La République, sa folie de la messe …

Publié le par Didier Cros

Point n'était besoin de mot d'ordre. La réaction est venue du peuple, claire, naturelle et spontanée et il serait dommage que les mouvements prévus pour ce dimanche ne soient autre chose, comme un affichage de nos politiques, qui s'avère déjà comme une impasse.
 
Mesdames et Messieurs, représentants des forces politiques de ce pays, ne pourriez-vous, pour répondre de manière cohérente à ce que vous nommez union nationale, retirer vos écharpes et oripeaux et vous mêler au peuple, sans étiquette, en simples citoyens. 
Ainsi, même les électeurs du front national ne seraient que de simples citoyens libres de venir ou non. Rangeons donc nos bannières et vous vos écharpes.
 
D'ailleurs, lorsque l'on connaît les valeurs et la ligne éditoriale de Charlie Hebdo, on comprend mal l'empressement que manifeste son leader à participer. 
 
Le plus beau cortège que l'on puisse imaginer ne peut-être constitué que de citoyens libres et égaux.
Pas de  partis, pas de communautés, pas de religions. Ça c'est du Charlie, ni dieu, ni maître.
À ces conditions, nous aurons sans doute plaisir à défiler à vos côtés, avec pour seul slogan « je suis Charlie », ou une magnifique caricature, car elles seront là les caricatures, celles qui blessent et qui ont coûté si cher, sinon ça ne sert pas à grand chose, non ? 
 
Il en va de même pour les communautés religieuses. Leur positionnement unanime est heureux et bienvenu, mais qu'elles laissent maintenant à chacun la liberté de s'exprimer en tant qu'individu car c'est bien cela qu'exprime notre société laïque. L'état étant le garant des libertés individuelles, il serait malvenu de nous réduire à une supposée appartenance communautaire, non ?
Jeudi soir, place de la République, et partout ailleurs en France, nous n'étions pas autre chose que des citoyens debout et libres. Croyants ou pas, personne ne s'en préoccupait, d'ailleurs. Mais à parier, les mécréants étaient nombreux et parmi eux, ceux qui ont trouvé en France la liberté de s'émanciper du poids du religieux ont du trouvé bien amère la parole officielle, servie main dans la main, par les églises et par l'état. N'est-il pas là l'amalgame le plus à redouter.  Enfin, à entendre le discours posé et sensé des représentants religieux, je préfère en déduire que l'apostasie ne fait plus obstacle pour personne.
 
Quelle mobilisation autour de la mort de mécréants patentés ! J'espère qu'une messe n'est pas  en vue, ce serait déplacé, non, voire irrespectueux ? En tout cas, nos plumes regrettées en auraient tiré quelques jolis croquis. De rire ils se tordent d'être devenus objets de dévotion. Des prières de rue pour des mécréants. La réalité dépasse la caricature.
 
Maintenant écartée l'ambiguïté de l'amalgame, entendons-nous sur celle d'union nationale. Il est une terre irréductible à l'est de notre beau territoire qui reconnaît le délit de blasphème (l'Alsace-Moselle). Ne pensez-vous pas qu'au regard de cette tragédie, il serait pour le moins décent, et de toute façon justifié, d'en acter l'abrogation pure et simple. Alors nous parlerions d'union nationale et quel geste aurait plus de sens aujourd'hui.
 
Alors, c'est entendu, à dimanche ?
 
Didier CROS

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Duterroir 12/01/2015 11:55

Cerise sur le gâteau: après avoir fait un quasi sans faute, Monsieur Hollande a trouvé le moyen de finir sa journée dans une synagogue coiffé d'une kippa! Son idole Mitterrand avait au moins la pudeur de se couvrir d'un de ses inénarrables chapeaux LAÏQUES... et d'y pénétrer en Président et non en invité de Netanyaou. La République, en France, est partout chez elle et n'a pas s'incliner devant des autorités religieuses ni devant un chef d'état étranger. La courtoisie suffit largement.

braize françois 12/01/2015 12:22

Je suis d'accord, j'ai été choqué par cette marque de soumission consentie par la République et, ce, d'autant qu'elle n'est pas demandée aux autres religions puisque j'ai observé que les autorités religieuses présentes pouvaient conserver, chacune, leur couvre chef propre qu'elle soit épiscopales, musulmanes ou autres.
Les religions et les religieux en demandent plus à la République qu'elles en s'en exigent les unes des autres. MAGNIFIQUE, non ?
Il est là sans doute un signe des temps où avec leurs alliés politiques conservateurs, elles l'appelaient la gueuse !
il est temps citoyens de ce pays de renvoyer les curés, les imams, les rabbins, ainsi que leurs ouailles dans la sphère privée et dans leurs lieux de culte.
Inscrivons les principes de la loi de 1905 dans la Constitution !

Mary 11/01/2015 20:22

Il y a la religion, il y a la politique, il fallait voir à Orange(84) comment tout cela a été récupéré !
A vomir ! Tiens j'en ai encore mal aux entrailles ! D'accord pour les subventions !

braize françois 09/01/2015 21:34

Absolument nous devons à CHARLIE l'abrogation du régime honteux, obscurantiste et moyennâgeux de l'Alsace Moselle !
Au premier chef, le honteux délit de blasphème, injure à l'esprit qui vaut à CHARLIE un procès qui est encore en cours, et tout le reste tant qu'on y est !
Pourquoi continuer à financer des religions ? Ou alors que l'Etat serve aux athées et libres penseurs une subvention équivalente !
Il faut que cela cesse et vite ! CELA SUFFIT !

JE SUIS CHARLIE