Laïcité à la « sauce lyonnaise »…

Publié le par Jean PETRILLI

Lyon se targue depuis de nombreuses années d’être la capitale de la gastronomie. A ce titre il faudra ajouter une nouvelle spécialité : la laïcité à la « sauce lyonnaise »…

 

Sauce qui ravit les papilles des cléricaux de tous bords avec quand même une grande préférence pour les papilles catholiques.

 

En effet après les différentes variantes passant de la laïcité positive, ouverte, de coopération, qui ont constitué de véritables pieds de biche permettant de réaliser des effractions contre la loi de séparation des églises et de l’Etat maintenant c’est encore plus simple : la négation du fait cultuel. Le stade ultime de l’œuvre d’anéantissement ?

 

Retour en arrière. La ville de Lyon et le département du Rhône votèrent ,en 2009, l’attribution de subventions pour un montant de 98 000 € au profit de la Fondation du Protestantisme pour l’organisation à Lyon de la 13e assemblée générale de la Conférence des Églises Européennes (KEK) prévu du 15 au 21 juillet 2009.

La région Rhône-Alpes par une fronde de ses élus refusa le vote d’une subvention de 50 000 €.

 

Sur recours des laïques, le tribunal administratif reconnaissait, en 2011, la violation de la loi du 9 décembre 1905 et sans coup férir annula cette subvention. La Fondation du protestantisme était cultuelle ainsi que la XIII ème Conférence des églises européennes.

 

La Cour Administrative dans un jugement, du 27 novembre 2012, qu’il faut qualifier d’opportunité, donna cette fois ci gain de cause à ceux qui violait la loi du 9 décembre 1905. Elle devait annuler le jugement du tribunal administratif en retenant des motivations qui tordaient la réalité des faits et omettaient d’analyser la totalité des moyens de droit soulevés.

La fondation du protestantisme a pour objet de favoriser, assurer la pérennité et le développement du protestantisme en France à travers des actions conduites dans des domaines divers par les églises, œuvres, mouvements et autres institutions protestantes. A l’heure de l’internet il suffit de se rendre sur le site web de la fondation pour le constater. La Cour en a jugé autrement en concluant que la fondation ne pouvait être qualifiée d’association cultuelle.

Mais le plus ahurissant dans ce jugement c’est qu’il repose sur un second déni encore plus énorme et choquant.

La XIII ème assemblée de la Conférence des églises européennes était qualifiée de non-cultuelle. Elle avait accueilli près de 300 délégués des 120 églises membres de la KEK, principalement anglicanes, orthodoxes et protestantes et 500 autres participants appelés à plancher sur le thème « Appelés à une seule espérance en christ ». Thème décliné en diverses questions sociétales étudiées dans le prisme ou la lunette protestante. Alors que les délégués étaient reçus par un temps de prière à l’église Saint-Bonaventure. Qu’il était prévu dans l’agenda de cette conférence d’autres temps de prière. Malgré tous ces faits indéniables, irréfutables les juges de la cour d’appel décidèrent que la XIII ème conférence des églises européennes n’était pas de nature cultuelle.

Les juges ne daignant même pas s’interroger sur la validité des états financiers justifiant de l’usage des subventions et surtout sur le fait qu’elles avaient été reversées à la KEK association de droit suisse ayant son siège à GENEVE !.

 

La boucle était ainsi bouclée : élus et magistrats de la République s’entendaient pour conforter cette laïcité à la sauce lyonnaise !

 

Désormais à LYON et dans le Rhône la notion de culte, comme la ligne de l’horizon s’éloigne à chaque fois que l’on croit s’en approcher. C’est plus simple, ça rapporte et va rapporter gros, de belles perspectives en vue pour les finances des cultes lyonnais. S’ouvrent ,ainsi, plus grandes les vannes du financement des cultes en violation totale, assumée et désormais couverte par la justice de notre pays.

 

Le Président de la République a annoncé, ces derniers jours, son intention de créer en 2013 un observatoire de la laïcité. Nous l’invitons vivement à l’installer à LYON. Il pourra apprécier cette laïcité à « la sauce lyonnaise » dans laquelle mijote la potion amère du cléricalisme triomphant intoxicant un peu plus chaque jour l’avenir du « vivre ensemble ».

 

                                                                                          Jean PETRILLI

 

 

 

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