Ramasse-miettes N°71

Publié le par Association des Libres Penseurs de France

Revue de presse militante de rentrée

 

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, poursuit ses opposants via des mandats soumis à Interpol.
« L’écrivain allemand d’origine turque Dogan Akhanli, critique de l’homme fort d’Ankara, Recep Tayyip Erdogan, a été interpellé, samedi 19 août, à Grenade, en Espagne. Il faisait l’objet d’un mandat émis par Interpol à la demande de la Turquie. » Cette arrestation s’inscrit, de toute évidence, dans le cadre d’une traque ciblée contre les détracteurs du gouvernement turc vivant à l’étranger en Europe et montre que la vindicte d'Erdogan ne connaît pas de limite. S'agissant de Monsieur Akhanli, la justice allemande a fait savoir que Berlin était en contact avec les autorités espagnoles pour exiger d’être impliqué dans la procédure, tout en soulignant qu’aucune extradition ne devait avoir lieu. Tout pays peut émettre une « notice rouge » auprès d’Interpol mais la Turquie va désormais devoir convaincre la justice espagnole du bien-fondé d’une demande d’extradition.
Espérons que la justice européenne ne faiblira pas face aux demandes d'un homme qui, chez lui, piétine allégrement les droits humains.
 
Après vingt-huit ans de lutte, le Tribunal constitutionnel du Chili a validé lundi, 21/08, la loi de dépénalisation de l’avortement thérapeutique, déjà approuvée par le Parlement.

Rien là pour plaire à la droite réactionnaire chilienne, c'est ainsi que ce texte a suscité une opposition farouche de l’Église catholique et des parlementaires de droite. Ces derniers avaient saisi le Tribunal constitutionnel après le vote du texte par le Parlement, mercredi 2 août. Celui-ci a rejeté les recours déposés par la eux « par six votes contre quatre, au sujet des trois causes d’interruption de grossesse» désormais autorisées, a déclaré Rodrigo Pica, secrétaire général du Tribunal constitutionnel, lors d’une conférence de presse.
Les Chiliennes respirent un peu mieux, mais il reste beaucoup à faire pour la dépénalisation complète et le vieil ennemi de tout progrès en la matière, l'Église, reste vigilant et droit dans ses mules. Telle qu'en elle-même, rien ne peut jamais la changer.
 
L'art de la distillation, ou quand l'alambic informatif (la com, quoi!) du gouvernement informe au compte-gouttes sur ses intentions en matière d'ordonnances sur le futur code du travail, au prétexte qu'il ne sait toujours pas au juste ce qu'il fera.
"Comme le confie François Asselin, patron de la CGPME, à 20 Minutes, les interlocuteurs du ministère auront seulement le droit de lire le document qui leur sera présenté mais pas de repartir avec une version". Deux cent pages à ingurgiter en moins de deux heures!  Il faudra attendre la date annoncée du 31 août pour connaître toutes les pages qui seront alors communiquées aux partenaires sociaux.Privilégié, le Conseil d'État pourrait – savourons le conditionnel - tout de même découvrir ces ordonnances en avant-première, puisque le gouvernement doit lui envoyer le texte (pour qu'il formule un avis) durant la semaine du 28 août. Le texte définitif sera présenté en Conseil des ministres le 20 septembre, pour une application immédiate.
 
 
Vingt-deux morts en Inde après la condamnation d’un gourou pour viol.
Au secours les cons nous cernent ! On marche sur la tête, le gourou en question, au lieu de se voir rejeter par ses adeptes pour son odieux comportement, a vu, à cause de cette condamnation, se déchaîner la fureur de plus de 100 000 de ses soutiens, rassemblés pour le verdict rendu vendredi 25 août. Au moins 22 personnes ont été tuées lors de violents heurts qui ont suivi ce verdict.
Gurmeet Ram Rahim Singh, le gourou en question, est un cinglé dangereux qui,  en 2015, avait été accusé d’avoir encouragé 400 de ses disciples à se faire castrer pour se rapprocher de dieu ! (Toujours la haine de la sexualité [pour les autres], que portent prêtres et gourous). Il fut par ailleurs poursuivi dans le cadre du meurtre d’un journaliste, en 2002.
On ne le dira jamais assez, la religion, même caricaturée comme c'est probablement le cas ici, est un facteur de violence et d'irrationalité.
 
Les assassins de EI, en perte d'espace au Moyen-Orient, se consolent en revendiquant toute action violente perpétrée en Europe ou ailleurs. Ça ne mange pas de pain.
L’organisation État islamique (EI) a revendiqué samedi 26 août, via Aamaq, son organe de propagande, l’attaque à l’arme blanche qui a visé vendredi des soldats dans le centre de Bruxelles, la capitale belge.
Il faut dire que le territoire que contrôle l’organisation EI en Irak et en Syrie, assaillie de toutes parts, ne cesse de se réduire. À l’est, après la reprise de Mossoul, la seconde ville d’Irak, début juillet, les forces armées irakiennes, appuyées par des bombardements de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, avancent dans la ville de Tal Afar, près de la frontière syrienne. Dans le même temps les forces arabo-kurdes, appuyées par la coalition, intensifient leur pression à l’intérieur de Rakka, l’ancienne capitale de l’EI en Syrie.
Rien ne va plus sur place, mais sa capacité de nuisance reste élevée et, chacun le pressent, il n'y aura pas éradication totale par voie militaire, d'où les revendications tous azimuts, pour exister.
 
« Au secours, l'exubérance irrationnelle des marchés est de retour! »
Allons-nous vers une nouvelle gueule de bois géante qui se solderait, comme la dernière fois, par le racket des classes dites moyennes ? Ça se pourrait.
De lourdes incertitudes viennent plomber le ciel de la planète finance. L’exubérance irrationnelle» des marchés, autrefois dénoncée par  Alan Greenspan, le très influent ancien président de la Réserve fédérale américaine, est de retour.
Ça risque de tanguer sérieusement, pour les « too big to fail » et surtout pour nous, les pelés les tondus.
 
 
 

 
 
 

 

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