LAICITE

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Monsieur le Conseiller Général représentant Monsieur le Président du Conseil Général de l’Aude,invitation Laïcité Barbaira

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les enseignants publics et laïques,

Mesdames et Messieurs les représentants des parents d’élèves,

Chers enfants,

Chers camarades et amis,

Mesdames, Messieurs,

 

Ayant l’honneur de présider aux destinées de l’Association Des Libres penseurs de France, l’ADLPF, section de l’Union Mondiale des Libres Penseurs, c’est avec plaisir que j’ai répondu à l’invitation de mes camarades Libres Penseurs de l’Aude et en particulier de leur président Yves BEZIAT à me joindre à vous pour cette cérémonie de plantation d’un arbre de la laïcité.

Certes, aujourd’hui 9 décembre, date anniversaire de la promulgation de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, Barbaira n’est pas la seule commune où a lieu une telle manifestation. J’ai également été sollicité pour participer à celle de Rouen, de Mézières (Yvelines) et pour assister à l’inauguration d’une place de la laïcité à Paris. Il me fallait choisir et j’ai choisi de répondre à nos copains audois et de découvrir ainsi la commune que je ne connaissais que par la chanson de Charles Trénet. Bien entendu, je voudrais d’abord exprimer mes sincères remerciements à tous ceux qui ont permis que cette manifestation ait lieu et, donc, tout d’abord à vous, Monsieur le Maire.

Notre association, vous le savez peut-être, est à l’origine de ce type de cérémonie depuis 2006, un an après les manifestations du centenaire de la Loi de Séparation des Eglises et de l’Etat. Depuis cette date, nous militons pour que le 9 décembre devienne officiellement la « journée de la laïcité ». Il y a 5 ans, seules quelques-unes de nos sections avaient concrétisé cette volonté de faire une fête de cette date de la création de la laïcité institutionnelle dans notre pays des Droits de l’Homme. L’initiative s’est, chaque année, progressivement étendue et, aujourd’hui, elle est reprise de façon généralisée partout où des laïques « bon teint » souhaitent montrer l’importance de cette valeur républicaine essentielle. Le succès de notre initiative nous a dépassés. Dans beaucoup d’endroits, c’est en dehors de notre présence que des arbres de la laïcité sont plantés. Nous avons été en quelque sorte dépossédés de notre idée et nous en sommes très satisfaits. Il reste encore à ce que soit officialisée cette journée de la laïcité, mais les initiatives parlementaires prises en ce sens nous font penser que notre attente ne devrait plus être très longue.

La plantation d’un arbre de la laïcité constitue un geste chargé de sens avec une référence républicaine explicite. Chacun se souvient des arbres de la Liberté qui étaient plantés pour commémorer les acquis démocratiques de la Révolution Française. Chers enfants, vous avez peut-être appris en histoire à l’école, ou vous l’apprendrez bientôt, qu’à partir de 1790, à la fête de la Fédération, les révolutionnaires plantaient symboliquement dans chaque commune un arbre de la Liberté. C’est pour rappeler ce geste que nous avons imaginé quelque chose de semblable : l’arbre de la Laïcité.

Planter cet arbre, c’est exprimer publiquement son attachement à cette valeur républicaine incomparable et inestimable que constitue la laïcité. Rappelons-le : la laïcité, ce n’est pas une idéologie parmi les autres ; c’est la possibilité que s’expriment librement toutes les opinions. C’est une organisation de la société fondée sur un idéal qui transcende toutes les idéologies, mais sans en privilégier aucune, et qui, avec la liberté de conscience – c’est-à-dire la liberté de croire ou de ne pas croire – établit la supériorité des Droits de l’Homme sur tout autre système qui serait fondé sur un dogme, notamment un dogme religieux. C’est pourquoi il est risible d’entendre parfois parler « d’intégristes de la laïcité ». Cela n’a pas de sens. On est laïque, ou on ne l’est pas. C’est comme si on voulait stigmatiser d’éventuels extrémistes de la démocratie ! Il y a un extrémisme de droite, un extrémisme de gauche, mais il n’y a ni extrémisme de la démocratie, ni intégrisme de la laïcité.

Il est aussi risible, et même peut-être un peu inquiétant, de voir également reprise la valeur « laïcité » par tous, y compris par ceux qui lui sont totalement étrangers quand ils ne sont pas ses pires ennemis. Auparavant, c’était un peu ringard de se présenter comme laïque. Aujourd’hui, tout le monde se réclame de la laïcité, même ceux qui n’ont aucune légitimité à le faire. Soyons clairs. Etre laïque, ce n’est pas proposer de débatte de la seule « liberté de religion » en lieu et place de la liberté de conscience, comme nous y invite le ministre de l’Intérieur. Etre laïque, ce n’est pas non plus stigmatiser une seule religion tout en se réclamant officiellement de l’héritage culturel d’une autre. Etre laïque, ce n’est pas mêler les affaires religieuses, qui ressortissent de la sphère privée, avec celles de la sphère publique. Etre laïque enfin, c’est aussi défendre l’école de tous, l’école de la République, l’école laïque et non pas démanteler l’Education Nationale et sacrifier l’avenir de notre jeunesse.

Les élèves ont été bien sages. Ils ont écouté des discours avec des mots qui ne leur disent peut-être pas grand-chose. Alors, chers enfants, je voudrais vous dire simplement ce qu’est la laïcité. La laïcité, ça signifie que chacun de vous est différent des autres, mais qu’en définitive vous êtes tous pareil. L’école laïque est comme la République : elle ne fait pas de différence entre ses enfants. Vous êtes tous, enfants de Barbaira, les enfants de la République, les futurs citoyens libres et égaux, doués d’intelligence et de raison.

Maintenant, je m’adresse à nouveau à tous, plutôt aux adultes, et non plus spécifiquement aux enfants. La laïcité ne peut pas être à géométrie variable. Elle n’admet pas que l’on puisse déclarer que le rôle de l’instituteur public est moins important que celui d’un ministre du culte pour la formation du citoyen. Elle n’admet pas que la liberté de conscience et, donc, la liberté d’expression soit mise en cause par quelque intégrisme que ce soit, celui qui brûle les locaux de Charlie Hebdo aussi bien que celui qui s’attaque violemment à une représentation théâtrale.

Nous le savons. Ici, dans l’Aude et à Barbaira en particulier, nous sommes en bonne terre laïque, une bonne terre républicaine et démocratique qui permettra l’épanouissement harmonieux de ce chêne. Alors, merci encore, à vous Monsieur le maire et à votre conseil municipal et

Vive la Laïcité ! Vive la République ! Vive la Sociale et Vive Barbaira !

                                                                                        Denis PELLETIER

                                                                                        Président de l’ADLPF

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Communauté : libre pensée et laïcité
Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 08:38
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                    Plantation d'un arbre de la Laïcité


                  Ecole communale de la Villeuneuve

                                Mézières sur Seine

 

 

 

 

 

 

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Madame la conseillère générale,

Monsieur le Maire d'Épône,

Monsieur Blévin, Maire de Mézières,

Mesdames, Messieurs les élus,

Messieurs les représentants des loges maçonniques mantaises du GO, du droit humain et de la Grande loge mixte universelle

Monsieur BERRAUD, ancien directeur de l'école de la villeneuve,

Madame la Directrice actuelle de cette même école,

Mesdames et Messieurs les instituteurs et institutrices,

Aux administrés et parents d'élèves,

et enfin et surtout, aux futurs citoyens, les enfants ici présents en direction de qui est dirigée cet événement.

 

Nos remerciements à Madame Marie, institutrice qui a pris en charge le pilotage de ce projet autour du passeport de la laïcité.

 

Voici quelques années, constatant l'acharnement avec lequel les pouvoirs politiques œuvraient à la déliquescence des services publics, et tout particulièrement de l'éducation nationale, notre association appelait de ses vœux à la reconnaissance d'une journée nationale de la laïcité.

 

D'aucuns répondent encore qu'il n'est pas un jour à dédier à la laïcité, car elle s'applique chaque jour.

Si cela avait été le cas, il n'aurait pas été nécessaire d'instaurer cette journée et c'est bien devant la multiplication des attaques et entraves à la laïcité que nous inscrivions cette volonté d'une journée nationale comme une priorité. C'est pour cela que notre association des libres penseurs des Yvelines œuvre sur le terrain, dans les écoles et jusque dans les crèches ou, je vous l'assure, ne se cache aucun délinquant en culotte courte.

De notre obstination est née une proposition de loi afin d'officialiser cette journée nationale de la laïcité.

 

À l'instar de nos ancêtres révolutionnaires qui couvrirent le sol français d'arbres de la liberté, nous sommes fiers de voir ce geste repris par de nombreuses associations laïques.

Aujourd'hui 9 décembre 2011, on ne compte plus les nombreuses initiatives qui couvrent notre territoire. Manifestations, colloques viennent s'ajouter à ces plantations. Ici où là, l'on rebaptise des rues de la laïcité.

 

À l'heure ou de par le monde, des peuples entiers se soulèvent et revendiquent le droit à disposer d'eux-mêmes, à l'heure où ces mêmes peuples réclament l'instauration de la laïcité, il serait navrant que la France, pays des lumières et des droits de l'homme demeure sous l'éteignoir d'un gouvernement réactionnaire qui s'obstine à détruire la loi de 1905 et à démanteler l'école publique, pilier de notre république.

 

Non, décidément, jamais le prêtre ne remplacera l'instituteur. Désormais, chaque jour, cet arbre grandira sous le regard de tous, enseignants, élèves et parents et nos enfants grandiront avec lui et deviendront citoyens de cette belle république et veilleront à leur tout a ce qu'elle demeure indivisible, laïque, démocratique et sociale.

 

                                                                  Didier CROS 

                                             Président de l'ALPY - alpy78@orange.fr

 

Chant interprété par les enfants lors de cette manifestation: Les couleurs de la vie de Christian Ferrari

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Les couleurs de la vie    [ Clic pour écouter cette chanson]

 

S'il y a tant de couleurs
sur la planète
c'est pour éviter qu'on y meure d'ennui
si les hommes dans leur cœur
étaient moins bêtes
ils aimeraient les couleurs de la vie.

Il y a des hommes qui sont blancs, jaunes ou bien noirs
mais nous ça nous dérange vraiment pas beaucoup
quand ici c'est le midi, en Chine c'est le soir
le matin au Canada.

y en a qui parlent espagnol ou algérien
sénégalais, français ou Papou
on peut toujours se comprendre avec les mains
n'importe quand, n'importe où.

Certains habitent dans des cases, dans des igloos
dans des roulottes, des appartements
ce n'est pas parce qu'ils ne vivent pas comme nous
qu'ils sont très différents.

Y en a qui mange du couscous ou du serpent
du riz, du bœuf ou bien des yaourts
à notre avis ce qui est le plus s'important
c’est de manger chaque jour.

Y en a qui portent des kilts, des kimonos
des djellabas ou bien des tutus
il parait même que dans certains pays chauds
on se promène tout nu.


_______________________________________________________________

 

Discours de Roland Bosdeveix,

A Mézières, la G.L.M.U fête le 9 décembre

 

Cette année encore et ce depuis quatre ans déjà, la Loge Terre d'Humanisme, de la Grande Loge Mixte Universelle, se réjouit de participer à cette plantation d'un Arbre de la Laïcité à Mézières, en association avec l'ALPY.

 

En ce 106e anniversaire de la loi de séparation des églises et de l'Etat, nous sommes ici pour réaffirmer notre attachement à ce principe républicain. Par la présence de tous et toutes et plus particulièrement des élèves de la Ville, avec solennité nous tenons à manifester toute l'importance que nous accordons à cette loi de 1905, loi qui a permis au peuple français de disposer de la liberté de conscience, de la liberté de croire ou de ne pas croire et enfin, institutionnellement, de séparer les pouvoirs.

 

Cette belle réalisation législative qui a façonné notre identité nationale, reste pourtant bien menacée. Tous les prétextes, qu'ils soient d'ordre moral ou d'ordre économique, sont bons pour dénaturer ce vivre ensemble au sein des territoires. L'école publique va mal mais qui en décide ainsi ? Les repères sociaux disparaissent, mais qui donc les bouleversent ? Les communautarismes s'installent peu à peu mais qui les favorisent ? De nombreuses forces religieuses et politiques, notamment ceux qui sont actuellement en charge des plus hautes fonctions de l'Etat, s'emploient à détricoter ce grand principe fédérateur. En ces temps bien troublés par le néo-libéralisme et par la montée des extrêmismes un peu partout en Europe et dans le monde, cet arbre se veut un rempart contre tous les césarismes d'où qu'ils viennent.

 

Cet Arbre de la Laïcité renoue avec celui qui fut son ancêtre : l'Arbre de la Liberté, si cher aux acteurs de la Révolution française. Nous lui souhaitons donc beaucoup de force et vigueur.

 

Certains d'entre-vous pourront se demander pourquoi les francs-maçons sont là ? Pour au moins trois raisons :

       - La première tient au fait que certains d'entre-nous adhèrent à l'ALPY.

       - La seconde raison c'est sans doute en raison des origines de notre obédience qui a été la première à avoir intégré dès le départ la laîcité dans ses principes statutaires.

       - Enfin, la troisième raison tient au fait que depuis l'année 2005, la GLMU et l'Association des LP de France ont marché de concert pour que le 9 décembre devienne la Journée officielle de la Laïcité. Cela serait un signe fort du respect de cette volonté populaire qui perdure depuis 1905.

 

Au nom de ma Loge mais aussi en tant que Conseiller de l'Ordre de la GLMU que je représente également, je tiens particulièrement à vous remercier M. le Président de l'Assoc. Des Libres Penseurs des Yvelines et M. le Maire pour ce beau témoignage des valeurs républicaines dont nous savons combien elles vous sont chères.

                                                                                  Roland Bosdeveix

 

 

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 17:18
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ADLPF Laicité 9 décembre 2011 006Intervention de Régis BOUSSIERES

                          Je suis ici ce soir en tant que président du  Cercle Maurice Allard , groupe du Rhône de l’ADLPF. Celui ci a été créé il y a un plus d’un an. La devise de notre Cercle est « Ne se baisser que pour cueillir une fleur » phrase de Jacques Brel.

L’Association Des Libres Penseurs de France est présente dans plusieurs régions de France. Elle a un site internet, une revue : La Raison Militante (qui parait tous les deux mois).Vous pouvez également nous écouter sur Radio libertaire  le dimanche matin de 10 à 12 Heures (émission que l’on peut écouter en poscast).

Nous nous sommes appelés Maurice Allard, car nous nous retrouvons dans certaines propositions de cet homme politique (né en 1860- décédé en 1942), député socialiste du Var et journaliste (il a écrit de nombreux articles pour l’humanité de Jaurès).

Outre, ses propositions de loi sociale pour la défense de la classe ouvrière, il a, dès 1902 proposé une loi « tendant à la suppression du budget des cultes » dont l’article 1erdit « Le Concordat et les articles organiques sont abolis. Le budget des cultes est supprimé ». Il a participé aux débats sur la loi de 1905 et il voulait comme le précise le dictionnaire de la laïcité, éditions Armand Colin, « une application de laïcité très strict ».

 

Par exemple, il voulait remplacer les jours fériés religieux (catholique) par des jours fériés laïques, ou que dans les testaments la volonté du défunt d’être enterré religieusement soit spécifiée, ce qui n’est pas le cas à ce jour. De ce fait, combien sont-ils a être enterré par un curé, un imam parce que c’est la volonté de la famille, voire une partie de la famille au détriment des convictions de la personne décédée ?

L’ADLPF se revendique de la Libre Pensée, c'est-à-dire qu’elle se veut : Libre et a dogmatique, démocratique, laïque et sociale « au nom de la dignité humaine, elle rejette le triple joug : du dogmatisme dans tous les domaines et en particulier, en matière religieuse et morale, du privilège en matière politique, du profit en matière économique ».

Défense de la laïcité de l’Etat « séparation effective des églises et de l’état sur tout le territoire national, non reconnaissance du pseudo Etat du Vatican, non participation des représentants de l’Etat aux cérémonies religieuses », laïcité de l’école « fonds publics à la seule école publique, école laïque, seule école de la République », rationalisme « défense de la science contre les menées des créationnistes », défense des libertés « liberté d’expression et droit au blasphème, liberté de disposer de son corps », humanisme « droit à chacun de choisir de mourir dans la dignité, soutien aux recherches en bioéthique » et justice sociale « lutte contre les privilèges, opposition aux inégalités de droits fondées sur le communautarisme, notamment religieux », pacifisme.

Au niveau local, nous nous réunissons une fois par mois afin de faire le point sur nos actions passées et celles à venir.

Nous réservons aussi, toujours un moment d’échange sur des informations que l’on a vu ou entendu, sur un livre ou une revue afin de partager ensemble nos savoirs et connaissances ainsi que nos points de vue sur des thématiques précises. Car être Libre Penseur ce n’est pas seulement être militant mais c’est aussi confronter ses idées et arguments dans une démarche de l’agora et nous tenons à garder ce moment de débat qui est pour nous essentiel. Actuellement, nous travaillons à un projet de texte sur notre vision de la laïcité et les discussions sont fort intéressantes.

Nous avons menées aussi des actions concrètes : Trois recours au Tribunal Administratif ont été déposés pour dénoncer des atteintes à la loi de 1905 (le Temple Protestant à Lyon qui a bénéficié d’une subvention de la Mairie de Lyon, l’Eglise d’Annaba qui a bénéficié d’une subvention du Conseil Régional et de la Mairie de Saint Etienne et le pardon des mariniers, fête où les péniches sont baptisées par un curé, la Mairie a versée une subvention à l’association cultuelle « les amis du lien » qui dépend de l’évêché de Lyon).

Nous avons écrit de nombreux courriers, aux médias, aux élus soit pour apporter notre soutien ou pour protester. De par nos actions, nous avons eu quelques articles dans Le Progrès et Mag2lyon. Dernièrement, nous avons écrit au Maire de Villeurbanne ainsi qu’au Conseil Général pour protester contre le prêt gratuit du gymnase de l’Iris, le 12 novembre, pour la fête de l’Aïd organisée par la Mosquée Othmane. Nous avons aussi écrit au Maire de Saint Symphorien d’Ozon car il a participé en présence de Mgr Barbarin à l’intronisation de deux curés dans cette commune ainsi que l’inauguration de la maison paroissiale Saint-Claude de la Colombière. Fêter la loi de 1905, cela est bien, mais elle est sans cesse détournée (subvention publiques de plus en plus nombreuses versées aux religions) et le Conseil d’Etat a émis des jugements (qui font jurisprudence) qui vident la loi de sa substance, désormais les religions pourront être subventionnées sans que la Justice ne fasse valoir la loi de 1905, au nom de l’hygiène, de l’attrait touristique, on mélange le cultuel avec le culturel de plus en plus et cela est très grave. La loi existe encore, mais elle n’est plus appliquée…

Comme vous pouvez le constater, notre combat pour la laïcité n’est pas à géométrie variable : nous dénonçons tout ce que l’on considère comme des atteintes à la laïcité quelque soit le culte concerné. Je ne vais pas ici expliciter tous ces courriers ou actions militantes, car cela serait fastidieux et ferait un peu catalogue, mais je vous convie à venir nous rencontrer sur notre stand si vous voulez plus d’informations sur nos actions et nos projets.

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 16:50
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Publié dans : LAICITE - Par Association des Libres Penseurs de France - Voir les 3 commentaires

A chaque jour son lot de surprises et la laïcité bafouée ouvertement; ici un élu du peuple, à Jans, dans le pays nantais, à 50 km de NANTES et 60 km de RENNES. Vous trouverez tout d'abord, le bulletin municipal de cette triste commune, en format PDF en lien ci dessous, puis la lettre de l'ADLPF, en réponse au "mot du maire" paru dans ce dit bulletin.

                                  [......lien du bulletin de Jans  ici.....]

 

 

Monsieur le Maire,

 

L’un de vos administrés, adhérent de notre Association Des Libres Penseurs de France, me transmet le numéro de novembre de votre bulletin municipal « Trait d’Union Janséen ». La lecture du « mot du maire » me contraint à vous adresser la présente lettre que je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire connaître à l’ensemble de votre conseil municipal.

 

Le maire est le premier magistrat représentant l’ensemble de la population d’une commune. Il n’est pas le représentant de seulement une fraction de celle-ci, fût-elle majoritaire. A ce titre, n’importe quel édile municipal serait fier et heureux de pouvoir annoncer à la population la construction prochaine d’une école communale publique et laïque, c’est-à-dire d’une école de la République, c’est-à-dire d’une école ouverte à tous – aux enfants de celui qui croit au Ciel et aux enfants de celui qui n’y croit pas – et non simplement à une partie des Janséens en raison de son « caractère propre » confessionnel. Par définition, une école privée « à caractère propre » confessionnel ne peut convenir à tous, notamment pas aux rationalistes que je représente et que leurs convictions empêchent de faire enseigner aux enfants, dans un même lieu et en même temps

  • le principe d’Archimède… et le fait que Jésus marche sur les eaux ;

  • l’arithmétique qui veut que deux et un fassent trois… et le mystère de la Sainte Trinité ;

  • la biologie, la décomposition des corps et le cycle de la vie… et la résurrection de Lazare ;

  • la reproduction des mammifères… et l’Immaculée Conception,

  • etc, etc…

 

Or, au lieu de cette fierté et de cette joie qui serait celle de n’importe lequel de vos collègues maires, ce sont des regrets que vous exprimez. Vous vous excusez auprès de vos administrés d’avoir été contraint « de ne pouvoir aller contre la loi » ! Votre noble fonction est, précisément, d’être le garant de cette loi commune, celle de la République. Vous n’avez pas à vous en excuser comme si vous en aviez honte, ni à le regretter, mais au contraire à le revendiquer fièrement. Cette construction sera une réalisation à l’actif de votre action municipale, puisqu’elle répond à un besoin de service éducatif public, donc ouvert à tous.

 

Vous pensez que la majorité de vos administrés est opposée à cette réalisation. Je ne vous apprendrai pas que le principe républicain essentiel qu’est la laïcité permet, précisément, de respecter la liberté absolue de conscience de tous, et pas seulement d’une partie de la population, même majoritaire. Une conception métaphysique ou religieuse reste du domaine de l’appréciation individuelle de chacun et, aussi majoritaire soit-elle – ou prétend-elle être – elle ne peut prétendre à une reconnaissance officielle publique ni à une dignité ou un droit supérieur. L’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 dispose en effet que « la République ne reconnaît aucun culte ». Pas plus à Jans qu’ailleurs en France, la religion catholique et, donc, l’école catholique, ne sont religion et école publiques d’Etat.

 

Vous semblez craindre que vos administrés vous reprochent de respecter la loi. Pensez-vous donc que la majorité des Janséens seraient non seulement des anti-républicains, mais également de mauvais citoyens qui souhaiteraient que vous fussiez hors-la-loi ? N’est-ce pas leur faire injure de penser qu’ils pourraient manifester leur opposition à la construction d’une école ouverte à tous au point de vouloir enfreindre la loi ?

 

En vous adressant, à vous et à votre conseil municipal, les félicitations de l’ensemble des laïques, pour cette prochaine réalisation communale essentielle pour la jeunesse Janséenne, je vous prie de croire, Monsieur le Maire, en mes meilleurs sentiments laïques et républicains et je vous transmets mes très respectueuses salutations.

 

       Pour le Conseil d’Administration de l’Association Des Libres Penseurs de France, son président     

                                                                                           Denis PELLETIER

 

 

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 08:58
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Publié dans : LAICITE - Par Roland BOSDEVEIX - Voir les 5 commentaires

        Sous couvert de la toute puissance divine, une fois de plus la liberté de conscience

                                est mise à mal par des intégristes de tous poils.

 

                              A Paris, au Théâtre de la Ville, ce sont les chrétiens qui s'opposent à une comédie.

Ici encore, c'est le siège de la rédaction de Charlie Hebdo 800px-Francois_Cavanna.jpgqui est incendié par leurs mains malveillantes. A quoi bon indiquer les motifs, nous les connaissons fort bien. Ils nous rappellent que ces "zouaves" n'ont aucune espèce de considération pour ceux qui ne pensent pas comme eux. Masqués, ils mettent en acte ce qu'ils préconisent, à savoir leur volonté de modeler les sociétés et les hommes à leurs diktats religieux. Ils ne sont pas prêts à respecter les laïques et, plus généralement, tous les esprits libres qui ne se reconnaissent pas, d'une façon ou d'une autre, dans aucune de leurs religions. Alors, doit-on ne rien dire, faut-il se taire, sinon se dissimuler pour ne pas subir la foudre terrorisante de tous ces pseudos vengeurs  ?

 

A ma connaissance et bien que certains s'évertuent à nous faire accroire comme des "laïques intégristes"– dénigrement complètement stupide – j'aimerais bien que l'on nous signale combien de "laïcards" – encore une définition cherchant à installer la déconsidération - ont commis des actes aussi minables, honteux et déshonorant que ceux précisés ci-dessus ? Malgré et à cause de ces événements, nous continuerons à dénoncer les religieux et leurs institutions responsables de souffrances, d'autodafés, de tueries et de guerres en tous genres. L'histoire et l'actualité nous les renvoient.

 

Saluons les artistes, saluons les journalistes, bref, saluons tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, sont les victimes de cette lèpre qui se revendique : "Au nom de Dieu", ou d'"Inch Allah".

                                                                                      Roland Bosdeveix

                                                                                 http://rebrousse-poil.over-blog.com/

Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 14:14
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Publié dans : LAICITE - Par Marc SIMON - Voir les 1 commentaires
Communauté : libre pensée et laïcité
Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 11:45
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Publié dans : LAICITE - Par Martine BOSDEVEIX - Voir les 6 commentaires

En introduction, avant de vous donner connaissance de cet article paru dans le Monde, je parodierai volontiers ce titre d"une pièce de théatre bien connue, en la modifiant par: "Vos gueules les corbeaux!"

daté du 19 octobre 2011
Le plaidoyer des représentants des cultes pour " une laïcité de bonne intelligence "
La rencontre s'est déroulée au Sénat, mais il n'a pas été question de politique. Pas de manière directe, en tout cas. Du ton policé qu'ils affectionnent en public, les responsables religieux ont toutefois remis quelques points sur les " i ".
Le premier colloque de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), organisé lundi 17 octobre, se voulait une réponse dépassionnée aux débats du printemps sur la laïcité et la place de l'islam voulus par le gouvernement. Dès mars, lors de leur première prise de parole collective, les responsables chrétiens, musulmans, juifs et bouddhistes avaient plaidé pour une " laïcité de bonne intelligence ", mettant les responsables politiques en garde contre " les risques de stigmatisation ". Lundi, dans le cadre d'un colloque intitulé " Vécu et promesses de la laïcité dans le cadre de la loi de 1905 ", ils ont martelé leurs convictions. Non, la loi de séparation des Eglises et de l'Etat n'est pas censée " séparer les Eglises de la société ". Non, " l'espace public ne relève pas de l'Etat " et les religions doivent avoir " le loisir de s'y exprimer ". Oui, " les religions sont une contribution à la vitalité sociale, un garde-fou utile contre la sécularisation extrême "" ll n'y a pas d'un côté les croyants et d'un autre les citoyens ou les républicains ", a rappelé Mgr Hippolyte Simon, pour les catholiques.
Les représentants des " nouvelles " religions présentes en France, bouddhisme et islam, ont dit tout le bien qu'ils pensaient de la " laïcité à la française ", à condition qu'elle demeure " libérale et bienveillante " ainsi qu'elle le fut, selon eux, ces dernières décennies ; il faut qu'elle intègre " la diversité ", a ajouté Carol Saba, pour les chrétiens orthodoxes.
Crispation
La laïcité doit aussi " respecter des pratiques qui peuvent étonner ", a souligné le grand rabbin Haïm Korsia, qui défend les aménagements d'horaires pour les étudiants juifs contraints de passer des examens durant le shabbat ou lors des fêtes religieuses.
Ce front commun des religions a certes été réactivé par les polémiques suscitées par certaines pratiques musulmanes. Mais toutes les confessions constatent une crispation de la société sur l'expression religieuse et l'instrumentalisation de la laïcité. " La laïcité de combat connaît des rechutes ", a jugé Anouar Kbibech, représentant du Conseil français du culte musulman (CFCM). " On est dans une période de tensions, pris en tenaille entre un laïcisme de combat et des intégrismes de réaction ", a indiqué le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France. Inquiets des effets collatéraux des débats suscités par l'islam sur leurs propres marges de manoeuvre, les catholiques ont même, ces derniers mois, fait passer des messages aux responsables politiques. Le retour, ou non, de ces questions dans la campagne présidentielle montrera s'ils ont été entendus.
Stéphanie Le Bars

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 09:24
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La liberté d'expression est la première des valeurs que l'on entend défendre. Trop souvent et de plus en plus, l'on condamne ou censure en interprétant à sa manière, en retournant le sens premier des mots ou des propos. C'est dans la diversité des opinions que l'on reconnait une véritable démocratie.

Les moteurs de recherche influencent-ils l'esprit humain à tel point qu'il ne marche plus que par association. La pensée unique restreindra-t-elle l'utilisation même de certains vocables. Il m'arrive d'utiliser le mot dieu, notion qui m'est totalement étrangère, cela autorise-t-il pour autant que l'on me catalogue comme déiste !

Didier CROS

Secrétaire général de l'ADLPF


"Un peu de kantisme dans notre société serait bienvenu"


Élisabeth Badinter

Élisabeth Badinter © Catherine Gugelmann / AFP

 

Voici  l'intégralité de l'interview d'Élisabeth Badinter par J.Schwarz pour Le Monde des religions le 28/09/2011. Nous laissons à nos lecteurs la liberté d'en bien comprendre le sens, conscients qu'ils n'auront  pas besoin d'explications de texte.


 

"Pour la philosophe Élisabeth Badinter, la fin des grandes idéologies du XXe siècle a fait place à un désarroi, à un vide de sens qu’il s’agit de combler pour contrer le retour en force du religieux et la tentation du fondamentalisme, et ainsi défendre la laïcité française.

Dans son dernier ouvrage, Chantal Delsol développe l’idée que nous sommes passés de l’âge de la déconstruction à l’âge du renoncement fataliste. L’athéisme est-il, selon vous, synonyme d’une forme de nihilisme ?

La fin de l’imperium de la loi religieuse serait pour moi un grand progrès de l’humanité. La religion est certes une grande consolation - les Norvégiens se sont retrouvés dans les églises après la tragédie du 22 juillet -, mais elle est trop souvent, à mes yeux, source d’intolérance, voire de guerre. Je suis de ceux qui pensent que ce sont les sionistes religieux qui, en Israël, empêchent en partie la paix, à l’instar des islamistes radicaux. Croire en Dieu doit rester une affaire intime, une pratique intériorisée. L’excès d’extériorisation du religieux, les rituels qui deviennent sacro-saints, le renfermement sur sa communauté à l’exclusion des autres groupes, est profondément contraire à mon universalisme, à ma philosophie avant tout fondée sur la conviction que nos ressemblances nous unissent. Sortir de cette soumission à la vérité religieuse reviendrait à sortir de l’enfance.

Malheureusement, je ne considère pas que les orthodoxies religieuses soient en perte de vitesse en Occident ou que nous revenions à une forme de sagesse antérieure au christianisme. Il n’y a pas de retour en arrière et je ne crois pas au temps cyclique. Nous assistons, au contraire, à un formidable retour en force du religieux depuis une vingtaine d’années, tant dans le judaïsme que dans l’islam.

Par exemple, depuis les années 1990, s’impose l’idée qu’un bon Juif doit absolument manger casher et les kippas jadis réservées au moment des prières se répandent de plus en plus dans l’espace public, au cas où l’on prononcerait le nom de Dieu chez son épicier ! Il en est de même chez un nombre grandissant de musulmans : manger halal, cacher les cheveux des femmes et les formes de leur corps. Si le catholicisme traditionnel est en perte de vitesse, on voit s’implanter très vite dans les banlieues de nouvelles formes réactionnaires de sectes chrétiennes telles les évangéliques qui nous viennent des États-Unis.

Je ne comprends pas ce besoin actuel d’exhiber une identité religieuse et de se définir par opposition aux autres qui deviennent des étrangers. Je retrouve ce même état d’esprit dans le combat féministe américain des années 1980 qui a largement gagné nos côtes et qui exalte de la même manière les différences homme-femme. De par leur puissance de reproduction, les femmes seraient détentrices de comportements et de valeurs différentes permettant d’équilibrer le monde viril fait de compétition, d’agression. Malheureusement, cette conception du monde qui nous réduit au biologique l’emporte aujourd’hui, et notamment au sein du Parti socialiste, au travers de la philosophie du « care », défendue par Martine Aubry.

La quête de la vérité a-t-elle, selon vous, disparu ?

Chantal Delsol a raison sur certains points mais pour ma part, je ne considère pas que nous ayons abandonné la quête de la vérité. La pulsion, le désir de vérité est sans fin. En ce sens, je me distingue radicalement du stoïcisme qui, soit dit en passant, a été très longtemps pour moi une philosophie de la consolation. Elle m’a aidée à répondre à une question obsédante : comment supporter la vie dans un camp de concentration ?
Pour en revenir à la vérité, si nous n’y avons pas renoncé, nous avons, en revanche, perdu le goût des grandes idéologies. Celles du XXe siècle nous ont vaccinés pour un petit moment ! Nous nous retrouvons, à présent, dans le vide. Cela me semble légitime et sain après ce que le communisme et le nazisme nous ont fait subir. Ce vide est l’effet d’une crise profonde et très déconcertante, mais aussi fructueuse. Nous rebattons les cartes. Je n’ignore pas que les nouvelles générations en souffrent, et c’est là, peut-être, un facteur de renforcement du religieux.

Est-il, selon vous, nécessaire de fonder une nouvelle éthique ?

Mon ambition reste que chacun puisse accéder à la responsabilité. Il paraît nécessaire, non de créer une nouvelle morale, mais de revenir aux fondements de la morale universelle. Un peu de kantisme serait bienvenu. Nous vivons, en parallèle à la fin des idéologies, une révolution technologique qui bouleverse nos rapports humains, notre façon d’accéder au savoir, les relations entre les individus, mais aussi une révolution des mœurs inouïe… Je perçois cela avec un enthousiasme très réconfortant. Quelque chose de neuf se construit, même si nous sommes débordés par la rapidité des changements, même si nous ne sommes pas encore capables de penser la globalisation et la mondialisation. Observez la pauvreté de notre pensée, au niveau mondial. Elle est sans génie. Notre littérature est pauvre et je suis frappée de voir à quel point ma génération post-soixante-huitarde est d’une médiocrité philosophique incroyable par rapport à celle de nos maîtres.

Mon regard d’historienne m’aide à prendre du recul : il existe de nombreuses périodes, dans l’histoire, de désert de talent et de pensée. Cela peut durer un demi-siècle ou plus. Le désarroi actuel est si profond que la tentation du retour à la pureté initiale, au fondamentalisme, est grande. Cette tentation de nous dire : « Nous nous sommes trompés, nous avons fait fausse route en nous fourvoyant dans le consumérisme, dans un monde d’artifices. Revenons aux éternels fondamentaux : Dieu et/ou la nature qui ne nous trompent pas… »

Dans votre dernier ouvrage, Le Conflit, la femme et la mère, vous évoquez un risque de retour au naturalisme…

Il y a une tentation de retour à des fondements de la sagesse humaine, mais pas au sens où l’entend Chantal Delsol. La société occidentale est scindée entre deux visions de l’homme. Il y a d’un côté cette tentation de retour à la nature, à ses fondements, et de l’autre, il y a ceux, comme moi, pour qui une rupture doit continuer d’exister entre l’homme et l’animal. Ces deux positions sont antithétiques.

Vous croyez donc au propre de l’homme.

Oui, s’il n’y a pas de propre de l’homme, alors nous devons nous soumettre aux lois naturelles avec tout ce que cela comporte d’injustice et de souffrance. En ce sens, une mère se doit d’allaiter son enfant comme n’importe quel mammifère. Notre condition d’être humain nous fait, selon moi, sortir de cet état de nature parce que nous avons un inconscient et des désirs différents. Nous restons certes des mammifères, mais nous pouvons, en raison de notre histoire et de notre inconscient, adopter des comportements radicalement distincts les uns des autres. Il n’existe donc pas une espèce humaine unifiée comme les autres espèces animales.

L’histoire, la culture, l’environnement sont des facteurs beaucoup plus puissants à mes yeux que le biologique. Je me définis comme cartésienne, mais sans la dimension extrême de René Descartes. Je ne comprends pas que l’on puisse donner la priorité à la biodiversité naturelle plutôt qu’à l’homme. Comment peut-on, par exemple, imposer des loups aux bergers et sacrifier l’homme et ses intérêts au respect de la biodiversité ? La nature évolue. Des espèces disparaissent, d’autres apparaissent. Rien n’est éternel. Je ne comprends pas le point de vue catastrophiste des vrais tenants du naturalisme. En ce qui me concerne, je mets l’homme au cœur de tout, mais pas à n’importe quel prix.

La libération de l’individu a-t-elle entraîné des effets pervers que vous déplorez ?
L’individualisme extrême, qui est trop souvent le nôtre, m’inquiète. Nous sommes passés en l’espace de quarante ans - soit de manière très brutale - d’un modèle à un autre, avec les excès que cela comporte. Je ne sens plus bien la volonté de vivre ensemble. Nous sommes vraiment dans le « chacun-pour-soi ». En conséquence, nous assistons à un mépris de la loi collective et démocratique qui me bouleverse. La pulsion est devenue toute-puissante comme un effet pervers de la reconnaissance très positive des désirs de l’individu. Aucune société ne peut survivre sans le respect de la loi. Cela renvoie à une forme de barbarie.

Malgré ces effets pervers, je ne regrette pas la révolution des mœurs. L’allongement de la durée de la vie n’est pas seulement dû aux progrès scientifiques, mais à cette évolution psychologique qui libère les êtres humains, hommes et femmes, du carcan des normes obligatoires. La reconnaissance, par exemple, grâce à la psychanalyse, puis au féminisme, de la bisexualité humaine - chacun d’entre nous étant un composé exceptionnel de féminité et de virilité - a été fort propice au fait que nous puissions aujourd’hui vivre plus longtemps.

Quels sont, selon vous, les combats à mener les prochaines années ?

En dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité... Au sein de la gauche, le combat a été complètement abandonné, si ce n’est par Manuel Vals. La gauche a laissé s’installer l’équation suivante : défense de la laïcité égal racisme. Cela est tragique. Je me bats aussi pour l’égalité des sexes, la gestation pour autrui, l’adoption par les couples homosexuels. Le retard de nos représentants sur ces questions est d’une part lié à la sacralisation de la nature et, d’autre part, à la vitesse des changements sociétaux.

 

En rajout, et cela nous rassure, cette précision définitive d'Élisabeth Badinter :


"Marine Le Pen n'est pas laïque. Elle a mis la main sur un mot, laïcité, mais elle reste étrangère au combat laïque. Sa laïcité à deux vitesses ne s'appliquerait qu'aux seuls musulmans.

Elle veut supprimer totalement l'islam et les musulmans de l'espace public. En réalité, elle habille et maquille les obsessions et les ostracismes traditionnels du FN avec un mot républicain. Je ne suis pas dupe, et je n'ai rien à voir avec ça, ni avec les fachos de Riposte laïque !"


Élisabeth Badinter

Philosophe et écrivaine, elle est l’auteure de Fausse route (Odile Jacob, 2003), de XY, de l’identité masculine (Odile Jacob, 2004), de Les Passions intellectuelles (3 tomes, Fayard, 2011) et de Le Conflit, la femme et la mère (Flammarion, 2010)."

Communauté : libre pensée et laïcité
Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 01:46
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Cet article est le commentaire diffusé ce matin dans notre émission hebdomadaire "jour de lessive anticléricale" de 10 h 00 à 12 h 00 sur Radio Libertaire 89.4 Mhz.

 

Natalia Baleato a reçu vendredi soir le prix national de la laïcité. Cette reconnaissance, alors que celle-ci reste en attente du jugement en appel dans un procès qui l’oppose à l’une de ses employées.

Ce prix récompense 20 années de travail, mais il est aussi la reconnaissance de la légitimité d’un combat qui sonne malheureusement, ici tel une exception. Un paradoxe dans notre pays, berceau de la laïcité.

Ce prix permet d’attendre avec sérénité l’audience du 27 octobre car la voilà d’ores et déjà lavée des soupçons portées par la Halde, qui lui doit d’ailleurs son implosion.

Paradoxalement, ce procès aura contribué à sensibiliser l’essentiel des laïques, nourrit de nombreuses réflexions et permis une prise de conscience de l’état de notre société. La crèche Baby-loup, véritable laboratoire, constitue un outil de cohésion sociale que l’on souhaite aujourd’hui voir se généraliser plus systématiquement.

Au lieu d’abandonner les territoires, comme se fut la règle pour la majeure partie des structures d’accueil, celle-ci, de par son engagement a su sans arrêt se remettre en question et s’adapter aux contraintes socio-professionnelles de plus en plus lourdes.

Plus de 400 personnes étaient donc assemblées dans les salons de l’hôtel de ville de Paris.

Détailler ici l’ensemble des discours serait les dénaturer. De sensibilité diverse, chaque intervenant manifestait un plaisir unanime à cette laïcité recouvrée.

Le pessimisme apparent de Pierre Bergé n’était cependant que l’amer constat, malgré des années de lutte de ce combattant de la première heure, d’une laïcité affaiblie à force d’immobilisme. Il revenait à l’un de nos pairs de l’exprimer. Le timbre profond et sans faille témoignait de la vigueur d’un militant bien actuel.

Tour a tour se sont exprimés Anne Hidalgo, première adjointe de la ville de Paris, Patrick Kessel, président du comité laïcité république, Alain Seksig, Élisabeth Badinter, Pierre Bergé et Odile Saugues, députée du puy de dôme et présidente du jury 2011.

Un trait d’union à toutes ces interventions fut de souligner l’intervention essentielle de Manuel Valls sans qui, et ce malgré la mobilisation pourtant massive des associations et personnalités présentes, n’auraient probablement jamais abouti. Un coup de chapeau unanime à l’action citoyenne, née de l’indignation de cet élu, le seul à prendre cette position à l’opposé de l’ensemble de la classe politique. Marquer cette initiative démontre ainsi que l’affaiblissement de la laïcité tient essentiellement en sa défense, et c’est le rôle que les élus, pourtant garant de la constitution, ont dans leur grande majorité abandonné. 

Le prix national a donc été attribué à Natalia Baleato,

Directrice de la crèche Baby Loup, pour son action courageuse en faveur de la laïcité au quotidien. Le jury, au-delà des mérites personnels de Mme Baleato a voulu adresser un signal fort pour soutenir son combat, alors que l’affaire sera jugée le 24 septembre prochain devant le Tribunal de Versailles.

Le prix international a été attribué à Nadia El Fani,

Réalisatrice franco-tunisienne, dont le film « Laïcité Inch Allah ! », réalisé avant et au cœur de la révolution de jasmin, témoigne d’un engagement en faveur d’une Tunisie démocratique et laïque. Le jury a souhaité adresser un message de solidarité au peuple tunisien et à travers lui, à tous les peuples arabes qui aspirent à la démocratie, à liberté de conscience, à l’égalité des droits, en particulier entre hommes et femmes et à la justice sociale.

Ces deux prix, remis ce jour sont un instantané de notre planète en même temps qu’un trait d’union. Il démontre l’évidente association entre laïcité et mondialisation.

Lors que, au pays des droits de l’homme, elle s’affaisse sous l’éteignoir d’un gouvernement réactionnaire, elle vibre d’un nouvel élan chez nos voisins en lutte. 

À l’instar de toute révolution, le peuple aura toujours pour premier acte de s’émanciper de tout pouvoir, qu’il soit politique ou religieux et malheureusement, le plus souvent tous deux inextricables.

Nous ne dirons jamais assez combien la trahison à ces valeurs du gouvernement Sarkozy aura été néfaste, tant pour la France que pour l’Europe dont la vocation était justement de porter haut et fort les valeurs laïques afin qu’elles rayonnent auprès de ceux qui subissent encore le joug des religions, et non d'hypothétiques racines chrétiennes (n'en déplaise au sus-nommé). 

Le film «laïcité Inch’allah» réalisé par Nadia El Fani a cette force et ce courage.

Il montre ce peuple en ébullition, ces questionnements, au cœur desquels revient sans cesse le souhait de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

Laïcards* de tous poils, donc, assemblés ce vendredi auront au moins donné ce signe fort, témoin de notre solidarité. Une poignée de main traduite par la remise de ces deux prix.
Et ce n’est pas un hasard, comme le relevait Élisabeth Badinter, que ce soit justement deux femmes qui soient ici reconnues dans leur combat.

Comment dissocier laïcité et droit des femmes dans toute recherche d’émancipation.

Trois mots, trois concepts qui provoqueront toujours la colère des intégristes de toutes les religions, sous toutes latitudes.

 

Didier CROS

Secrétaire général de l’ADLPF

 

*Laïcards : Étiquette à connotation péjorative largement diffusée par les intégristes de tous bords pour désigner les ardents défenseurs de la Laïcité. Élisabeth Badinter dans son discours a revendiqué fièrement cette étiquette, et l’ensemble des personnes présentes, se sentant concernées, l’endossent aussi fièrement.

Communauté : libre pensée et laïcité
Dimanche 2 octobre 2011 7 02 /10 /Oct /2011 21:06
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Concernant le :                        TEXTE ADOPTÉ n° 672
                                                            « Petite loi »

                                              ASSEMBLÉE NATIONALE
                                       CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
                                                  TREIZIÈME LÉGISLATURE
                                          SESSION ORDINAIRE DE 2010-2011
                                                          31 mai 2011
                                                      

Il est remis en cause par les défenseurs de la loi de 1905, en évoquant une "conception d’une laïcité équilibrée et de la défense de la liberté religieuse".

Encore une fois, cette conception de la laïcité ouvre la porte à la liberté religieuse  et se qualifie d'un terme qui la modifie. Les libres penseurs refusent tout adjectif qui pourrait modifier le principe même de laïcité.

                                                Document en PDF [...ici...]

 


La HALDE: Délibération du 28 mars 2011 .................Document en PDF [.....ici.....]


Avis du Haut Conseil à l'intégration

EXPRESSION RELIGIEUSE ET LAÏCITE DANS L'ENTREPRISE .......[....ici....]

 

2011-09-07-Le HCI prône une extension du principe de laïc 2011-09-07-Le HCI prône une extension du principe de laïc         

 

Article d'Elizabeth Lévy dans Causeur.fr [....ici...]             

Communauté : libre pensée et laïcité
Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 13:48
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Publié dans : LAICITE - Par envoyé par Didier CROS - Voir les 4 commentaires
Communiqué du Comité Laïcité République [........ici.......]

Natalia Baleato et Nadia El Fani, Prix de la Laïcité 2011 (29 juin 11) - 29 juin

Natalia BALEATO, directrice de la crèche Baby-Loup
et Nadia EL FANI, réalisatrice franco-tunisienne,

Lauréates du prix 2011 de la Laïcité

Le nom des lauréats du Prix de la Laïcité 2011, a été annoncé, mercredi 29 juin, à l’occasion d’une conférence de presse à l’Assemblée Nationale par Présidente du jury, Odile Saugues, Député du Puy de Dôme, Pierre Bergé, au nom des fondateurs et Patrick Kessel, président du Comité Laïcité République.

Le Prix national a été décerné à Natalia Baleato, directrice de la crèche Baby Loup pour son action courageuse en faveur de la laïcité au quotidien. Le jury, au-delà des mérites personnels de Mme Baleato a voulu adresser un signal fort pour soutenir son combat, alors que l’affaire sera jugée le 24 septembre prochain devant le Tribunal de Versailles.

Le prix international a été décerné à Nadia El Fani, réalisatrice franco-tunisienne, dont le film, réalisé avant et au cœur de la révolution de jasmin, témoigne d’un engagement en faveur d’une Tunisie démocratique et laïque. Le jury a souhaité adresser un message de solidarité au peuple tunisien et à travers lui, à tous les peuples arabes qui aspirent à la démocratie, à liberté de conscience, à l’égalité des droits, en particulier entre hommes et femmes et à la justice sociale.

Les prix seront remis officiellement par MME ANNE HIDALGO, Premier Maire adjoint, en septembre, en l’Hôtel de Ville de Paris

Communauté : libre pensée et laïcité
Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 09:04
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La crèche Baby-loup de Chanteloup-les-Vignes, que nous soutenons sera demain devant les tribunaux pour le procès en appel du jugement de Mantes-la-Jolie. Procès ou  l'accusation fut déboutée. Notre présence massive lors de ce premier procès fut un soutien et un réconfort pour La directrice ainsi que pour toute son équipe et le comité des parents. nous serons bien sur présents à Versailles. Ce lundi marquera sans doute un tournant dans l'histoire de la laïcité. Mais bien sur et avant tout dans l'histoire de cette crèche exemplaire qui essaimera bientôt au-delà de nos frontières.

DC

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ASSOCIATION BABY LOUP

5 septembre 2011


Le débat sur la neutralité confessionnelle et le non port du voile qui avait opposé une ex-salariée à son employeur, une crèche associative (Babyloup), s’ouvre à nouveau le 12 septembre prochain, suite à l’appel de la décision prud’homale du Tribunal de Mantes La Jolie, du 13 décembre dernier. En ré ouvrant ce débat, c’est le sort de l’ensemble des associations parapubliques, œuvrant au cœur des quartiers sensibles et confrontées à l’entrisme religieux qui se joue. Ce sont également les contours de la laïcité, principe garantie par notre constitution, qui seront définis par la 11ème chambre sociale de la cour d’appel de Versailles. Si raison est donnée à la crèche Babyloup, et par là même, à sa volonté de respecter les modes de vie de chacun, sans distinction confessionnelle, culturelle, sociale ou politique, alors une jurisprudence verra le jour permettant au principe de la laïcité, dans ce type d’espace, d’être un droit fondamental vécu par tous. C’est aussi un débat de Société sensible qui sera tranché et auquel sont confrontées de nombreuses entreprises privées. Le 12 septembre à 14 h, auprès de la 11ème chambre sociale de la cour d’appel de Versailles, les femmes et enfants qui composent la crèche BABYLOUP souhaitent que les principes justes qu’ils véhiculent et défendent soient tout simplement reconnus et qu’une jurisprudence essentielle soit établie.

 

Le conseil d'administration,

sa présidente,

l'équipe opérationnelle,

la directrice et le comité des parents.

Communauté : libre pensée et laïcité
Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 07:31
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Publié dans : LAICITE - Par Régis BOUSSIERES - Voir les 1 commentaires

                              Quand Delanoë fait la fête du ramadan, il y’a de l’argent !

La Mairie de Paris a organisé une soirée de fête de rupture du jeûne du ramadan le mercredi 24 août. Cette soirée a coûté aux contribuables parisiens (qu’ils soient musulmans ou pas) 29 748,89€ pour le buffet et 69 651,50 € pour le concert. C’est, sans doute, ce que l’on appelle prioriser les dépenses publiques à la Mairie de Paris !

En tous les cas, crise ou pas, déficit ou pas, pour les subventions publiques pour des manifestations cultuelles ou les fêtes de copinages avec telle ou telle communauté religieuse (arrosées par l’argent public) il a toujours des gros moyens financiers… Ca tient du MIRACLE !

 

                            Bien évidemment, il ne faut pas y voir là une façon de faire du racolage pour avoir les voix de tel ou tel électeurs quitte à s'asseoir sur le principe de la laïcité. Un petit tour à la gay-pride, une petite subvention pour les crèches juives, une petite rupture du jeûne pour le ramadan, ça peut rapporter des voix non pas du seigneur ou d'Allah mais des électeurs… Et puis, comme tout politicard, rompu à la langue de bois, le Maire de Paris ose affirmer que cette rupture n’a rien à voir avec une « manifestation cultuelle ». Il ajoute que la date du 24 août « ne correspond à aucune fête religieuse musulmane », que l’événement n’est pas de « caractère rituel », « il n’y a aucune prière ou prêche religieux », il ne manquerait plus que ça ! Ben voyons, comme s’il suffisait qu’il n’ait pas de prières pour que cela n’ait pas de caractère religieux ! Pas de date fixe ? Et pour cause, chaque année le ramadan (en fonction du calendrier lunaire) ne se fait pas à la même date. En conséquence, la date de la rupture du jeûne varie… en plus de dépenser nos impôts n’importe comment, Delanoë nous prend pour des imbéciles.

                           La rupture du jeûne du ramadan n’aurait donc, aucun caractère religieux ? Elle est bien bonne. Le jeûne du ramadan fait parti des cinq piliers de l’Islam, il s’agit d’un dogme religieux ou le croyant entre en pénitence en éprouvant sa foi et se tourne vers Allah. Je préférais que Delanoë assume vraiment ses actes en disant qu’il s’en contre fiche de la laïcité et qu’il donne des subventions aux communautés religieuses afin d’avoir plus de voix, c’est ça la « real politique ». Il est inadmissible qu’un Maire organise une telle cérémonie religieuse, appelé « fête » pour faire passer la pilule. Les Maires, comme les autres élus n’ont pas à reconnaitre une ou des religions, la rupture du jeûne du ramadan doit se faire dans les mosquées ou dans des lieux privés, mais pas dans des lieux publics, en présence d’élus et avec des subventions publiques.

                            Et les autres ?

Suite à cette atteinte très grave à la laïcité, j’ai reçu dans ma boite mail, une pétition (via le site mes opinions) qui a recueilli déjà 7691 signataires. Elle émane de l’Abbé Guy Pagès et elle a pour titre « la Mairie de Paris doit payer une fête pour la fin du carême ». Cette pétition est adressée au Maire de Paris:

                          « Vous avez défendu auprès de M. le Préfet d’Ile de France la fête de rupture du jeûne du ramadan organisée par vos soins le 24 août en lui disant qu’elle n’était « pas une manifestation cultuelle (…) » Eh bien, au nom du principe de l’égalité républicaine, je suis heureux de vous demander en tant que citoyen, la tenue par vos soins d’une semblable fête dans la semaine du 9 au 14 avril prochain pour fêter la fin du carême. Vous pourrez pareillement alors vous défendre «de fêter ce qui n’est pas une manifestation cultuelle (…)». Confiant que vous saurez allouer une somme équivalente à celle que vous avez su débourser pour fêter la fin du ramadan, promouvoir cet événement par une soirée télévisée au même titre que le programme « la nuit du ramadan » diffusé le 24 août 2011 sur France 2, et vous n’oublierez plus désormais de souhaiter un joyeux carême aux Parisiens sur les panneaux de leur ville comme vous le faites pour leur souhaiter un joyeux ramadan."

                       Rien d’étonnant à ce que d’autres religions demandent les mêmes faveurs… Alors, après le ramadan pour les musulmans, le carême pour les catholiques, et à qui le tour ? Aux mormons ? Aux témoins de Jehova ? Ou les Krishna ? Les Scientologues, les Eglises évangéliques… Ils ont bien le droit à une petite fête eux aussi, au nom de l’égalité républicaine et de la laïcité ouverte version Delanoë…

                                                                                                      Régis Boussières

Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 10:30
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Communauté : libre pensée et laïcité
Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 14:26
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Publié dans : LAICITE - Par Régis BOUSSIERES - Voir les 6 commentaires

Il n’y a pas à dire, la population est matraquée par les médias, par un flot continuel concernant les informations à caractère religieux. Bien sûr, sur un ton très bienveillant. Ainsi, nous avons eu droit au Ramadan, puis aux conférences du Dalaï-Lama . Mais la championne toute catégorie reste l’Église Catholique avec les JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) qui ont eu lieu en Espagne. Tous les jours les journaux nous vantent le « un million de pèlerins » venu pour rencontrer le Pape. ! La Télévision n’est pas en reste, TF1, France 2, BFM TV, nous en parle plusieurs fois par jour, au cas où nous ne serions pas au courant de l’événement!

                  Heureusement, les laïques espagnols ont su donner de la voix et se sont pris de sacrés coups de matraques… Ils ont manifesté, à juste titre, contre les positions du Pape concernant le divorce, l’IVG, la contraception, l’homosexualité… Mais aussi contre le financement indirect de ces JMJ, par les impôts de tous les espagnols, quelques soit leurs croyances. En effet, les JMJ, supposent un encadrement policier, du personnel médical, du personnel pour nettoyer la ville après les JMJ, cela représenterait plusieurs millions d’euros (100 millions d’après les laïques) dans un pays au bord du gouffre grâce au FMI, cette dépense ne peut que choquer. Les militants laïques ont bien raison de réclamer un état laïque (car l’Espagne n’est pas un État laïque) et d’affirmer que c’est à l’Église et à ses fidèles de financer entièrement le déplacement papal. Face à ses atteintes graves à la laïcité et la reconnaissance d’un communautarisme religieux, j’ai attendu en vain la voix de la championne de la République et de la laïcité, celle qui veut inscrire dans la Constitution que l’État ne reconnait pas le communautarisme… Elle est tellement alerte sur tous ces sujets comme quand elle a dénoncé (à juste titre) l’occupation illégale des rues à Paris par des musulmans, ou quand elle dénonce le financement par des fonds publics pour la construction de mosquée. Sûr que face à l’occupation (certes autorisée) de tout Madrid pendant plusieurs jours, la sur-médiatisation de l’événement et le financement public de cette messe religieuse, la super républicaine et laïque, Marine Le Pen allait protester fermement…

Hé bien, rien, au contraire même. Ainsi le journal Présent, proche du Front National dénonce les « laïcistes » qui manifestent contre le gentil papa panzer… Quant au Front National lui-même c’est le même son de cloches. Ainsi sur le site du Front National 76 nous avons droit à un bel article élogieux ayant pour titre « le Pape acclamé à son arrivée à Madrid » avec une belle photo du Pape accueilli par le roi d’Espagne « appuyé sur une béquille » rajoute le texte, pauvre petit roi !

Nous voilà bien loin de la République laïque que prétend défendre Marine Le Pen ! Certes l’article évoque la manifestation des laïques sans prendre position, ce qui n’aurait pas été le cas si c’était un imam qui était reçu ainsi par l’Espagne… Pour aller plus loin le site propose même une carte des temps forts des JMJ, au cas où des militants Front National seraient à Madrid, mais ce serait pure coïncidence…

Dis Marine, c’est quoi la laïcité ?

Pour répondre à cette question, il faut aller sur le site chrétienté.info, car c’est là que Marine parle de sa vision de la laïcité ! Hé, oui chez les catholiques tous des laïques, c’est bien connu… Bien sûr le journaliste catholique, Michel Janva, cite une phrase du cardinal Vingt-Trois pour introduire l’article intitulé « la laïcité selon Marine Le Pen », c’est bien connu rien de tel qu’un cardinal comme référence laïque !

Donc, le cardinal de la laïcité dit « la place du christianisme dans la tradition française n’est pas la même que celle du bouddhisme ou de l’islam (…) La manière de traiter les religions doit tenir compte de leur apport historique (en effet superbe apport : l’inquisition, les guerres de religions, le massacre des cathares…) et culturel ». En bref, le cardinal demande à l’État un régime de faveur par rapport aux autres religions (ce qui est, hélas déjà le cas). Nous voilà bien loin de la laïcité qui exige une séparation de l’État et des Églises. Marine est pourtant d’accord avec le cardinal : « c’est une évidence  nous devons à l’héritage chrétien de l’Europe notre conception de l’homme qui lui reconnait, avec le caractère sacré de la vie, une existence comme être unique doté de raison(…).C’est cet ancestral héritage judéo-helleno-chrétien laïcisé par le siècle des lumières qui fonde les valeurs de la république Française ». Bref, Marine mélange tout et voudrait nous faire croire comme certains historiens que le catholicisme a permis le siècle des lumières et la République. Alors qu’il y a eu plusieurs ruptures violentes. On a coupé la tête du Roi donc à l’Église car il était de droit divin pour imposer la République, d’ailleurs le chouan catholique de Villers pourrait le confirmer à Marine… Les philosophes des Lumières ont eu leurs livres interdits par la pression du clergé et certains ont du vivre en exil pour ne pas être jeté au cachot… Quant à 1905 et la loi de séparation de l’Église et de l’État, l’Église ne l’a pas digéré contrairement à ce que prétend Madame Le Pen, le cardinal vingt-trois le démontre très bien dans sa déclaration. D’après Marine Le Pen, même les catholiques traditionalistes ont accepté la laïcité « ceux-ci ont parfaitement admis le concept de laïcité. Ils ne s’approprient pas la voie publique », remarquons que, si par laïcité, on entend la vision de Marine, il y a de quoi être en accord pour les traditionalistes car Marine Le Pen tente de les rassurer en disant « j’ai plaidé pour que les racines chrétiennes de la France soient inscrites dans la Constitution européenne. Elles fondent les principes de la République française : « Liberté, Égalité, Fraternité », concepts qui ne sont pas partagés par d’autres religions ».

Nous y voilà, il y a la bonne religion (catholique, celle de Marine Le Pen et des français de  « souche ») qui serait laïques et les autres qui viennent de l’étranger… Rappelons que si on en reste aux racines et aux traditions, alors la société n’évolue plus, la Renaissance, les Lumières ont bousculé justement les traditions et les racines du terroir pour parler de la République et de Droit Universel (qui va au delà du clocher). Puis, Chrétienté info interroge Marine Le Pen sur le financement de l’école privée (catholique en très grande majorité) par les fonds publics, que va dire notre grande Républicaine Laïque ? Suspense… « Les écoles sous contrat ont un accord avec l’État (accord anti laïque). Je vous rappelle que l’ensemble des parents qui sont contribuables ont la possibilité de choisir, sous cette réserve, l’école qu’ils veulent pour leurs enfants. Ceci me parait juste ». Bref, le financement de l’école privée catholique avec les impôts de tous est normal, une vision très laïque assurément ! Est-ce que que Marine Le Pen aura la même attitude quand les musulmans voudront avoir leurs écoles financées par les fonds publics ? Bien sûr que non, car cette religion ne fait pas parti de notre patrimoine récent, mais dans un siècle ou deux, qu’en sera-t-il ? A partir de quand on rentre dans le patrimoine ?

La laïcité pour les autres religions pas pour la mienne.

En résumé Marine Le Pen est pour une laïcité qui favorise une religion « ancestrale »et qui représente « notre culture » au détriment des autres plus « récentes » et étrangères. Bref, Marine Le Pen, reprend avec des mots un peu différents les vieux discours de l’extrême droite. D’ailleurs, elle évoque la laïcité par rapport au financement public des mosquées par l’intermédiaire des communes entre autres ; les spécificités alimentaires imposées dans les cantines ; les prières sur la voie publique ». On voit là, qu’une seule religion est visée (comme sur le site Riposte Laïque qui n’a pas parlé des JMJ et qui estime par la bouche de Pierre Cassen que Marine Le Pen est la seule à être laïque), dès lors il sera facile aux islamistes de se dire stigmatisés et d’être victime d’islamophobie… Bref, la laïcité du Front National au pouvoir, c’est une religion d’État et dans l’opposition un soutien indirect aux islamistes qui peuvent hurler à l’injustice et au racisme anti musulman. Dans ce triste constat, c’est à nous, associations (réellement) laïques à dénoncer tous les intégrismes, tous les cléricalismes, tous les fanatismes. Certes, les prières de rue sont inacceptables, mais le financement des écoles catholiques par les fonds publics ou les cérémonies religieuses (catholiques pour la plus part) en présence de nos élus sont tout autant inadmissibles.

                                                                                                        Régis Boussières

Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 08:29
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A.D.L.P.F.

La séparation :Lithographie représentant Emile Combes tranchant le lien entre la République et le Vatican - Musée Jean Jaurès Castres

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