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SCIENCES

Par Cédric MULET-MARQUIS - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Les Instituts Universitaires de Technologie (IUT) sont des structures universitaires ayant vocation à former des techniciens supérieurs. En pratique, beaucoup des étudiants en IUT poursuivent des études longues (par exemple en école d'ingénieur) après avoir obtenu leur Diplôme Universitaire de Technologie. Une des spécificités des IUT est le lien étroit tissé avec les entreprises pour réfléchir en commun au contenu des formations (ce qui ne veut pas dire, loin de là, une soumission aux desiderata du patronat.) ou bien pour mettre en place des conventions de stage pour les étudiants.

A la fin du mois d'août, le chef du département Mesures Physiques de Châtellerault où je travaille a reçu un courrier qui, s'il n'est pas surprenant par sa démarche, l'est beaucoup plus par son contenu. La personne qui nous a contacté, appelons le monsieur J, se présente comme « représentant un groupe de scientifiques indépendants qui collaborent à un programme de recherche privé portant sur la mise en mouvement de solides au repos dans un système isolé ». Pour qui n'a qu'un lointain souvenir de ses cours de physique, cet énoncé paraît très sérieux. Monsieur J ajoute plus loin « Nous souhaiterions pouvoir rencontrer les responsables de votre département afin de définir comment une éventuelle collaboration entre nos organisations pourrait s'envisager. ».

Une fois la brume des apparences dissipée, le projet se révèle tout autre que ce qu'il semblait au premier abord. Ce « groupe de scientifiques » travaille en effet au sein du LADPC (la signification de l'acronyme n'est pas précisée) dont on peut trouver le site internet à l'adresse suivante https://sites.google.com/site/lapdctk1/file-cabinet. En parcourant le site, quasiment vide d'ailleurs, on se rend compte que le « groupe » est en fait réduit à une seule personne, monsieur J, et que l'objet du LADPC est de « mener [...] des programmes expérimentaux portant sur les phénomènes communément appelés paranormaux ou parapsychologiques » ! Voyant cela, les enseignants de l'IUT ont décidé de ne pas recevoir monsieur J, pas même pour lui signifier le refus complet de travailler avec lui.

En effet, toutes les personnes qui prétendent œuvrer en dehors de ce qu'elles qualifient volontiers de « science officielle » (ce qui laisse entendre qu'il y aurait des vérités que l'on nous cache, mettez qui vous voudrez derrière le « on »), cherchent dans le même temps par tous les moyens à donner un vernis de respectabilité à leur démarche en y associant cette même science. Si l'équipe enseignante de l'IUT avait accepté de rencontrer monsieur J pour lui dire son refus de travailler avec lui, ce monsieur aurait pu se vanter, photographies à l'appui, d'avoir été reçu à l'IUT, d'avoir eu de riches discussions avec les enseignants, oubliant bien sûr de préciser le contenu de ces discussions.

Ce que souhaite étudier le LADPC, ce sont les supposés effets de l'esprit sur la matière. A ce titre, monsieur J se dit fortement impressionné par les résultats qu'aurait obtenus Jean-Pierre Girard. J.P.Girard se prétend capable de plier à distance des barreaux métalliques, faculté qui se serait manifestée selon lui après avoir été frappé par la foudre à l'âge de sept ans. Il se situe dans la même veine qu'Uri Geller qui prétendait tordre des cuillères par la seule force de sa pensée, jusqu'à ce que sa tricherie soit démasquée par le prestidigitateur Gérard Majax. En 1976, J.P. Girard voulut intenter un procès en diffamation à Jean-Pascal Hervé, un journaliste médical disant que les expériences de Girard étaient truquées. Le procès, qui aurait pu donner lieu à des débats intéressants n'eut finalement pas lieu, J.P. Girard ayant malencontreusement laissé passer le délai de prescription. Girard n'a pas pu reproduire ces effets de psychokinèse (capacité d'agir sur la matière par la force de l'esprit) en présence de l'illusionniste James Randi, prétextant, c'est un comble, que l'expérience se déroulait dans des conditions trop scientifiques !

Aussi séduisant que semblent les effets de l'esprit sur la matière (qui n'a jamais rêvé, installé sur un hamac à l'ombre en plein été, de faire venir à soi un verre d'eau fraîche sans avoir à se lever !), la réalité est implacable : ces effets n'existent pas. Aucune expérience se déroulant dans des conditions rigoureuses n'a jamais mis en évidence le moindre effet « psi ». Plus les moyens de contrôle des ces expériences sont pointus, et plus les effets proclamés par les partisans des facultés « psi » sont faibles. De lourdes tables qui volaient à travers les pièces il y a quelques siècles, les prétentions de la télékinésie se sont abaissées maintenant à d'imperceptibles oscillations de timbres poste.

Si les tenants de la télékinésie n'étaient que de doux rêveurs souhaitant un peu de fantastique et de merveilleux dans la vie de tous les jours, ce ne serait qu'un moindre mal. Il serait possible de leur reprocher leur obstination dans l'erreur (ce qui n'est d'ailleurs peut-être pas anodin : « errare humanum, sed perseverare diabolicum »), et de n'avoir pas compris la démarche de la science dont ils se réclament pourtant. Le problème vient des escrocs qui pullulent dans ce genre de milieu et des attaques menées contre le rationalisme.

Nombre de ceux qui prétendent posséder un pouvoir mental sur la matière savent pertinemment que tout ce qu'ils disent est faux. Ils ont vu là un bon moyen d'exploiter la crédulité et le porte-monnaie des esprits ouverts à ce genre de fadaises. Entre les livres expliquant comment développer les pouvoirs « psi » et les cours hors de prix sur ce même thème, ce ne sont pas les moyens qui manquent pour tirer de l'argent. Il est navrant de constater que même des scientifiques ayant en tant que tels des responsabilités peuvent se laisser abuser. Charles Crussard, le directeur scientifique du Centre Technique de l'Aluminium (laboratoire de la société Péchiney) avait ouvert les portes de son laboratoire à J.P.Girard !

Le véritable combat mené par les télékinésistes contre la science n'est pas moins détestable. Dire que l'on étudie des phénomènes auxquels la science refuse de s'intéresser, c'est finalement dire qu'il existe des choses auxquelles la science refuserait par principe de s'intéresser et que les scientifiques, du moins certains d'entre eux, refuseraient que le bon peuple en sache trop. Redisons le avec force, la science ne s'interdit aucun sujet de recherche (pour autant, tout n'est pas permis au nom de la science), mais pose deux exigences : ne faire appel qu'à des éléments matériels pour expliquer les phénomènes et avoir des résultats expérimentaux reproductibles. Pour reprendre les mots de Jean Bricmont, la science n'est tout compte fait que du bon sens mis soigneusement en forme. Il n'y a pas d'ostracisme de la science vis-à-vis de la télékinésie, mais le constat que cela n'existe pas.

La montée de l'irrationalisme à laquelle nous assistons en ce moment (tout le monde a pu constater la forte augmentation du nombre de voyants, médiums, et autres magnétiseurs) ne se fait pas par génération spontanée. C'est d'abord l'effet d'une période de crise qui pousse à chercher des solutions faciles et réconfortantes aux difficultés de vie, quelles que puissent être ces solutions. C'est aussi l'effet d'un travail de sape contre l'esprit critique : de façon indirecte en réduisant le nombre d'enseignants (et plus généralement la réduction de tout ce qui concourt à l'intérêt général), mais aussi de façon directe en vidant les enseignements de tout contenu pour éviter que le peuple ne réfléchisse trop.

 

                                                                                Cédric Mulet-Marquis

Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 20 septembre 2012 4 20 /09 /Sep /2012 09:30
- Publié dans : SCIENCES
Par Cédric Mulet Marquis - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

2012 sera aussi une année d'élection présidentielle aux USA. Les primaires du parti Républicain amènent comme d'habitude leur lot d'outrances sur les questions économiques, sociales, politiques. Cette escalade, avec comme mot d'ordre « Plus réactionnaire que moi, tu meurs » n'est pas seulement un rite de passage obligé pour tout candidat républicain à la Maison Blanche, mais aussi un révélateur de l'état d'esprit de la frange conservatrice du peuple américain.

Nous assistons en ce début d'année à un retour en force du créationnisme, et plus généralement des idées opposées à la science et à la raison. Le créationnisme est un mouvement datant de la seconde moitié du 19esiècle, après que Darwin eut publié en 1859 « L'Origine des espèces » et en 1872 « La Filiation de l'homme ».

Dans le premier ouvrage, Darwin formalise la théorie de l'évolution. S'appuyant sur les observations qu'il a faites, par exemple celles sur les pinsons des Galapagos ou bien sur les pigeons domestiques, Darwin propose que les espèces ne sont pas immuables mais évoluent au cours du temps. Le mécanisme qu'il donne pour expliquer cette évolution se résume ainsi : de temps à autre, de nouvelles caractéristiques apparaissent aléatoirement chez les individus (c'est ce que l'on appellera plus tard des mutations de gènes). Si ces mutations entraînent des difficultés pour accéder à la nourriture ou échapper à des prédateurs, les individus qui en sont porteurs vont disparaître. Si au contraire ces mutations procurrent un avantage, le porteur de cette caractéristique aura une probabilité plus grande de survivre que ses congénères. Sa descendance pourra aussi être pourvue de cet avantage et survivra elle aussi plus facilement. Petit à petit, les espèces vont donc changer.


« La Filiation de l'homme » met en évidence la parenté entre l'homme et les autres primates.Contrairement à une idée répandue, Darwin ne montre pas que l'homme descend du singe, ce qui signifierait que l'homme est en quelque sorte l'aboutissement d'un processus d'évolution plus ou moins dirigé, mais il montre que l'homme est un singe.


Les réactions à la publication des deux ouvrages de Darwin ont été nombreuses et violentes. Les thèses de Darwin sont en effet en contradiction avec l'affirmation de la création des espèces une fois pour toutes par dieu, et surtout elles nient le caractère divin de l'homme puisque que Darwin montre que l'homme est un animal comme les autres. Les adversaires de Darwin, les fondamentalistes protestants surtout dans un premier temps, ont une lecture littérale, et non pas allégorique de la bible. S'il est dit que dieu a crée les espèces telles que nous les connaissons actuellement, c'est l'exacte vérité, d'où le terme de créationnismepour désigner ce courant de pensée. Le créationnisme ne se limite évidemment pas aux protestants. Dans toutes les religions on trouve des personnes défendant une lecture au pied de la lettre d'un texte sacré contre ce que dit la science.


A côté de ce créationnisme dur, s'est développé depuis quelques années un créationnisme plus modéré mais pas moins dangereux. Il s'agit du dessein intelligent (ou Intelligent Design dans les pays anglo-saxons). L'argument présenté par ses tenants se formule ainsi : puisque l'homme est tellement merveilleux, il ne peut pas être le fruit du hasard. Il y a nécessairement une intelligence supérieure qui a guidé son évolution. Derrière une apparence plus présentable, l'objectif est toujours le même : dire que les thèses darwiniennes sur l'évolution naturelle des espèces sont fausses, en particulier lorsqu'elles font de l'homme un accident de l'évolution.


En ce début d'année 2012, six projets de loi, dans quatre états (Indiana, Missouri, New Hampshire et Oklahoma) ont pour objectif de réintroduire le créationnisme dans les écoles publiques. Dans le New Hampshire, le Républicain Jerry Bergevin ne fait pas dans la nuance : « Je veux que soit présenté le portrait complet de l'évolution et des gens qui ont eu ces idées. C'est une vision du monde et elle est sans dieu. L'athéisme a été essayé dans divers pays, et ces sociétés ont été vraiment criminelles chez elles et à l'étranger. L'Union soviétique, Cuba, les nazis, la Chine aujourd'hui : ils ne respectent pas les droits de l'homme.[...]Nous devrions nous inquiéter de pareilles idées criminelles et de la manière dont nous les enseignons... Vous vous souvenez de Columbine,[référence à la tuerie du lycée de Columbine, Colorado, en 1999, au cours de laquelle deux jeunes hommes avaient tué treize personnes avant de se suicider] ? Ces gens-là croyaient à l'évolution. ».

Dans ce fatras de mensonges et d'incohérences, on trouve par exemple l'idée, colportée par tous les monothéismes (et sans doute d'autres religions) que le nazisme est la conséquence de l'athéisme et de la philosophie des Lumières. Or rien n'est plus faux : l'accession d'Hitler au poste de chancelier n'a été possible que grâce aux voix du parti catholique allemand. Souvenons nous aussi du silence bienveillant, pour dire le moins, de Pie XII, sur le régime nazi et l'extermination des juifs, et de la devise gravée sur les ceinturons des SS « Got mit uns » (dieu avec nous).

Ce que Bergevin rejette, c'est finalement tout attitude rationnelle, donc la science, qui essaie de comprendre le monde sans faire appel à dieu : «C'est une vision du monde et elle est sans dieu ». L'attitude n'est pas différente de celle des inquisiteurs qui reprochaient à Copernic, Galilée ou Bruno de penser hors des cadres de la bible.


Les conservateurs américains ne limitent pas leur négationnisme scientifique à l'évolution darwinienne. Le réchauffement climatique s'attire aussi leurs foudres. Le candidat à la primaire républicaine Rick Santorum a ainsi déclaré début février : « [le réchauffement climatique est ] une parodie absolue de recherche scientifique, qui a été poussée par ceux qui, dans mon opinion, l'ont vue comme une occasion de créer une panique et pour le gouvernement la possibilité d'intervenir dans votre vie voire de la contrôler.[...] Pour ma part, je n'ai jamais cru à ce canular »avant de préciser : « En tant que créatures de Dieu, nous avons été mis sur cette Terre pour exercer notre domination sur elle, pour l'utiliser et la gérer avec sagesse, mais à notre bénéfice, pas à celui de la Terre ». 

 

De ce côté-ci de l'Atlantique également, les figures de proue du climato-scepticisme se recrutent principalement parmi la droite (ce qui ne veut pas dire que tous les écologistes sont de gauche ni que les gens de gauche sont forcément écologistes !). Ce sont par exemple Luc Ferry, qui passe son temps à répéter contre toute évidence que l'origine de l'écologie est le nazisme, Pascal Bruckner, le pseudo-penseur mondain sarkolâtre, ou encore Claude Allègre, récent soutien de Sarkozy (s'il a jamais été de gauche). Même si la dimension religieuse est absente des discours français, le fond est le même : une détestation de l'écologie (parfois vue comme une résurgence du communisme) ressentie comme une atteinte intolérable aux actions de l'homme sur ce qui l'entoure, et dans le cas américain également vue comme une atteinte aux bénéfices des pétroliers qui financent généreusement les campagnes électorales. Convaincus que l'homme est « comme maître et possesseur de la nature » pour reprendre le mot de Descartes, rien ne doit selon eux être opposé à une quelconque action de l'homme sur l'environnement, quand bien même cette action serait nuisible à l'homme (étant entendu que la nuisance à tout ce qui n'est pas humain n'est pas une notion assimilable à l'entendement de ces gens).

Aveuglés par cette haine, les climato-sceptiques, quel que soit le côté de l'Atlantique où ils se trouvent, rejettent en bloc – parfois au nom de la science ! - des résultats concordants publiés par des milliers de scientifiques dans des dizaines de milliers d'articles. La stratégie utilisée est la même que celle des créationnistes : nier la scientificité des résultats en hurlant au complot idéologique


(Eh ! Assisterait-on en ce moment à un complot mondial des thermomètres ?), monter en épingle des points de discussion mineurs (c'est justement le coeur de la science de n'être pas dogmatique!) et pour faire bonne mesure affabuler et calomnier (« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose »).

Le seul outil à la disposition des citoyens pour se faire une opinion éclairée sur des sujets comme l'évolution darwinienne ou le réchauffement climatique est l'école publique laïque. Pour cette raison, entre autres, elle subit elle aussi des attaques. A défaut de faire taire la science, les réactionnaires essaient de faire taire l'école. Les élections de 2012 seront-elles l'occasion de renverser la tendance ?

 

                                                                                                     Cédric Mulet-Marquis

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 14:05
- Publié dans : SCIENCES
Par Association des Libres Penseurs de France - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

 Un Prix Nobel mérité.

 

Les Libres Penseurs de l’Association Des Libres Penseurs de France (A.D.L.P.F., membre de l’Union Mondiale des Libres Penseurs), tiennent à féliciter Robert Edwards à qui vient d’être attribué le Prix Nobel de médecine 2010. Cette récompense vient couronner des recherches ayant permis la mise au point de la fécondation in vitro et la naissance, en 1978, du premier « bébé éprouvette ».

Grâce à ses travaux, Robert Edwards a mis fin au désespoir de millions de couples stériles. Tous les esprits libres, travaillant à l’avènement d’une morale rationnelle et fraternelle génératrice de bonheur et de dignité humaine, se réjouissent de cette distinction décernée à Robert Edwards, même si elle leur paraît un peu tardive. En revanche, le Vatican exprime, lui, sa désapprobation. Il confirme ainsi que le dogmatisme des religions constitue toujours l’un des pires obstacles à l’émancipation, au progrès et au bonheur du genre humain.

 

                                                                                                Paris, le 5 octobre 2010.

 

 

 

 

 

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Communauté : libre pensée et laïcité
Jeudi 7 octobre 2010 4 07 /10 /Oct /2010 13:13
- Publié dans : SCIENCES
Par Robin BOSDEVEIX - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Communauté : libre pensée et laïcité
Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /Déc /2009 08:28
- Publié dans : SCIENCES
Par Régis BOUSSIERES - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Le comité doctrinal de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis s'est prononcé le 25 mars "contre l'usage de la médecine alternative japonaise (de type Reiki) dans les institutions catholiques".

Le Reiki est une des médecines orientales qui puise son origine dans le bouddhisme notamment. Les évêques partent donc en guerre comme au bon vieux temps de l'inquisition pour dénoncer les fausses croyances qui mènent forcément le fidèle catholique vers l'hérésie (c'est à dire le droit de choisir : ce mot vient de là). Or, il n'y a pas de choix possible; seule l'Eglise a la vérité et le salut du pêcheur dépend du respect et de la pratique des seuls enseignements de l'église. Derrière les beaux discours sur l'œcuménisme et la tolérance se cache toujours cette machine ultra totalitaire et liberticide de l'Eglise. Ainsi, tous les arguments sont bons pour contrecarrer la progression de pratiques religieuses subversives, même les arguments scientifiques sont mis en avant par les évêques (ils invoquent la science quand cela les arrange). L'évêque William Lori déclare "que le Reiki n'a pas été reconnu par les communautés scientifiques et médicales comme une thérapie efficace et qu'il n'existe pas d'études scientifiques dignes de foi attestant de son efficacité". Ce qui est vrai... mais on aimerait autant de clairvoyance de la part de ces prélats concernant l'existence de Dieu : est elle prouvée scientifiquement? Ou la création du monde en 7 jours de la Bible est-elle juste scientifiquement? Et que dire de l'eau bénite qui soigne ou des pseudo miracles de Lourdes (ont-ils eu une reconnaissance médicale? Sont ils prouvés scientifiquement?...). Avant de voir chez les autres l'Eglise ferait bien de balayer devant sa porte au niveau des superstitions et des pseudo-guérisons miraculeuses, elle n'est pas la dernière... Mais les prélats vont plus loin et rappellent aux chrétiens qui pratiquent cette médecine ou que les malades qui l'utilisent, encourent des "risques importants au niveau spirituel", car un vrai catholique ne peut pas mettre sa confiance dans le Reiki qui opère dans le royaume de la superstition, ce no man's land qui n'est ni la foi ni la science, mais qui est une déviation du sentiment religieux et affecte par là même le culte rendu au vrai Dieu...les gens tombent parfois dans la superstition par ignorance, aussi est-il de la responsabilité de tous ceux qui enseignent au nom de l'Eglise d'éliminer une telle ignorance, conclut le Comité des évêques. Les prélats insistent en affirmant que "ceux qui pratiquent le Reiki, doivent admettre, au moins implicitement (sinon, ils seront soumis à la question?), certains éléments essentiels d'une vision qui n'appartiennent ni à la foi chrétienne ni à la science naturelle".  Au moyen âge, c'est sur de tels propos que l' Eglise mena l'inquisition pour éliminer comme le disent ces évêques les fausses religions, les superstitions et les faux Dieux... Il n'y a dans ces paroles que du mépris pour celui qui croit en autres choses car, pour l'Eglise, il ne s'agit que de superstitions dues à l'ignorance... La religion catholique est donc la seule à être vraiment une religion et à détenir la vérité loin des superstitions et de l'ignorance... Pour autant, l'Eglise a toujours entretenu l'ignorance et les superstitions les plus grosses, par exemple, Marie qui enfante en étant vierge ce n'est pas de la superstition?  Comme si c'était prouvé par la médecine ou l'histoire?!! Jésus qui est le fils de Dieu et Dieu en même temps, sans compter le Saint Esprit (qui c'est celui-là) qui fait partie de Dieu et de Jésus, mais qui est aussi une entité à part, c'est logique scientifiquement. Cela fait-il appel à la raison ou à la superstition? D'ailleurs pour les autres religions le catholicisme n'est pas une religion mais une croyance dévoyée et Jésus un faux prophète.... Et face à toutes ces questions que posent les mécréants sceptiques l'un des pères de l'Eglise Tertullien n'a pu trouvé qu'un argument "je crois parce que c'est absurde", un autre (Origène) dira "toute science vient de Dieu" pour essayer de mettre un terme au conflit croyance/science. Un autre argument religieux a aussi été invoqué : la différence de l'origine de la guérison. En effet, le Reiki est une médecine basée sur les soins énergétiques par imposition des mains sur le corps du patient, il s'agit de transmettre une "énergie vitale universelle" du thérapeute au patient. Bref, il n'y a pas de trace de Dieu, l'homme soigne l'homme, ce qui provoque le courroux des prélats car "l'accès à la guérison divine se fait par la prière au Christ", ce qui, avouons le, est prouvé scientifiquement ! Aujourd'hui comme hier, chaque religion prétend être la seule à détenir la vérité, et, de ce fait, chaque religion combat l'autre qui n'est que fausse croyance, superstition, hérésie, apostat, ou blasphémateur... Tout cela se termine généralement par des menaces qui sont suivis d'effets quand la religion est, hélas, assez forte et cela l'histoire et l'actualité nous le démontre...


                                                                                               Régis Boussières

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /Mai /2009 16:51
- Publié dans : SCIENCES

A.D.L.P.F.

La séparation :Lithographie représentant Emile Combes tranchant le lien entre la République et le Vatican - Musée Jean Jaurès Castres

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