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Une étrange discrimination positive

13 Fév 2023

ADLPF La Libre Pensée Pour une société éclairée Une étrange discrimination positive

Étaient-elles vraiment irresponsables ces femmes allemandes qui participèrent pleinement à la folie sadique du 3ème Reich ? Il semble que non, en tout cas c’est l’opinion dument argumentée et étayée que développe notre camarade Sophie Tordjman dans ce billet d’humeur titré « Une étrange discrimination positive ». 

Je croyais tout savoir sur le nazisme, ou presque. Or j’en ai encore appris ! Ce mardi 31 janvier, un documentaire diffusé sur Arte et intitulé « Des femmes au service du Reich » m’a apporté un éclairage surprenant sur le rôle dévolu aux femmes à tous les échelons de l’administration nationale-socialiste.

Pour Hitler, on s’en souvient, le rôle des femmes se résumait à peu près aux trois K : « Kinder, Kleider, Küche », les enfants, les vêtements, la cuisine. Dès son accession au pouvoir en 1933, les femmes ont été exclues de l’université. En revanche, le nouveau pouvoir nazi les a largement recrutées et utilisées dans tous leurs domaines d’activité traditionnels, mais aussi dans d’autres secteurs moins ordinaires. Leur premier rôle était de procréer de purs aryens. Elles y étaient préparées dans des organisations spécifiques, notamment le BDM (union des jeunes filles allemandes), où on leur enseignait avant tout l’art de choisir un bon mari. Si le prétendant faisait partie du corps d’élite des SS, la future épouse devait se plier à un long parcours d’épreuves diverses. Entre autres, ceci nous intéresse : si elle avait été élevée dans la religion, elle devait y renoncer. Mais le système nazi savait aussi utiliser les compétences de ces jeunes femmes endoctrinées. Les étudiantes en médecine devenaient des infirmières spécialisées, qui furent bientôt associées aux grands programmes du régime, tels que l’élimination des personnes handicapées mentales, dit « programme T4 ».

Le pire commence avec la guerre. De nombreuses femmes participent à la germanisation forcée dans les territoires occupés. Elles jouent enfin un rôle actif et parfaitement conscient dans la mise en œuvre du programme concentrationnaire. Elles sont présentes et terriblement actives aux abords des camps en tant qu’épouses des SS, secrétaires, infirmières et autres fonctions toujours assorties d’avantages appréciables. On cite le cas de l’épouse d’un commandant qui tirait sur des déportés du haut de son balcon, pour l’amusement de ses invités et la fierté de sa fillette de quatre ans. À l’intérieur des camps, toujours sous couleur de fonctions médicales, les femmes interviennent dans les sélections et jusqu’aux portes des chambres à gaz.

Après la guerre, la plupart de ces petites mains de l’horreur sont retournées à la vie civile et sont devenues d’honorables mères de famille. La seule femme médecin ayant opéré dans un camp, celui de Ravensbrück (si ma mémoire est bonne), a ouvert quelques années après un cabinet médical dans une petite ville d’Allemagne Fédérale. Celles qui auraient eu à répondre de crimes contre l’humanité ont été relativement épargnées par la justice d’après-guerre. Celles qui n’ont pu passer entre les mailles du filet ont évoqué pour leur défense l’obéissance aux ordres. Il n’y a pas de femme parmi les condamnés à mort de Nuremberg, et on compte en tout vingt-cinq femmes condamnées à mort pour crimes de guerre. Cela dit, rappelons que les libres-penseurs sont par principe opposés à la peine de mort.

On pourrait se demander ce que recouvre cette relative indulgence. L’oppression subie par les femmes peut-elle être retenue comme circonstance atténuante ? Cette question demeure très complexe. Ce qui est certain, c’est que, donner à un être humain quel qu’il soit un sentiment de toute-puissance et la garantie de l’impunité, ouvre la voie au déchaînement des pires instincts. Mais alors, que devient la notion de responsabilité individuelle ?

Sophie Tordjman

Vous pouvez voir le podcast de ce documentaire « Des femmes au service du Reich » sur Arte TV jusqu’au 31 mars 2023.

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