Ramasse miettes N°120 : 3 janvier 2019

3 Jan 2019

Chers Amis, le Ramasse-miettes reprend force et vigueur. Notre mutation vers un site plus complet, plus moderne et plus attrayant a posé et pose encore quelques problèmes d’indexation dans les moteurs de recherche. Mais nous avançons. Toutefois, le Ramasse- miettes est un objet difficile à ordonner selon les canons googlesques, aussi nous résignons-nous à ce qu’il soit suivi, en plus de ses lecteurs habituels, par ceux que d’autres intérêts auront attirés sur le site et qui le découvriront donc par rebond.

Nous vous souhaitons une année prospère et conforme à l’idée que nous portons de la liberté de conscience et d’une société apaisée, donc laïque.

Bonne lecture.

Les prétendants au trône au secours de la République

Louis XX, un Bourbon, a publié un communiqué de soutien aux Gilets jaunes : « Je tiens à exprimer ma solidarité et ma profonde compassion pour ceux qui souffrent, dénués de ressources, écrasés de charges, humiliés et privés d’Espérance ». Savoureux, n’est-ce pas ? « Ils n’ont pas de pain ? Qu’on leur donne de la brioche ! » aurait dit Marie-Antoinette, une lointaine aïeule, à quelqu’un qui lui contait (par le menu ?) la misère du peuple.

L’Orléans Jean, dit Jean de France, ne pouvait faire moins. Les cousins ennemis font donc cause commune pour une fois, car : « Nous, les royalistes, sommes des “gilets jaunes” comme les autres, sans signe distinctif. Notre objectif, c’est que la lutte aboutisse. Si tout allait bien en France, je retournerais cultiver mes salades et on serait tranquille. », a poursuivi l’orléaniste.

Admirable ! Leurs Majestés opportunément mêlent leurs murmures à toutes les éructations à la mode Gilets jaunes. La récup., Messeigneurs, la récup.

La société de confiance serait-elle l’obsession de M. Darmanin ?

« Comme l’a dit le Président de la République, les dirigeants d’entreprises cotées ou dont l’État est actionnaire doivent impérativement être résidents fiscaux français ». La belle trouvaille que voilà ! La mesure se veut un signe de « civisme fiscal », sorte de pendant à la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune. Ah bon ! C’est une contrepartie, je me disais aussi …

L’addiction des princes arabes pour les mercenaires et les esclaves ne se dément jamais

Pour guerroyer au Yémen ils ont embauché des milliers de Soudanais de moins de 18 ans, des enfants. Ainsi, les Saoudiens évitent autant que possible de faire combattre leurs propres soldats et, au passage, ils enrichissent quelques douteux personnages assez cyniques pour avouer : « Nous exportons des soldats pour se battre comme s’ils étaient de la marchandise que nous échangeons contre des devises étrangères ».Aveu du consultant économique soudanais Hafiz Ismail Mohamed au New York Times.

Nauséeux ! Il est vrai qu’ils s’y entendent en découpe humaine, ces tristes sires.

Scories d’anciens empires

Nous avons en France cette aberration, le concordat qui perdure en Alsace-Moselle – et accessoirement dans certains territoires ultramarins ; une décision de la CEDH nous en fait découvrir, par ricochet, une sorte d’équivalent en Grèce. En effet, l’application de la charia en Grèce se perpétue comme héritage de l’Empire Ottoman. Elle continue à s’appliquer aux populations musulmanes passées sous juridiction grecque après la reconquête de la Thrace.

Les Traités de Sèvres (1920) et de Lausanne (1923) réglant après la guerre le sort des « minorités » en Turquie et en Grèce prévoyaient que celles-ci puissent continuer à vivre selon leurs propres usages. Par suite, les juridictions grecques ont estimé que la charia devait s’appliquer obligatoirementà tous les membres de la communauté musulmane de Thrace, en matière de mariage, divorce et de succession.

Jusqu’au 18 décembre 2018, la Cour européenne des droits de l’homme estimait que la charia est, dans son principe même, incompatible avec les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme. Tel n’est plus le cas aujourd’hui : la Cour accepte maintenant son application en Europe à certaines conditions, bien trop imprécises. Dans un arrêt du 19 décembre 2018 (Molla Salli vs la Grèce) la Cour n’a pas réitéré la condamnation de principe évoquée supra, et en a accepté l’application en marge du droit commun grec. En d’autres termes, elle s’est déjugée et a ouvert une jarre de Pandore qu’il sera bien difficile de refermer, car, et là est la brèche : Elle estime qu’un État peut, s’il le souhaite, « créer un cadre juridique déterminé pour accorder aux communautés religieuses un statut spécial impliquant des privilèges particuliers ». N’est-ce pas, là, la porte ouverte au communautarisme qui est, qu’on le veuille ou non, antinomique de la démocratie républicaine ?

La macronie est toujours en marche : elle a ourdi un tour de vis qui s’appliquera, comme d’habitude, au plus fragiles

À l’occasion de ses vœux à la nation, le Président nous a fait une petite crise d’autoritarisme. C’est ce que font en général ceux qui ont du mal à asseoir la vraie autorité, celle qui fait consensus.

Nous ne serons donc pas étonnés à la lecture de l’Obs électronique du 2 janvier 2019, qui titre : « Le gouvernement durcit les sanctions contre les chômeurs ».« Certaines sanctions sont plus dures que ce qu’avait initialement annoncé le gouvernement ». C’est ce qu’établitun décret publié dimanche 30 décembre 2018 au « Journal officiel ». On admirera au passage le « timing » :publication le 30 décembre, pendant que le quidam fait ses courses du réveillon et a sans doute la tête ailleurs … Manœuvre dans la droite ligne des coups tordus perpétrés en général en août, avant la Rentrée.

Bien sûr, le chœur des énamourés, éditorialistes ou non, se pâme d’aise.

Avec Trump, on n’est jamais vraiment déçu, il est tellement prévisible

Trump a salué son homologue brésilien, Jair Bolsonaro, d’un vibrant tweet : « Félicitations au président Jair Bolsonaro qui vient de faire un super discours d’investiture – les États-Unis sont avec vous ! ». Et le Hongrois Victor Orban aussi qui a assisté à la cérémonie.

Trump, Bolsonaro, même combat, ainsi que pour nos joyeux « brunoïdes » européens, Marine Le Pen et Matteo Salvini, qui s’étaient déjà réjouis dès l’annonce de sa victoire électorale. La grande fraternité de l’extrême-droite avance à marche forcée un peu partout dans le monde. Triste présage pour une année 2019 qui connaîtra d’autres tangages.

Insultez, vilipendez, appelez à voter facho et vous recevrez la Légion d’honneur des mains du Président. Promotion du 1er janvier 2019

C’est ce qui arrive à ce pauvre M. Houellebecq, grand dénigreur, massacreur et détracteur de… tout ce qui n’est pas lui. Bien sûr il se précipitera fissaà l’Élysée pour recevoir sa breloque. Personne ne peut imaginer que ce soit le Président qui se déplace pour la lui remettre. Encore que…

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