Appel à l’action globale de 2010

31 Oct 2008

ADLPF La Libre Pensée Pour une société éclairée Appel à l’action globale de 2010

Changer la vie des femmes pour changer le monde

Changer le monde pour changer la vie des femmes

Nous, de la Marche Mondiale des Femmes, luttons ensemble contre les causes de la pauvreté et de la violence sexiste. Dix ans après notre première Rencontre internationale, nous étions réunies a Panxon en Galice du 14 au 21 octobre 2008. Cent trente-six femmes de 48 pays, de tous les continents, réunies pour élaborer des propositions dans nos différents champs d’action: paix et démilitarisation, biens communs, violences envers les femmes et travail des femmes.

Au cours de ces sept jours, nous nous sommes jointes à nos soeurs galiciennes et aux hommes solidaires de notre lutte lors d’un forum public et d’une foire pour promouvoir la souveraineté alimentaire et l’ auto-détermination des femmes. D’ailleurs, plus de 5 000 personnes ont manifesté joyeusement dans les rues de Vigo le matin du dimanche 19 octobre. Au son des «batucadas», dans toutes les langues, nous avons créé des rythmes pour les droits des femmes, contre le machisme et pour la paix.

Nous menons nos luttes dans un contexte d’offensive des milieux conservateurs et des intégrismes religieux de tous types, y compris le communautarisme, la criminalisation des mouvements sociaux, la négation des droits des peuples sur leurs propres territoires, la militarisation et les violences croissantes menées par des gouvernements qui utilisent comme excuses la «guerre à la terreur».

Le patriarcat, le capitalisme et le racisme sont trois systèmes qui s’articulent pour contrôler nos corps et nos vies. Au sud comme au nord, leurs institution : gouvernements, grandes entreprises, religions , veulent nous empêcher de conquérir nos droits ou essayent de nous enlever ceux que nous avons déjà acquis.

Après les crises alimentaire, énergétique, environnementale et éthique, la crise financière révèle le caractère hautement spéculatif, destructeur et néocolonialiste de ces systèmes. Une fois de plus, l’État est appelé à se subordonner aux intérêts du capital financier et des multinationales, abandonnant le peuple pour se porter au secours des marchés.

Nous agissons, ensemble et sans relâche, pour résister et construire des alternatives fondées sur la paix, la justice, l égalité, la liberté et la solidarité. En 2010, nous ferons entendre notre voix de manière encore plus forte, entre le 8 mars et le 17 octobre :

des marches de toutes formes, couleurs et rythmes lanceront notre programme de mobilisation et célébreront les 100 ans de la déclaration de la Journée internationale des femmes ;

des marches et diverses actions simultanées auront lieu dans le monde entier autour du 17 octobre et s ajouteront a notre présence dans le Sud Kivu en République Démocratique du Congo.

Beaucoup d’actions auront lieu entre le 8 mars et le 17 octobre 2010. Par exemple, affirmer les droits des travailleuses domestiques et des paysannes, et refuser la promotion de l’industrie de la prostitution à la Coupe Mondiale de Football en Afrique du Sud.

Notre action s’articule autour de plusieurs thématiques afin de mettre en évidence les diverses causes et intérêts qui sont à l’ origine de la militarisation. Nous dénonçons l’exploitation de nos richesses par les multinationales qui appauvrissent les populations les plus vulnérables. Nous dénonçons également la responsabilité des États dans le développement de l’industrie de l’armement qui mène à la violence envers les femmes.

Nous refusons que les ressources naturelles d’un peuple servent de motifs pour des conflits armés. Nous n’acceptons aucune intervention ni menace des puissances impérialistes sur la souveraineté d’autres peuples. Nous refusons que le corps des femmes soit un butin de guerre !

Nous serons en marche jusqu’à ce que toutes soient libres

UN AUTRE MONDE EST NECESSAIRE ET POSSIBLE

Déclaration sur la crise financière, approuvé le 20 octobre 2008

7e Rencontre Internationale de la MMF, qui a eu lieu à Panxón, Vigo, Galice

Dans un contexte patriarcal et d’économie néo-libérale, le système bancaire et financier s’écroule. Les tentatives de redressement pour améliorer son fonctionnement ne font que détériorer encore plus la situation. Les bourses du monde sont en chute libre, la crise mondiale s étend et ne peut plus être masquée. Les conséquences de la non redistribution des richesses, c’est  la paupérisation massive des populations et  particulièrement des femmes. Ce système favorise le développement des guerres comme outil pour s’accaparer les ressources des pays du Sud et développer l’industrie des armements. Les femmes, dans les conflits belliqueux, subissent des violences inadmissibles et inhumaines.

Les gains colossaux des spéculateurs et des actionnaires ont été privatisés alors que les pertes énormes du système sont aujourd’hui nationalisées, c’est à dire payées par tous et toutes a travers nos États.

Nous, femmes du monde, sommes les premières touchées par le chômage galopant, par la perte de l’autonomie alimentaire, par la marchandisation des biens communs. Cette crise financière est étroitement liée a toutes les autres : celle des changements climatiques, de la crise alimentaire, celle de l’énergie, celle du travail.

Les pays du Sud sont spoliés de leurs ressources ; les habitudes alimentaires modifiées au bénéfice des multinationales de l’agro-alimentaire. Ces derniers sont étouffés par le poids de la dette, par l’opacité de l’utilisation des fonds prêtés par les organisations internationales.

Face a l’échec du modèle unique de l’organisation économique globalisée, nous, femmes de la Marche Mondiale, réunies à Vigo, en Galice, du 14 au 21 octobre 2008, réaffirmons notre position anti-libérale, exigeons la transformation du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale, de la Banque centrale européenne (BCE) et de  l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ainsi que les Banques de développement. Nous dénonçons avec vigueur tous les accords de libre commerce, notamment les accords de partenariat économique (APE) – par exemple l’Accord de partenariat économique Japon-Philippines (JPEPA) – et l’accord général sur le commerce et les services (AGCS). Nous exigeons la suppression des paradis fiscaux qui permettent  de masquer l’ argent de la drogue et de la corruption ; nous demandons le contrôle de tous les mouvements de capitaux.

Il est clair que c’est d’un autre  système économique dont nous avons besoin, de développer la création de structures d’économie solidaire, de coopératives de production autonomes, d’une Banque du Sud au service d’un développement écologique, égalitaire et durable.

Nous voulons la transparence de l’utilisation des fonds publics et de leur gestion. Nous voulons que les ressources des peuples soient d’abord destinées à satisfaire leurs besoins vitaux.

Nos États sont responsables, ils nous doivent des comptes, c’est leur devoir et obligation de réguler le système économique pour protéger les citoyens et les citoyennes des requins de la finance. Les coûts de la crise doivent être assumés par les actionnaires et par ceux qui ont amassé des fortunes en spéculant.

D’autres règles de distribution et d’utilisation de l’argent doivent être définies, de manière démocratique et participative, avec les populations, les mouvements sociaux et les associations féministes. La définition des budgets doit tenir compte de la sauvegarde des biens communs et du développement des services publics. Tous, hommes et femmes du monde, nous avons droit à une alimentation saine, à un logement décent, à la santé, à l’éducation, à un  travail digne, aux transports et a la culture.

Construisons ensemble un monde ou nos valeurs  de justice, de paix,

d égalité, de solidarité et de liberté soient prioritaires

Marche Mondiale des Femmes contre les Violences et la Pauvreté

25/27 rue des Envierges 75020 Paris

Téléphone : 01 44 62 12 04 ; 06 80 63 95 25 ; Site : www.marchemondiale.org

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