Communiqué de l' ADLPF

Publié le par Association des Libres Penseurs de France

O.M.M.A.S.E.C. rue de la Ferme                                                               Le 24 janvier 2014

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François Hollande au Vatican : que va-t-il faire dans cette galère ?

 

Le président de la République Française a été reçu officiellement, à sa demande, au Vatican par le chef de l’Eglise catholique romaine, le 24 janvier 2014. Les Libres Penseurs de l’A.D.L.P.F. (Association des Libres Penseurs de France) réprouvent cette initiative.

 

Même si un certain nombre de pays entretiennent avec lui des relations diplomatiques, le Vatican n’est qu’un pseudo-Etat issu des accords du Latran conclus avec Mussolini ; ce n’est que le "saint" siège du chef de l’église catholique. Conformément à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, notre République laïque ne reconnaît officiellement aucun culte. Son président n’a donc pas à contribuer à l’institutionnalisation officielle de cette religion.

 

Au cours de l’année 2013, la hiérarchie catholique a montré, en France comme ailleurs, qu’elle restait une force réactionnaire hostile à la liberté des individus dans tous les domaines de la vie privée (mariage pour tous, droit à l’interruption de grossesse, droit de mourir dans la dignité…). Une pétition catholique a annoncé au pape, avant qu’il reçoive François Hollande, "l’hostilité" de celui-ci aux principes chrétiens. La visite protocolaire du président français à Rome ne peut donc apparaître que comme une soumission à ceux qui s’opposent à ses propres initiatives sociétales progressistes.

 

Les Libres Penseurs de l’A.D.L.P.F. condamnent le fait que François Hollande ait accepté sa nomination comme "chanoine du Latran", même si, contrairement à son prédécesseur, il a eu la pudeur de ne pas participer à la pitrerie d’une cérémonie lui conférant cette " dignité ". Ils condamnent également sa décision de recevoir les représentants des religions avant tout projet concernant la fin de vie et de leur accorder ainsi une représentativité officielle à un moment où la majorité des citoyens se déclarent non croyants. La lutte contre le communautarisme, prônée par le président de la République lors de sa dernière conférence de presse, ne passe certes pas par la reconnaissance d’une communauté religieuse particulière, même si celle-ci prétend que la France serait sa "fille aînée".

 

Les Libres Penseurs, qui s’étaient réjouis de la volonté du candidat Hollande de constitutionnaliser les deux premiers articles de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, continueront à s’opposer à tout dogmatisme religieux et à défendre la laïcité et une effective liberté de conscience. Leur amertume devant cette expédition à Canossa du président de la république laïque française les renforce dans leurs revendications :

  • séparation effective des Eglises et de l’Etat ;

  • respect du monopole de collation des grades par l’Université française et abrogation des accords Kouchner-Mamberti conclus avec le Vatican pour la reconnaissance des diplômes délivrés par les établissements d’enseignement supérieurs privés catholiques ;

  • non-reconnaissance du pseudo-Etat du Vatican et rupture des relations diplomatiques avec le « Saint »  Siège qui n’est que le directoire d’une faction cléricale prétendant imposer, non seulement à ses adeptes mais aussi à l’ensemble des citoyens, son idéologie et ses règles de vie dogmatiques et anti-humanistes.

Denis PELLETIER

Président de l'Association

 

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Petrilli Jean 27/01/2014 11:34


Le Vatican est un Etat fictif crée  par Mussolini après les accord de Latran 1929 ( qui faisait aussi de la religion catholique la religion d'Etat).La Républqiue n'a aucun inérêt à
reconnaître cet Etat sinon de chausser les bottes du fachisme en le reconnaissant !


Le reconnaître c'est accorder au Vatican un statut priviliégié et donc à une religion en violation de la loi de 1905. D'alleurs F Hollande l'a reconnu implicitement dans son discours suite à sa
visite papaple (insufflée par l'avocat catholique Mignard) en se félicitant de l'instance de dialogue avec l'église catholique française créée en 2002 par L Jospin. Cette instance se réunit en
toute oppacité et les mauvais coups contre la Répubique s'y fomentent (voir les diplômes du Vatican).


Et ne pas avoir de relations diplômatique avec cet "Etat" theocratique ne nous serait aucunement préjudiciable et ne nous  empêcherait nullement d'avoir des relations d'Etat à Etat avec les
Etats religieux du Moyen-Orient par exemple.


En notre qualité de lbres penseurs nous devons continuer à exiger la fin de cette reconnaissance ...

Martine Bosdeveix 26/01/2014 15:09


Pas de problème, j'avais compris. Merci

francois braize 26/01/2014 14:46


merci Martine Bosdevex de votre soutien mais sa fin m'inquiète; je me suis mal fait comprendre sans doute donc je précise;


je ne me résous à la persistance d'aucun monde aussi insatisfaisant que celui que nous connaissons  et n'entends pas me priver de progrès déterminants de celui-ci;  précisément c'est
bien par la diplomatie et les progrès de l'Etat de droit que l'on aura un "monde meilleur" qui ne devra rien aux promesses chimèriques d'un futur qui n'existe pas ! 

Martine Bosdeveix 26/01/2014 13:57


Merci pour cet éclaircissement François Braize, et tout à fait d'accord. C'est bien pour cela que je refuse de m'affilier à un parti politique...car il ne faut pas être crédule, la diplomatie est
indispensable dans le monde tel qu'il existe...mais ce monde là, faut-il en vouloir? L'accepter, c'est rentrer dans la politique du "oui mais.." et peut être, s'empecher d'entrevoir un autre
monde....

François Braize 26/01/2014 13:01


On ne peut qu'être d'accord, dans ce communiqué, avec les appréciations portées sur l'Etat du Vatican et la politique conservatrice affligeante qu'il promeut sur les questions sociétales.


Néanmoins, proposer la rupture des relations diplomatiques (que diable !) ne peut recevoir l'adhésion.


En effet, et tout d'abord,  en droit international, qui est un progrès pour l'humanité par rapport à la seule jungle originelle des rapports de force, la rupture des RD a un sens précis qui
n'est pas celui de la prudente prise de distance par rapport aux religions voulue par la laïcité. Il s'agit d'un déclaration d'hostilité qui précède dans l'échelle de ce droit, l'acte d'hostilité
: la déclaration de guerre et la confrontation.


Au contraire, toute la philosophie pacifiste de la diplomatie et donc du développement d'un Etat de droit international incite à être capable de se parler et donc de s'admettre en tent qu'Etats,
sans approuver, ni éprouver encore moins la moindre dévotion, pour autant pour la position de celui qui est en face.


Ensuite, prendre une telle position d'hostilité vis-à-vis de l'Etat du Vatican poserait le problème de la rupture des relations diplomatiques avec tous les Etats théocratiques ou même dans
lesquels la séparation n'est pas assurée.


La liste en serait longue et attristante pour l'influence de la France dans le monde du point de vue des idées qu'elle défend depuis longtemps et notamment les droits de l'Homme.


Je suis persuadé que tous les chefs d'Etat français (à l'exception sans doute du prédécesseur de l'actuel qui plaçait le curé au dessus de l'instituteur) ont toujours eu ces idées là à l'esprit
lorsqu'ils se sont rendus au Vatican.