Ramasse-miettes n°96 : Revue de presse militante

31 Mar 2018

ADLPF La revue de presse militante de l'ADLPF Ramasse-miettes n°96 : Revue de presse militante

Pan sur le vilain museau des marchands de menteries.

Une étude universitaire s’est intéressée aux résultats obtenus par les élèves français entre le CP et le CE2. Les conclusions remettent en cause de tenaces préjugés : l’avance de l’école privée sur le public s’explique uniquement par l’écart de classe sociale entre les élèves, et les élèves du privé ne progressent pas plus que leurs homologues. […] « 36 % des élèves entrés au CP en 2011 dans une école privée ont un père de milieu social très favorisé contre 17 % des élèves dans une école publique ». Il y a deux fois plus d’enfants de chef d’entreprise et de professions libérales dans le privé que dans le public ; davantage d’enfants de cadres.

Ceci explique cela et ça se sait depuis des lustres. La réalité de l’enfumage tient au fait que trop nombreux sont les privilégiés qui rêvent d’abattre l’école publique pour différents motifs, tous plus abjectes les uns que les autres.

Ils rêvent de rouvrir Drancy…

Et revoilà la bonne vieille droite moisie toujours prête à enfermer, déporter et expulser.

« À peine trois jours après les attentats de Carcassonne et Trèbes, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen sont montés au créneau, accusant Emmanuel Macron de naïveté et d’inertie face au terrorisme islamiste. » Tous les deux demandent l’expulsion immédiate des « fichés S » de nationalité étrangère. Laurent Wauquiez réclame en outre le rétablissement de l’état d’urgence, qui a été levé le 31 octobre 2017, et l’internement des français « fichés S » jugés « les plus dangereux ».

C’est oublier ou faire semblant d’ignorer que l’essentiel des dispositifs attachés à l’état d’urgence ont été transcrits dans le droit commun :  loi du 30 octobre 2017.

Vous confieriez le pouvoir à de tels rigolos ?

Et toujours à cloche-pied sur la jambe droite…

… « Mardi 20 mars, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a avalisé le licenciement de Gaël Quirante, syndicaliste SUD à La Poste, contre l’avis de son ministère. Jusqu’alors, même la droite avait refusé de licencier le représentant du personnel ».

Seuls les aveugles ou les désinformés s’étonneront, mais pas nous, car nous savons d’où vient la ministre : elle a, entre autres, occupé des postes de direction au sein de grandes entreprises : DG- adjointe de Dassault-Système (2002-2008) puis DRH du groupe Danone (2008-2014). Elle fut ensuite directrice générale de Business France, dont elle fut co-créatrice, jusqu’en 2017. Parallèlement à ces activités, elle a siégé dans différents conseils d’administration, d’Orange à la SNCF en passant par Aéroports de Paris.

Ce n’est pas par hasard que Macron, notre blairo-thatcherien national,  l’a nommée au poste qu’elle occupe. À cloche-pied, vous dis-je !

Du rififi dans le microcosme où l’on pense, suite à une tribune signée par 100 intellectuels, qui dénoncent la montée en puissance du «totalitarisme islamiste» dans les banlieues françaises.

Depuis sa publication dans les colonnes du Figaro, l’appel de 100 intellectuels contre le «séparatisme islamiste» observé dans certaines banlieues françaises a suscité des réactions éparses au sein de la classe politique. (Pourtant) dans le giron de La République en marche, le député apparenté Manuel Valls a pris le contre-pied de la parole gouvernementale officielle qui a a jugé «stigmatisant» la tribune en question, notamment son usage du terme d’«apartheid» pour qualifier la «ségrégation à l’envers» qui opposerait des «dominés» à des «dominants» supposés,  en relayant le texte sur Twitter. D’après l’ancien premier ministre socialiste, «ouvrir les yeux» et «dire les choses» sont «le meilleur service à rendre à la République et aux musulmans de France pour les aider à combattre l’islam politique et l’islamisme». Une position qui ne surprend pas, Manuel Valls étant régulièrement en première ligne sur les questions de laïcité et d’islam, parfois au regret de ses collègues de la majorité.

Pour Macron, qui ne pige rien de rien à la laïcité, tout décidément ne « baigne pas » sans souci.

Plaidoyer inter-associatif pour l’accueil et l’accompagnement de toutes les personnes en situation de précarité.

« C’est dans ces valeurs de solidarité, de respect des droits fondamentaux et notamment du droit d’asile, d’accueil inconditionnel et de respect de l’autre et de sa différence que nous nous devons d’accueillir toutes les personnes en difficulté présentes sur le territoire, quels que soient leur choix de vie, leur âge, leurs difficultés sociales, leurs problématiques de santé, leur nationalité ou leur situation administrative. »

Les associations sont inquiètes et le disent. Elles méritent notre soutien.

Lier le combat laïque et le combat social est devenu une ardente obligation.

Dans la lutte contre le capital, il faut se prémunir contre une cinquième colonne qui croit combattre l’alliance du néolibéralisme avec les communautarismes et les intégrismes en étant encore plus communautariste que les néolibéraux ! Voilà pourquoi il convient de lier le combat laïque au combat social : pour éviter que la gangrène communautariste empêche de rassembler le camp du plus grand nombre contre le capital. Le sage dit : « Dans notre République, si on a droit à la différence, la différence ne crée pas de droit particulier ».

Le CRIF fait, comme d’habitude, de la « petite » politique politicienne et casse l’unanimité du dégoût de l’antisémitisme.

Le prétexte est fallacieux qui avance que s’opposer à l’État d’Israël et à sa politique envers les Palestiniens relève de l’antisémitisme. On connaît le procédé, il est vieux comme le monde : proférer la moindre réticence à propos des lois sur la parité – c’est le cas de certaines féministes, mais pas que – entraîne de se voir coller le dossard d’ignominie du « Sexiste ». Passe encore que l’inénarrable président du CRIF, Francis Kalifat,  ne souhaite pas voir Marine Le Pen dans sa Marche Blanche en hommage à Mireille Knoll, la mémoire collective se souvient du « détail » de Jean-Marie, le père de la Dame, toujours assumé par son auteur et constamment condamné par la justice. Le cas du Front national est certes épineux quand on connaît son passé en la matière, même si Marine Le Pen se garde de toute allusion antisémite. Mais celui de Jean-Luc Mélenchon touche au grotesque. En effet, à part de dire et répéter qu’Israël se conduit fort mal envers les Palestiniens et colonise peu à peu les territoires occupés, nu

lle position antisémite à pointer sérieusement. Sinon, dire que la France a, en son temps, colonisé nombre de territoires et ne s’est pas comportée toujours avec honneur en Algérie, et moi je le dis, c’est être anti français… Ridicule !

Le CRIF n’est qu’une petite boutique bas de front, rien d’autre.

Quant à JL Mélenchon, il se sera consolé par avance plus tôt dans la journée en rendant hommage à Arnaud Beltrame et reçu une rare ovation de LREM et LR à l’Assemblée.

« Tout ce qui est excessif est insignifiant », n’est-ce pas Monsieur  de Talleyrand-Périgord ?

« L’antisémitisme est un signe inquiétant de l’affaiblissement de la démocratie ».

C’est Dominique Schnapper, sociologue et présidente du Conseil des sages de la laïcité à l’éducation nationale qui le dit et nous sommes d’accord avec elle, sans aucune restriction.

Au détour d’une réponse, elle aborde la question évoquée plus haut des amalgames si faciles et si communément utilisés : « Même si Israël n’existait pas, l’antisémitisme existerait. Le conflit donne des arguments nouveaux à de vieilles passions, même s’il peut aussi conduire certains, par solidarité avec le sort des Palestiniens, à raviver ou même à faire naître l’hostilité à l’égard des juifs. Ils arrivent à confondre la critique de la politique du gouvernement israélien et l’antisémitisme. Il faut évidemment les distinguer. » Certes, mais pas qu’eux, le CRIF nous en a infligé un bel l’exemple.

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