"In God we trust"

Publié le par Association des Libres Penseurs de France

Aux Etats-Unis la liberté religieuse prime sur la liberté de conscience. La devise officielle de ce pays est : « En Dieu nous croyons ». Elle est sur tous les billets de banque et les pièces de monnaie. Les religions, les différentes Églises comme les sectes peuvent prospérer en toute tranquillité. S’il est précisé dans l’Article VI de la Constitution des États-Unis que : « aucune profession de foi ne sera exigée comme condition d’aptitude aux fonctions ou charges publiques sous l’autorité des États-Unis ». Il n'en demeure pas moins que le Président lui-même, lors de son investiture, jure sur la Bible et le texte du serment comporte la phrase « So help me God » (« Que Dieu me vienne en aide »), ces mots auraient été rajouté par le président Washington lors de la première investiture, mais ils n’ont jamais été supprimés. Il a fallu attendre 2008, pour qu'un président américain fasse mention des non-croyants dans son discours d’investiture en parlant de l’Amérique comme une « nation de chrétiens et musulmans, de juifs et d’hindous - et de non croyants ».

Auparavant, les athées n’étaient jamais cités et les croyants mis en avant, une vrai discrimination ! Cette discrimination n’est bien sûr pas dénoncée par les religions ! On se souvient tous de G.W Bush et son discours religieux qui « parlait de croisade contre l’axe du mal ». On se souvient aussi de Sarah Palin qui au nom de la Bible soutenait des théories les plus obscurantistes du créationnisme « les dinosaures et les hommes avaient vécu en même temps sur Terre, il y a six mille ans ». Cette intolérance des croyants envers les athées est loin d’être négligeable. Selon un sondage Gallup, seulement 45% des Américains seraient prêts à voter pour un candidat athée, soit moins que pour un candidat musulman. Pourtant, on ne parle que de l’islamophobie et jamais d’athéophobie. De plus, aucun attentat ou guerre n’ont été commis au nom de l’athéisme, on ne peut pas en dire autant pour les religions ! Il est symptomatique de réaliser un sondage sur la politique, la capacité à diriger un pays et son appartenance ou non à une religion. Un croyant serait donc plus compétant qu’un athée. Curieux préjugé…

 

   Ce qui est arrivé à un pilote de l’armée de l’air est révélateur du non respect de la liberté de conscience. Celui-ci est athée et c’est une opinion personnelle. Il a refusé de prêter serment en disant la phrase « que Dieu me protège ». S’il n’accepte pas de le faire, il sera exclu définitivement. Le pilote va peut être saisir la Justice pour être réintégré et son avocate membre de « The American Humanist Association » proteste à juste titre « le gouvernement ne peut pas forcer un non-croyant à prêter un serment qui affirme l’existence d’un être suprême ».

   La Coalition laïque veut faire de la reconnaissance des droits des athées le futur combat des droits civiques aux États-Unis, après celui des noirs, des femmes et des homosexuels. En tant que Libre Penseur, défenseur de la liberté de conscience, nous apportons notre soutien à ce futur combat émancipateur et égalitariste entre ceux « qui croient et ceux qui n’y croient pas ».

Régis Boussières

 

 

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Michel THYS 22/09/2014 16:17

Il n'y a de liberté que si l'on peut choisir entre au moins deux alternatives.
Or les religions imposent la foi, dès la prime enfance, en occultant les options non confessionnelles et en l'absence d'esprit critique. Les croyants (tous les musulmans et la plupart des Américains notamment) n'ont pas pu choisir leur religion, ni de croire ou de ne pas croire. Ils ne bénéficient donc pas de l'article 18 de la DUDH de 1948 ("le droit à la liberté de conscience et de religion implique la liberté de changer de religion ou de conviction (...)". Ils n'imaginent même pas que leur dieu, pourtant toujours absent, n'existe que dans leur tête, parce qu'on l'y a mis, et qu'il n'a donc qu'une existence subjective, imaginaire et donc illusoire. Seuls les apostats me semblent vraiment libres (ou au moins libérés).