Par Association des Libres Penseurs de France - Voir les 23 commentaires - Ecrire un commentaire

Que n'a pas été la surprise de Marc SIMON qui hier, en toute tranquillité d'esprit, se présentait à son bureau de vote dans sa ville d'Aubervilliers : "J’ai été choqué de voir une femme voilée être assesseur au bureau de vote".

Après avoir rempli son devoir citoyen, tout perturbé par cette apparition, prenant ses jambes à son cou il se décide d'envoyer un courriel au cabinet du maire (PS) et au secrétaire de la section locale dudit PS. Le lendemain matin, il reçoit la réponse de ce dernier : "Je comprends tout à fait ta réaction. Nous nous sommes également posé la question s'il fallait répondre positivement au désir de cette camarade d'être assesseur dans un bureau de vote. Sans volonté de banaliser le port du voile dans ce qu'il traduit de la place de la femme dans la société, le risque est aussi de repousser indéfiniment ces femmes chez elles, de les stigmatiser et de les crisper dans cette posture. La gentillesse de cette femme et son ouverture d'esprit nous à pousser à faire le choix contraire. Celui du dialogue et de l'ouverture".

Déjà entendu, l'argument sent le réchauffé. Il entend justifier tous ces menus "accommodements raisonnables" qui brouillent progressivement l'image d'une claire attitude laïque des pouvoirs publics. Derechef, notre ami lui répond : "Soyez assuré que je n’ai absolument rien contre cette personne et que je ne mets absolument pas en doute les propos de J.-Y. V. la concernant. Ma réaction, en tant que vice-président de l’Association des Libres Penseurs de France, aurait été exactement la même si un membre du bureau avait porté une kippa ou tout autre signe de religion porté d’une façon ostentatoire. Bien que libre penseur et athée, je respecte, comme le veut la loi du 9 décembre 1905, la liberté de chacun de pratiquer une religion, à la seule condition qu’elle se cantonne au domaine privé de chaque individu. Le candidat, François HOLLANDE, s’est engagé à inscrire la laïcité dans la constitution de notre République et à en faire respecter les principes. Le prosélytisme par port ostensible de signes distinctifs d’appartenance à une religion dans un lieu public, qui plus est un bureau de vote, est une atteinte à cette loi, dite de Laïcité."

Quel beau pavé lancé dans la flaque d'eau communale ! Mais que nenni la cohérence de ces beaux arguments. C'est au tour du directeur de cabinet du maire qui, après avoir reçu tout cet échange, se fend lui aussi d'une réponse : "j'ai eu l'occasion de recevoir cette camarade dans le cadre d'une permanence où elle avait évoqué la question de son adhésion au parti socialiste ainsi que celle de son fils. Je confirme les propos de J.-Y. sur cette personne. Néanmoins, on peut évoquer ce sujet avec elle sans polémique aucune".

N'est-ce pas étrange cette non-réponse ? Allez, circulez ! Il n'y a rien à voir... A quoi bon, mon cher vice-président de l'ADLPF, grossir un problème alors que tout se passe dans le calme et la sérénité publique... Non monsieur le dir-cab, non camarade secrétaire de section, votre conception équivoque de la laïcité ne fait que vous éloigner de ce qu'elle devrait être dans le cadre de l'espace de l'administration territoriale soumise, elle aussi, aux mêmes règles de la laïcité républicaine.

Comment ne pas être scandalisé et inquiet par cette dérive qui, malheureusement, s'ajoute à bien d'autres. Ce fait révèle que la laïcité reste un principe bien mal partagé.

                                                                                         R. Bosdeveix

 

Communauté : libre pensée et laïcité
Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 08:21
- Publié dans : LAICITE
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A.D.L.P.F.

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