Paul Guivante et de René Pellet chefs successifs du réseau Marco-Polo, du couple Vansteenberghe du mouvement Franc-Tireur et de tant d’autres. Ce livre – dictionnaire biographique comportant plus d’une centaine de notices - essaie de réparer cette omission de l’histoire, tentant de croiser des données strictement maçonniques et inédites avec des sources historiques relatives à la Résistance lyonnaise et nationale.
Qu’entend-on ici par franc-maçon résistant ? Un résistant qui est entré en maçonnerie - dans le jargon maçonnique, on parle d’initiation - avant la guerre. L’auteur s’intéressera prioritairement aux résistants initiés avant-guerre dans des loges lyonnaises et parfois à des résistants très impliqués à Lyon pendant la guerre, initiés ailleurs.
La première étape de ce travail, la plus longue, a été de constituer un corpus fiable de francs-maçons résistants sur lequel travailler, en croisant des données maçonniques et des données liées à la Résistance.
La seconde étape a consisté à retrouver l’itinéraire de ces francs-maçons aujourd’hui disparus, reconstituer des étapes de vie, des engagements, des résistances. Cette étape est plus aisée dans le sens où, hier comme aujourd’hui, les francs-maçons se sont souvent impliqués, en général individuellement, dans la vie de la cité. Ils sont élus, syndicalistes, militants dans des associations humanistes comme la Ligue des Droits de l’Homme, La Libre Pensée, etc. Ces engagements laissent souvent des traces, ne serait-ce qu’archivistiques.
Cette étude se veut prosopographique, c’est-à-dire que le regard est centré sur la personne, sur l’individu et ce qu’il a fait. Deux perspectives qui ont particulièrement intéressé l’auteur : l’engagement et plus particulièrement celui ayant trait à la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale et l’itinéraire maçonnique. Pour les individus traités, l’auteur y décrit, en fonction des données disponibles, ses dates et lieux de naissance et de décès, son itinéraire maçonnique et ses fonctions en loge, ses adresses, les mouvements et réseaux de résistance auxquels il a appartenu, les décorations obtenues et enfin une biographie plus ou moins longue qui met l’accent sur l’engagement pris.
Régis Le Mer est diplômé en philosophie et en histoire. Il est documentaliste au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) à Lyon. Initialement antiquisant, formé dans l’Ecole d’anthropologie historique fondée par Jean-Pierre Vernant et dirigée longtemps par l’historien Pierre Vidal-Naquet, il s’est orienté, sous leur influence, vers l’histoire contemporaine. Il a récemment consacré à ces maîtres (qui n’étaient pas francs-maçons) une exposition à Lyon, intitulée « Citoyens en Résistance »
Pour tout renseignement regislemer@yahoo.fr
Notedelecture
La République contre son
école
EddyKhaldi etMurielFitoussi
(Demopolis,octobre 2011,330 pages, 21€)
Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi nous gratifient d'un second ouvrage, positionné sur la même thématique que son prédécesseur. Pour les auteurs - c'est évident - il s'agit de "poursuivre l'œuvre d'information citoyenne initiée en 2008", c'est-à-dire l'année de la parution de Main basse sur l'école publique.
Ce premier livre faisait une constatation sans concessions du délitement de l'école publique, sur laquelle, depuis fort longtemps, une OPA réactionnaire était lancée. Le second ouvrage va encore plus loin sur l'analyse du démontage opéré par les tenants d'une école prétendue libre. Certainement libre pour aider à la déstructuration de la "laïque" ; libre aussi pour participer à son dépeçage systématique.
Le titre, un brin provocateur, pourra peut-être décontenancer le lecteur. Pourtant, il ne gâte en rien le contenu. L'ouvrage dresse un constat accablant, dramatique et, disons-le, alarmant ! Le style est clair et direct. Il va à l'essentiel sans s'encombrer de formules tarabiscotées, chères à tous les spécialistes dignes des grandes écoles. Pour nous, l'objectif fixé par les auteurs est atteint. La république est devenue folle ! Ceux qui la dirigent agissent contre l'école publique, celle-là même qui a su construire patiemment l'identité républicaine.
En premier lieu, nous trouvons nos gouvernants, plus de droite que de gauche. A propos de ces derniers, les auteurs nous semblent quelque peu timorés. Le personnel politique a fourni, depuis la loi Debré et même avant, autant de verges pour fouetter avec violence l'institution. Les causes en sont établis et fort bien détaillées par nos auteurs.
Ensuite évidemment, nous retrouvons l'église. Elle qui cherche, d'une façon ou d'une autre depuis 1905, à reprendre la main sur la société civile, une société qui ne la reconnaît plus en termes de fréquentation religieuse. L'enseignement privé : de la maternelle à l'université en passant maintenant par les jardins d'enfants, reste son principal cheval de Troie pour tenter la reconquête.
Enfin, une troisième équipe, toute transversale, celle des tenants du libéralisme et du néo-libéralisme. Au nom de la "sacro-sainte" liberté, elle entend placer sur le même pied d'égalité, par la concurrence, les deux principales structures d'enseignement. En bref, de joyeux larrons fort décidés à travers leurs multiples et influents réseaux, à réduire, sinon détruire, l'école des hussards de la République.
Tout cela est relaté dans ces trois cent pages qui nous démangent du début jusqu'à la fin. Vous l'avez compris : les auteurs ne prennent ni gants ni quatre chemins pour démonter les méthodes employées par ces puissants commanditaires. Au scalpel et sans anesthésie locale, ils attaquent les chairs vives de ses fossoyeurs de la "laïque".
Alors, Ami lecteur, court vite te procurer ce livre. Après en avoir fermé la dernière page*, nous formons l'espoir que tu auras un magnifique sursaut citoyen. Tel est le pari que font Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi. En cette fin d'année qui se profile, nous ne pouvons pas formuler d'autre vœu ...sinon celui de sa réussite éditoriale.
Roland BOSDEVEIX
* Deux annexes fort instructives : expansionnisme de l'enseignement privé et réseaux communautaires, bouclent l'ouvrage.
Au delà de la vie passionnante de cet "honnête homme" laïque et républicain, c'est une étude historique très intéressante sur son époque et les longues luttes pour l'instauration de la République.
Alain NEBOUT
Textes : Claude Lacombe et
Richard Bordes
Contre-enquête sur un écrivain républicain, anticlérical,
libre-penseur et franc-maçon de la IIIe République
Qui se cache derrière ce visage à la barbe de patriarche ?
Les différents auteurs qui ont tenté de répondre à cette question ont été, à divers degrés, influencés par leurs sensibilités philosophiques, idéologiques, politiques ou religieuses, et ont
souvent produit de savantes et subtiles exégèses qui auraient sans doute fait sourire le vieux sage de Montignac.
Au terme de la contre-enquête menée par Richard Bordes et Claude Lacombe, il apparait évident que certains biographes ont fait fausse route sur des interrogations qu’ils ont cru pouvoir résoudre
au moyen de l’interprétation psychobiographique de l’œuvre d’Eugène Le Roy.
Il fallait donc une approche plus réaliste du sujet pour retrouver le Vrai visage d’Eugène Le Roy, revenir aux sources documentaires et contextuelles, car, en menant leur contre-enquête, les
auteurs ont acquis la certitude qu’Eugène Le Roy a parfaitement bien maîtrisé, de bout en bout, sa vie et son œuvre.
Une importante série de portraits photographiques, de lui-même comme de sa famille (pour la plupart inédits), vient appuyer ce constat en montrant l’image d’un homme serein qui a assumé
pleinement sa vie de famille, sa vie professionnelle, son désir d’écriture et ses convictions, et qui s’affirme comme un homme de la terre parfaitement « dans ses sabots ».
Editions La Lauze
cliquez sur ce lien [.......]
Format : 16 x 23 cm
Nombre de pages : 328
Reliure : broché
Parution : juin 2010
Prix de vente public TTC : 25 euros
"La religion nuit gravement à la santé des peuples"
ALBUM COLLECTIF MONDIAL DES DESSINATEURS DE PRESSE
cliquez [..ici..] pour ouvrir le document PDF, et en avoir tous les renseignements.
Dans la revue PROCHOIX n° 53 du 26 octobre 2010
Ecole : silence, on privatise...
Editorial (Caroline Fourest)
Communautarismes et marchés scolaires (Eddy Khaldi)
Le hors-contrat se déploie et s’organise (Jérémie Demay)
Les écoles catholiques intégristes en France
Pourquoi l’Etat en veut-il tellement à son service public d’éducation (Christiane Allain)
Un collège de l’Opus Dei sous contrat
La Loi Debré, cet ‘acte de combat’ antirépublicain (Louis Astre)
Ecole laïque en danger, démocratie en danger (Guy Georges)
Sur l’accord République Française - Saint Siège (Jean Riedinger)
Coups d’épingles dans la laïcité (Monique Cabotte-Carillon)
Maine et Loire : la guerre scolaire au quotidien (Christophe Guillet)
Le règlement Saint Dominique Savio et Sainte Maria Goretti
A propos de quelques écoles juives (Hervé élie Bokobza)
Le lycée Averroès (Fiammetta Venner)
L’enseignement confessionnel en Belgique (Nadia Geerts)
Prochoix est diffusé dans les librairies par Difpop
Pour vous abonner à la revue Prochoix aller sur le site :
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2010/10/26/2313-prochoix-n53-ecoles-silence-on-privatise
http://www.main-basse-sur-ecole-publique.com/
La séparation :Lithographie
représentant Emile Combes tranchant le lien entre la République et le Vatican - Musée Jean Jaurès Castres

Derniers Commentaires