Motion du congrès de Strasbourg

Publié le par Association des Libres Penseurs de France

Baby Loup.

L’ADLPF a pris connaissance du communiqué commun de la FNLP (Fédération Nationale de la Libre Pensée), de la L.E. (Ligue de l’Enseignement) et de la LDH (Ligue des Droits de l’Homme), en date du 2 avril 2013, diffusé à l’issue de la décision prise par la cour de Cassation concernant la crèche Baby Loup, et dont trois extraits sont repris et commentés ci-dessous.

« Cette crèche privée n’étant pas chargée d’une mission de service public, c’est la situation générale de toutes les entreprises qui n’ont aucune délégation de service public… »

Aussi décevant soit-il, ce communiqué ne fait que conforter ce qui était déjà connu : l’opposition de ces trois associations à une extension, aux établissements remplissant des missions de service public, des obligations liées au principe de la laïcité républicaine, c’est-à-dire des obligations liées à la neutralité religieuse, politique et philosophique de leur personnel.

« C’est donc de façon juste et cohérente que la liberté de conscience des salariés est protégée avec comme limite principale la laïcité intangible du service public ».

La notion de service public au sens strict où l’entendent la FNLP, la LE et la LDH reste cet espace régalien de l’Etat. Cette valeur normative entre espace public et privé n’est plus aussi étriquée et c’est heureux. Elle a profondément évolué au gré des décisions politiques. Pour l’ADLPF, l’espace public se conçoit comme un lieu de vie commun à tous et à toutes, quelle que soit la nature des entreprises – publiques, nationalisées, municipalisées, associatives ou strictement privé – accueillant du public.

Grâce à l’application du principe de laïcité, la liberté de conscience des salariés, comme d’ailleurs celle des usagers ou des clients, se trouve renforcée, dès lors qu’il ne peut être fait état d’une quelconque extériorisation des orientations politiques, philosophiques et religieuses des employés.

Pour l’ADLPF, il ne peut y avoir dérogation à ces principes, sauf si l’établissement privé affiche clairement ses appartenances ou ses options. Dès lors, la liberté de choix intervient. Dès lors aussi, et conséquemment, se trouve posée la nature du financement de cet établissement qui, aux yeux des Libres Penseurs, ne peut être que privé.

« Nos organisations s’inquiètent d’une interprétation voire d’un détournement de ce principe de la République qui conduirait, une fois de plus, à favoriser les replis communautaires, à stigmatiser une partie de la population et à en nier la diversité. »

Enfin, et contrairement à ce qui est affirmé, l’ADLPF considère que c’est en ne voulant pas étendre le champ de la laïcité que l’on encourage les néfastes replis communautaires. Ce sont ces replis qui favorisent l’exclusion, l’intolérance et le développement dangereux des clivages et violences inter-communautaires. Plus que jamais, la diversité d’une société requiert la laïcité.

L’ADLPF, réunie en congrès à Strasbourg le 10 mai 2013, ne peut donc que soutenir la crèche Baby Loup. Elle soutient également les initiatives tendant à élargir, notamment par voie législative, la liberté de tous les établissements, quel que soit leur statut – notamment ceux accueillant une population fragile (enfants, personnes âgées ou handicapées…) – de faire bénéficier les clients ou usagers de la neutralité laïque et de la protection contre les divers prosélytismes.

Publié dans ADLPF, CONGRES

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