Ramasse-miettes n°81 : Revue de presse militante

19 Nov 2017

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Les marchands du Temple…

Tout a commencé dans une interview au « Parisien Week-End » , Stéphane Bern, le « Monsieur patrimoine » de la Macronie, appelle à une petite révolution. « Il faut d’urgence faire payer l’entrée des cathédrales. On est le seul pays où leur accès est gratuit. Une ville comme Paris n’a plus les moyens d’entretenir son patrimoine religieux », y déclare-t-il.

Tempête dans les bénitiers ! La Conférence des évêques de France (CCF) s’y oppose et quelques joyeux cathos y vont de leurs tweets vengeurs : « Nos cathédrales sont des lieux sacrés. Ils doivent justement échapper à la marchandisation de notre société ! », s’émeut sur Twitter Eric Ciotti, pourtant grand libéral assumé. Et la sénatrice UDI, Nathalie Goulet, y voit « une violation de la loi de 1905 » séparant les Églises et l’État, ce qui est gonflé quand on sait que ces bâtiments coûtent un bras à entretenir pour les beaux yeux de la religion catholique.

L’hypocrisie des réactions cathos est exemplaire. Voilà des gens qui, par une sorte de hold-up initial – le refus de la loi de 1905, avant le retour cauteleux des années 20 – se trouvent jouir sans bourse délier de locaux entretenus par tous, y compris par les mécréants, et qui s’insurgent à l’idée qu’on pourrait faire payer l’entrée au nom du lieu sacré de prière. De quoi rigoler quand même, surtout quand on connaît la vénalité de cette engeance.

Elle nous manquait, Nadine !

C’est injuste, on ne l’entendait (presque plus) la petite soldate du sarkozisme, mais ce n’était que pour préparer un rebondissement spectaculaire, bien dans sa veine échevelée. Ainsi, notre eurodéputée, « Les Républicains », a indiqué qu’elle lançait une pétition « pour inscrire dans la Constitution les racines chrétiennes de la France », idée forcément géniale qui fait suite à la polémique sur la croix surplombant une statue de Jean-Paul II à Ploërmel, en Bretagne, dont le Conseil d’État demande le retrait.

Ah ! Les racines chrétiennes quel fantastique chiffon rouge à agiter sous le nez de la Gueuse républicaine en espérant quun jour elle viendra à résipiscence. C’est là (//).

On ne se refait pas : « Dans les quartiers populaires comme ailleurs, Macron privilégie les “premiers de cordée” ».

Là où le discours d’Emmanuel Macron marque une nette évolution, par rapport à ce qui se fait depuis des lustres en termes de politique de la ville et des banlieues, c’est sur le plan de la participation. L’enjeu de mobilisation collective des habitants des quartiers populaires promue dans la loi Lamy disparaît. Il est remplacé par une célébration des initiatives et des réussites individuelles, qui fait l’impasse sur les mécanismes structurels à l’origine de l’exclusion sociale et politique dans ces quartiers. Mais c’est assez cohérent : dans les quartiers populaires comme ailleurs, la vision d’Emmanuel Macron privilégie les « premiers de cordée » pour tirer les autres vers le haut. Au cours de ces derniers mois, Emmanuel Macron et son gouvernement ont pris une série de décisions dont les effets sont très négatifs pour les quartiers populaires : réduction des APL compensée par les HLM, diminution du nombre de contrats aidés, restrictions budgétaires pour les collectivités et les services publics. Bref, le ruissellement, mais à l’envers ! C’est là : (//).

Macron veut rompre avec l’image de «président des riches». Et il y a du boulot.

Après avoir défendu ses réformes devant environ 10 millions de téléspectateurs, Emmanuel Macron va tenter cette semaine de tordre le cou à l’image de «président des riches» avec des rendez-vous sur la lutte contre la pauvreté, la sécurité au quotidien et «l’Europe qui protège».

Malgré une des plus fortes audiences de l’année, le chef de l’État a peiné à convaincre. Plus de six Français sur dix (61 %) qui l’ont regardé en partie ou en totalité disent ne pas avoir été convaincus, contre 39 % de convaincus dont 7 % «tout à fait», selon un sondage Harris Interactive. Toutefois, le taux d’approbation monte à 54 % chez ceux qui ont regardé l’interview en totalité. Là  : (////)  et là (////).

Genève est la cible d’une nouvelle offensive créationniste du turc Adnan Oktar, alias Harun Yahya.

Par le passé, ce joyeux drille avait déjà inondé plusieurs pays d’Europe dont la Suisse et la France, ainsi que le Canada et les États-Unis avec son Atlas de la création, une publication luxueuse et coûteuse, démontant la théorie de l’évolution.

Le personnage est sulfureux, il se proclame leader musulman du créationnisme, mais Alain Bittar, directeur de l’Institut des cultures arabes et méditerranéennes de Genève le compare à un télévangéliste américain; il possède d’ailleurs sa propre émission de télévision.

Et bien sûr, il se trouvera toujours des gogos pour gober les élucubrations d’un tel gugusse.

Et si vous avez envie de rire un peu : « Vu l’extrême improbabilité que des molécules permettant la vie se soient constituées toutes seules avec le temps, il est beaucoup plus raisonnable de croire que la vie fut créée par le Monstre en Spaghetti Volant », cette affirmation va dans le sens du créationnisme, mais en s’esclaffant. Rions.

Tout corps vivant possède son ADN particulier, la Vè  République n’y échappe pas.

Dès sa fondation par le Général De Gaulle, revenu au pouvoir par le miracle d’un coup d’état « soft » ou presque, la Vè République s’est construite comme une monarchie élective. De la monarchie, elle a bien des caractéristiques : prééminence sans appel du Chef, courtisans, privilèges qui ne disent pas leurs noms, etc. Le Président de la République s’est emparé du pouvoir en bousculant les jeux épuisés des partis et de la bête bipolarisation traditionnelle. Pour ce faire, il a recruté, à la manière d’un entrepreneur, des gens qui étaient prêts pour l’aventure à laquelle il les conviait. Pendant la campagne électorale, il disait vouloir placer le citoyen au cœur de la vie politique, ils y ont cru. « Chassez le naturel, il revient au galop ». Six mois plus tard, une centaine de « Marcheurs » ne cachent pas leur déception dans une tribune intitulée « La démocratie n’est pas en marche ! » Et symboliquement, ils ont remis leurs démissions vendredi 17 novembre, à la veille du congrès de LREM.

La Vè République est une démocratie imparfaite. Certes, le pouvoir judiciaire n’y est pas (encore?) contraint, mais l’exécutif et le législatif y sont, pour ainsi dire, confondus. Il n’aura donc pas fallu longtemps à Monsieur Macron pour imposer sa volonté aux Marcheurs, brouillant ainsi le message de la campagne. Il leur dit maintenant qui doit diriger le parti en construction et en verrouille la procédure par l’exigence d’un vote à mains levée, le pire déni de démocratie.

In fine, c’est un mauvais signal adressé aux macronistes qui ont cru que leur idole sortait des vieux schémas éculés, ceux qui ont fait que les citoyens désertent les urnes, las et désabusés.

Il faudra bien un jour sortir de cette république taillée à la mesure de De Gaulle et réanimer la démocratie parlementaire.

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1 Commentaire

  1. Ledru françois

    Effectivement il n’y a pas longtemps on osait dire pour rire « le monstre en spaghetti volant a tout créé » pour dénoncer la naïveté que nous attribuons à ceux qui croient en dieu, ou « bien sûr, Shpadoum fils de Shpadout »…. » et maintenant on n’ose presque plus, donc c’est qu’ils ont imposé « si tu vexes quelqu’un tu es en faute » au lieu de parler du contenu de la croyance ! Ledru

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