Prafs, AQBs et TPMGs, vainqueurs des élections régionales ?

1 Juil 2021

ADLPF La Libre Pensée Faire vivre la démocratie Prafs, AQBs et TPMGs, vainqueurs des élections régionales ?

Les commentateurs préfèrent répondre à cette autre question : qui a perdu les élections régionales 2021 ?

Et de gloser sur la cuisante défaite de LREM, ce qui ne semble pas affecter le roitelet, pas plus que la dérouillée subie par le RN ne semble inspirer un peu d’humilité à Marine Le Pen.

Les commentateurs préfèrent répondre à cette autre question : qui a perdu les élections régionales 2021 ?

Et de gloser sur la cuisante défaite de LREM, ce qui ne semble pas affecter le roitelet, pas plus que la dérouillée subie par le RN ne semble inspirer un peu d’humilité à Marine Le Pen.

 

Ainsi vont les choses, nos politiciens, en plus d’être frappés de cécité, sont « inoxydables » et visiblement allergiques à toute leçon reçue des urnes ou d’ailleurs. Pire, les commentateurs, pour faire passer la pilule, notent que les abstentionnistes sont à 77 % en Tunisie par exemple (Marianne) et que c’est une tendance lourde, sous-entendu que ça n’a finalement pas grande importance.

 

Un résultat sans légitimité démocratique

 

Pourtant, le premier et le deuxième tour de scrutin de ces derniers dimanches n’ont pas vraiment de légitimité démocratique si l’on admet que la démocratie c’est le choix du peuple et non celui de quelques-uns. Comme le fit remarquer Max Weber, la légitimité se rapporte à la reconnaissance sociale et non pas à l’aspect juridique et formel.

Démonstration :

Plus de 66 % d’abstentions par rapport aux inscrits sur les listes électorales pour les deux tours, auxquels il convient d’ajouter les 6 % que l’INSEE a calculés comme électeurs potentiels non- inscrits, revient à dire que moins de 28 % des électeurs ont voté les dimanches 20 et 27 juin pour environ 72 % d’abstentionnistes. Mince légitimité, camarades ! 51 % de 28%= 14,28 %.

Cela ressemble fort à une grève du vote. C’est, en creux, une des conséquences du « mouvement des gilets jaunes » dont les revendications de transformation sociale furent soutenues par la majorité des Français mais n’ont pas été prises en compte par le pouvoir qui les a rejetées avec mépris, soutenu en cela par des médias ricanants. Ajoutons à cela le cuisant souvenir du référendum européen de 2005, certes rejeté par le peuple, mais revenu sous la forme d’un traité de Lisbonne, entériné par le Congrès de Versailles. Une opération où les partis politiques classiques se sont disqualifiés pour longtemps pour être passés outre la volonté populaire.

 

Le péché de la Cinquième

 

Le péché originel de la Cinquième République ne peut non plus être tu dans ce billet. Son vice premier, i.e.  son côté monarchique et les tripatouillages permanents de la Constitution (seize articles de plus qu’à l’origine, dont deux tiers modifiés pour répondre aux exigences de directives européennes prises au Berlaimont, hors de tout contrôle démocratique), montrent au peuple qu’il est de moins en moins souverain et signent ainsi une forme de délégitimation populaire, particulièrement dangereuse.

La soumission de l’exécutif à l’oligarchie capitaliste dont les lobbies travaillent le Parlement, les errances surréalistes de l’autorité judiciaire, le matraquage incessant de la presse dominante « bienpensante » et des autorités administratives prétendument indépendantes, sont de plus en plus ressenties comme un monumental mensonge et une volonté de manipulation éhontée des citoyens.

 

Prafs, AQBs et TPMGs

 

Et donc les vrais gagnants sont les PRAF, les AQB et les TPMG.

Les PRAF sont les « Plus rien à foutre », sous-entendu, de cette bande de clowns menteurs et profiteurs.

Les AQB sont les « Aquoibonistes », explicitement « à quoi bon se déplacer pour voter, puisque ça ne sert à rien, sinon à élire des gens qui nous oublient et nous méprisent dès lors qu’ils sont installés, heureux et suffisants.

Le TPMG, « Tout pour ma gueule » sont ceux qui, les premiers, ont abandonné les urnes. Ils ont tiré les leçons de l’individualisme forcené, fondement premier du libéralisme économique ultra, qui a détruit de fait la citoyenneté, qui est pour eux un gros mot, voire une aberration. Ils vont leur bonhomme de chemin, sans s’occuper des autres, sans voir sur les côtés, occupés d’eux-mêmes, un point c’est tout. Ces gens seront les premiers à se réfugier sous l’aile protectrice d’une démocrature, ou pire, d’une dictature déclarée. Bel exploit !

 

Regagner la jeunesse à l’expression démocratique

 

Peut-il y avoir pire ? Oui, sans doute ! La désertion de notre avenir, i.e. de la jeunesse. Une étude réalisée par Ipsos-Sopra Steria, « Sociologie des électorats et profil des abstentionnistes » pour Radio France et France Télévisions, montre que plus on est jeune, plus on s’est abstenu. 87 % (79 % au deuxième tour) des 18/24 ans et 83 % (79 % au deuxième tour) des 25/34 ans ont boudé les urnes toujours par rapport aux inscrits et sans compter, encore une fois, les 6 % de non-inscrits sur les listes électorales. Je sais de quoi je parle, je présidais un bureau de vote.

 

Alors, on se gausse avec nos sigles rigolos, mais en fait, nous, Libres-Penseurs, nous rions jaune, car ce qui se profile n’a rien de réjouissant et nous appelons d’une part à un sursaut citoyen et d’autre part à la reconquête de la jeunesse, ce sont les conditions d’un retour à la démocratie.

 

  1. Poulet, 30 juin 2021

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